dimanche 13 juillet 2014

52 Ancestors : #28 Tranquille Carel... décédé en prison


Lorsque j'ai commencé les recherches généalogiques sur la branche GOSSELIN-CAREL, je ne connaissais que Clotilde CAREL dont je vous parlais la semaine dernière. Son acte de mariage en 1855 m'a indiqué les noms de ses parents, Tranquille CAREL et Clotilde BEUX. Clotilde étant née à Vittefleur en 1826, j'y ai orienté mes recherches et ai retrouvé l'acte de mariage des ses parents le 7 avril 1825.

J'y apprend que Tranquille Jacques CAREL est né le 3 juin 1804 à Saint-Sylvain en Seine Maritime du légitime mariage de Jacques CAREL et Catherine GEORGES. En 1825, dans son acte de mariage, il est indiqué comme ayant la profession de charretier.

J'ai alors recherché les enfants du couple, mais je n'ai pas trouvé d'autres enfants à Vittefleur. Je retrouve alors la famille à Canouville où 5 enfants naissent de 1828 à 1835, puis à Butot-en-Caux à partir de 1837 où le couple aura encore 3 enfants jusqu'au décès de Clotilde BEUX en 1843.

Quelques années plus tard, j'ai découvert que Tranquille se remarie avec Bibienne GUEROUT le 17 février 1849 à Butot-en-Caux et qu'il a une fille de ce mariage, Pascalle, née en 1849. En continuant mes recherches dans les tables décennales pour y trouver d'autres enfants ou un acte de décès, je retrouve le mariage de la fille de Tranquille et Bibienne en 1870 à Vénesville. Et là surprise, sur l'acte de mariage, il est indiqué que Tranquille est décédé à la maison centrale de Gaillon dans l'Eure le 4 novembre 1857. Il est aussi précisé que son décès figure dans l'état civil de la commune de Vénesville le 28 janvier 1858. Décédé en prison... uhm...


Extrait de l'acte de mariage de Pascalle CAREL
Archives Départementales de Seine Maritime -  4E 07694 - Page 5.

Je retrouve alors l'acte de décès dans l'Etat Civil de Gaillon et la retranscription à Vénesville. Mais cela me ne dit pas pourquoi Tranquille s'est retrouvé à la maison centrale de Gaillon, ni comment il y est décédé à l'âge de 53 ans. Sur l'acte de mariage de Clotilde sa fille en 1855 il n'est pas indiqué qu'il est en prison à cette époque. Sur l'acte, il est indiqué comme étant entrepreneur de routes, il a donc été incarcéré entre 1855 et 1857.

La prochaine étape quand je rentre en France est donc de m'attaquer pour la première fois aux archives judiciaires, que l'on trouve aux archives départementales sous la série U (pour la période après la Révolution). Par contre, vu qu'il habitait Vénesville en Seine Maritime mais a été incarcéré à Gaillon dans l'Eure, je ne sais pas trop dans quelles archives départementales chercher.

Je me suis tout de même renseignée sur la maison centrale de Gaillon qui est en fait un château datant du XVIème siècle et reconverti en prison en 1812. Le blog Patrimoine carcéral (http://patrimoinecarceral.blogspot.sg/2013/03/gaillon-et-son-chateau-une-maison.html) indique qu'au cours de l’an IX un décret a proclamé la création de centres pénitenciers qui sont appelés à partir de juin 1802 « Maisons centrales de détention ». Suivant le mouvement de mise en place de prisons par l’Empereur Napoléon, la création d’une centrale pour l’Eure, l’Eure-et-Loir, la Seine-Inférieure, le Calvados, la Somme et l’Orne est décrétée le 16 juin 1808. Le département de l’Eure est choisi pour sa position géographique. Le préfet est alors désigné pour proposer une liste de bâtiments permettant d’accueillir à moindres frais l’établissement pénitentiaire. Ecartant les projets d’installation dans les anciens bâtiments monastiques de Bonport, de Saint-Sauveur et des Jacobins d’Evreux, le ministre de l’Intérieur choisit le 4 février 1809 le site de Gaillon pour sa position centrale par rapport à la zone concernée.

Le Château de Gaillon

"Patrimoine carcéral" précise également que le profil des condamnés est très large. Se retrouvent à Gaillon les hommes, les femmes et les enfants sans distinction de délits (beaucoup pour vols) mais dont la peine est supérieure à 1 an (entre 2 et 5 ans en général). On trouve très peu de condamnés à la réclusion. Voilà qui est rassurant !



dimanche 6 juillet 2014

52 Ancestors : #27 Clotilde Carel


Et voilà je démarre cette 27ème semaine de 52 Ancêtres en 52 Semaines avec mon Sosa 27 Clotilde CAREL. Clotilde est la femme de Stanislas GOSSELIN et la mère de Rachel GOSSELIN.

Clotilde Rosalie CAREL est née le 21 juin 1826 à Vittefleur en Seine Maritime. Elle sera l'aînée des neuf enfants de Tranquille Jacques CAREL et Clotilde Théodorine BEUX, mariés en 1825. 

Clotilde se marie avec Stanislas GOSSELIN le 19 novembre 1855 à Gonneville-la-Mallet où elle habite avec ses parents. Elle est alors couturière. Stanislas étant chapelier, il se sont peut être rencontrés grâce à leurs métiers. Dans mon article sur Stanislas, j'avais noté qu'à leur mariage, Stanislas avait 43 ans. Clotilde quant à elle avait 29 ans, ce qui n'est pas non plus très jeune à l'époque pour se marier. De plus, leur premier enfant Paul naît à Gonneville-la-Mallet tout juste quatre mois après le mariage.

Par ailleurs, récemment, au détour de l'Etat Civil, alors que je cherchais l'acte de décès de la mère de Clotilde, je suis tombée sur Zéphire Ernest CAREL né de père inconnu le 29 juillet 1851 à Butot-en-Caux au domicile de sa mère Clotilde CAREL, 25 ans, non mariée. Clotilde a donc eu un premier enfant de père inconnu, quatre ans avant de se marier avec Stanislas. Lors de son mariage avec celui-ci, l'enfant n'est pas cité. 

Différents lieux habités par Clotilde Carel

Clotilde semble avoir été plutôt mobile entre Vittefleur et Canouville quand elle était enfant, puis Butot-en-Caux, Gonneville-la-Mallet, et enfin Le Havre après son mariage. Tisserande et venant d'un milieu rural, sa mère est décédée alors qu'elle avait 17 ans. Bien que son père se soit remarié, étant l'aînée de la famille, elle a sûrement dû s'occuper de ses frères et soeurs. Son enfant naturel à 25 ans est-il le fils de Stanislas ?... comme Paul dont elle était déjà enceinte de 5 mois lors de son mariage.

Stanislas et Clotilde auront au moins deux autres enfants en plus de Paul : Mathilde née en 1857 et Rachel mon arrière-grand-mère née en 1871. J'ai retrouvé le mariage de Mathilde en 1887 au Havre, où sont présents Paul GOSSELIN, garçon de magasin, et Ernest CAREL, journalier, tous deux frères de l'épouse et demeurant au Havre. Le fait qu'Ernest porte toujours le nom de CAREL montre que Stanislas ne l'a pas reconnu comme étant son fils.

Je m'interroge tout de même sur le fait que je n'ai pas retrouvé d'enfant à Stanislas et Clotilde entre 1857 et 1871. Un coup d'oeil dans les recensements de Seine Maritime (qui ne sont malheureusement pas encore en ligne) me permettra peut-être de déterminer quels étaient vraiment les membres de la famille à cette époque. 

Clotilde décède le 21 mars 1904 au Havre à son domicile 19 rue Félix Faure, à l'âge de 78 ans, et veuve depuis treize ans de Stanislas. Et c'est son gendre, mon arrière-grand-père Eugène CHOMETON qui déclare le décès, accompagné de son frère Louis CHOMETON cité comme "ami de la défunte".



Acte de décès de Clotilde Rosalie Carel
Source : Archives Départementales de Seine Maritime en ligne - 4E 19924 - Page 216



Pour aller plus loin, un article sur lequel je suis tombée en faisant des recherches sur les mères célibataires, il concerne les mères célibataires à Lyon donc il ne s'applique pas ici, mais je l'ai trouvé intéressant quand même ! :
Célibataires et mères de nombreux enfants. Parcours de femmes à Lyon au XIXème siècle
par Guy Brunet : http://www.ca irn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2010-1-page-95.htm


mardi 1 juillet 2014

52 Ancestors : #26 Abraham Lebas


Abraham LEBAS est l'arrière-grand-père de Stanislas GOSSELIN, dont je vous parlais Semaine 22, et fait partie de ma longue liste d'ancêtres normands. Il est né vers 1686 et serait décédé à Saint-Nicolas-de-la-Taille. Il était laboureur. Le 22 mai 1714, il épouse à Goderville Catherine DECAUX. 

Comme pour les autres GOSSELIN que je vous ai présentés, ce n'est pas moi qui ai fait les recherches permettant de remonter la branche d'Abraham LEBAS. Et c'est pour cela que j'éprouve une certaine frustration quant à son ascendance car je ne maîtrise pas les informations que j'ai recueillies et je n'ai pas pu les vérifier jusqu'ici. 

Selon la communauté généalogique, Abraham est le fils d'Abraham LEBAS né le 21 mars 1639 au Havre et de Françoise de BEAULIEU, tous deux mariés à Gromesnil le 16 novembre 1681. 


Les BEAULIEU

De BEAULIEU, cela fait penser à un nom noble, mais jusqu'ici personne ne connaissait l'ascendance de Françoise... Et pour ma part, impossible de mettre la main sur leur acte de mariage dans les Archives Départementales en ligne de Seine Maritime, sans doute parce que ces informations sont issues des archives protestantes et que je n'ai pas encore eu le courage de me lancer, n'étant pas sûre de savoir si ce qui m'intéresse est en ligne... 

Je dis que jusqu'ici personne ne connaissait l'ascendance de Françoise, car en rédigeant cet article je suis tombée sur Geneanet sur une proposition d'ascendance que je n'avais jamais vue. Françoise serait la fille de Paul de BEAULIEU, né à Vitré près de Rennes en 1594, et d'Olympe du CROISET, fille du premier ministre de l'Eglise Réformée de Nantes. 

Paul de BEAULIEU est le fils de Pierre de BEAULIEU, Seigneur de La MOTTE BARRIN, lui même fils de Jacques de BEAULIEU, Sieur de NÉRAUNAY EN ERCÉ

Jacques est né vers 1500 à Rennes et est décédé vers 1562 à Redon en Bretagne. Il fut Procureur au parlement de Rennes (1550), procureur fiscal du Bordage, et l'un des premiers membres de l'Eglise Réformée de Rennes (au moins depuis 1560). 

Son père est Gilles de BEAULIEU, Sieur de NÉRAUNAY EN ERCÉ, à qui la Duchesse Anne de BRETAGNE accorda la charge de Connétable de Rennes de 1496 à 1498 (voir les Archives de Rennes - Administration communale Série BB - BB2Titres concernant les connétables de la ville de Rennes de 1488 à 1557). 

Selon François de BEAULIEU, contemporain descendant la famille, c'est Jacques qui aurait fait bâtir le Manoir de Néraunay à Ercé, aujourd'hui commune d'Ercé-près-Liffré au nord est de Rennes. A noter que le Bordage que je cite plus haut est également le nom d'un Château à Ercé-en-Liffré. 

Pour l'illustration, j'ai retrouvé une photographie du Manoir de Néraunay aujourd'hui (rebâti en 1797) :

Manoir de Néraunay
Source : http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA35010643

Et du Château du Bordage :

Château du Bordage
Source : http://www.museeprotestant.org/wp-content/uploads/2013/12/0000002544L.jpg

A noter que le site Musée Protestant (http://www.museeprotestant.org/notice/memoire-et-patrimoine-en-ille-et-vilaine/) que j'ai découvert en recherchant ces photos, m'a indiqué que Vitré était une ville bretonne que les protestants tenaient en leur pouvoir au XVIème siècle, et dont l'Eglise Réformée prospéra jusqu'à la Révocation de l'Edit de Nantes. Ercé-en-Liffré est également citée au même titre que Rennes comme berceau d'une communauté protestante.

La source de ces informations sur l'ascendance de Paul de BEAULIEU provient de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (SHPF), dans leur revue n°9 du 1er trimestre 1985 dans un article intitulé "Une famille protestante de Rennes : les BEAULIEU" (http://www.shpf.fr/cahiers/page.php?num=9&idpage=489) où un pasteur raconte vers 1685 la généalogie de la famille. Seulement dans cet article, la mère d'Abraham LEBAS, Françoise de BEAULIEU, n'est pas directement identifiée. On apprend que Paul a eu quatre enfants dont deux filles, l'une Suzanne, et l'autre dont le prénom n'est pas cité et qui à l'époque est "en condition dans la maison d'un milord anglais"... Alors qui a la preuve qu'elle est bien ma Françoise de BEAULIEU ?!


Les SORTAMBOSC

En repartant du côté du père de notre Abraham LEBAS, on apprend que la grand-mère paternelle d'Abraham Père se nomme Anne de SORTAMBOSC, mariée le 1er novembre 1601 avec Jean LEBAS, et décédée le 18 mars 1619 au Havre. Ses parents sont Jean de SORTAMBOSC et Françoise FRÉMONT, mais on ne remonte pas plus haut. Idem, sommes-nous face à des "nobles" ? Jean LEBAS lui-même est dit "Sieur de l'ASNERIE" (Harfleur), marinier et bourgeois du Havre. Il est décédé le 4 mars 1617 au Havre. Et cette fois-ci, pas plus d'informations sur Internet...


Pour résumer les BEAULIEU et les SORTAMBOSC, en langage généalogique, cela donne cela :



Me voilà donc avec Abraham LEBAS, ne sachant pas si je dois faire confiance ou pas à son ascendance. Le plus difficile dans ce genre de trouvaille est de rester objectif quant au réalisme de l'information. Tant que je n'ai pas vu les actes de mes propres yeux, je préfère ne pas trop m'emballer sur ces deux branches... Quand j'en aurais le temps, je me pencherai sur ce qui est en ligne en Seine Maritime concernant les protestants, mais il me faudra faire des progrès en paléographie parce qu'à cette époque j'ai encore du mal à déchiffrer les actes...



lundi 30 juin 2014

Z comme Zygomatique


ZYGOMATIQUE
n.m. Muscle servant à rire et qui j'espère vous aura servi pendant ce mois de Challenge AZ sur mon blog !


samedi 28 juin 2014

Y comme Youpi


YOUPI
Interjection. Le cri du généalogiste lorsque les Archives Départementales qui l'intéressent sont enfin en ligne. Est souvent suivi d'une crise de nerfs car le site Internet est déjà saturé.



vendredi 27 juin 2014

X comme X


X
1. Abrev. Signifie le mariage lorsque l'on relève l'Etat Civil. 2. Cal. Décembre. 3. Fil. De parents inconnus. 4. Signature de nos Ancêtres dans leurs campagnes.




jeudi 26 juin 2014

W comme Wagon


WAGON
n.m. Le moyen de transport du généalogiste pour aller aux Archives (à condition que la SNCF ne soit pas en grève).