jeudi 18 décembre 2014

Le jeudi 18 décembre 2014 par Marine S dans ,    1 commentaire

Il y a des couples qui nous marquent quand on fait sa généalogie. Et ce couple là a beaucoup fait marcher mon imagination. Quand j'ai commencé la généalogie, je me suis bien sûr appuyée sur les documents que ma famille possédait déjà, et notamment sur un arbre généalogique que ma grande-tante Nelly m'avait envoyé pour la branche CHOMETON du côté de ma mère et qui provenait de ce que son grand-père (mon arrière-grand-père) Eugène CHOMETON lui avait dit. 

Le couple qui figurait le plus haut dans l'arbre était le couple de grands-parents paternels d'Eugène, Victor Balthazard CHOMETON et Louise Angélique... CHOMETON ! Un couple donc avec le même patronyme, le premier de ma généalogie, de quoi imaginer une belle histoire de cousins qui se rencontrent ! 

Tout commence donc au Havre, avec la naissance de mon ancêtre, Victor Louis Napoléon CHOMETON le 24 mars 1832. Petite parenthèse, son troisième prénom Napoléon nous indique que ses parents étaient sans aucun doute de fervents admirateurs de l'Empereur. Son père, Victor Balthazard CHOMETON (1805-1870) aurait-il pu être dans l'armée napoléonienne ?

A partir de la naissance de leur fils, je retrouve le mariage des parents, Victor Balthazard et Louise Angélique, le 14 juin 1827 au Havre. Lui est charpentier et elle sans profession. Tous deux sont nés au Havre. Le père de Victor s'appelle François CHOMETON et le père de Louise s'appelle Jean-Louis CHOMETON.

Je pars alors sur les traces de François. Je retrouve son acte de mariage avec Geneviève FOURNIER le 6 décembre 1787 au Havre à la cathédrale Notre-Dame. Sur cet acte, j’apprends que François est originaire de Saint-Aubin-d’Appenai dans l’Orne et qu’il est scieur de long. Je retrouve son acte de naissance en 1756 à Saint-Aubin-d’Appenai, puis l’acte de mariage de ses parents, André CHOMETON et Françoise BOIS, en 1754 à Saint-Aubin-d’Appenai. S’ensuit la découverte d’une nouvelle destination : sur leur acte de mariage j’apprends qu’André CHOMETON est originaire de Boisset dans la Haute-Loire ! Voilà donc une famille qui vient de la Haute-Loire pour se retrouver dans l’Orne, puis au Havre. L’acte de mariage d’André me donne les noms de ses parents, Jean CHOMETON (décédé à Tiranges en Haute-Loire) et Benoite BOUTEON. Malgré mes recherches dans les registres en ligne, je n’ai pas encore pu remonter plus haut.

Passons maintenant à Jean-Louis CHOMETON, le père de Louise. Jean-Louis se marie le 18 juillet 1799 au Havre avec Jeanne LE MOINE. Sur son acte de mariage, on apprend qu’il est également né à Saint-Aubin-d’Appenai en 1771 et qu’il est comme François scieur de long ! Son père s’appelle André CHOMETON et sa mère Françoise BLAVETTE. Mon premier réflexe est de penser que son père pourrait être aussi André CHOMETON le père de François sur la branche de Victor. Mais non, André CHOMETON est né en 1735 à Saint-Aubin-d’Appenai du mariage de Jean CHOMETON et Françoise DRUGEON en 1730 à Saint-Aubin-d’Appenai. En remontant, je découvre que Jean CHOMETON est originaire de Saint-Pal-de-Chalençon en Haute-Loire. Jean est le fils de Paul CHOMETON et Jeanne DARLES. Paul est lui-même décédé en 1708 à Boisset. De nouveau je me retrouve bloquée à Boisset en Haute-Loire !

Voici le résumé de la situation :




A noter qu’André l’ancêtre de Victor est né en 1726 en Haute-Loire alors qu’André l’ancêtre de Louise est né en 1735 et ses parents se sont mariés en 1730 dans l’Orne. Il semblerait donc que, entre les deux branches, la migration ne se soit pas faite à la même génération. Du côté de Victor, c’est André qui est parti de Boisset pour Saint-Aubin-d’Appenai, sans doute vers 1750, alors que du côté de Louise, c’est Jean qui est venu s’installer dans l’Orne avant 1730.

Dans tous les cas, pour l'instant je n'ai trouvé aucun lien de parenté entre Victor et Louise, même en étant remontée jusqu'à leurs arrière-grands-parents respectifs !


mercredi 17 décembre 2014

Le mercredi 17 décembre 2014 par Marine S dans ,    Pas encore de commentaire

Quand on commence sa généalogie, on récupère de la part de sa famille des informations sur ses ancêtres qui vont peu au-delà de trois générations ascendantes. Tout ce qui s’est passé au-dessus nous est complètement inconnu. Puis quand on commence à chercher dans l’Etat civil nos premiers actes, on découvre de nouveaux noms dont on n’avait jamais entendu parler, de nouvelles régions d’origine, de nouvelles professions… Comme si on levait un voile sur tout ce qui s’est passé plus tôt, ce que nos ancêtres ont vécu mais qui n’a pas traversé les générations jusqu’à nous. Souvent, on regrette de ne pas avoir posé plus de questions à nos grands-parents à l’époque ou ils étaient encore là, qui était justement souvent l’époque à laquelle on n’avait pas l’idée de les poser ces fameuses questions. Mais parfois lors de nos découvertes, on réveille justement des souvenirs enfouis dans les mémoires.

C’est le cas lorsque j’ai retrouvé Henriette Eulalie MARIE, la femme de Philippe Gervais PITROU, et la mère d’Honorine, mon arrière-grand-mère qui n’est pas anglaise. Lorsque j’ai dit à ma mère le nom de cette ancêtre, elle a eu un déclic et m’a dit qu’en effet son père, Pierre, lui avait parlé d’Eulalie quand elle était petite. Même si je lui avais déjà posé des questions sur nos ancêtres, elle n’avait pas pensé avant à Eulalie, sans doute enfouie dans sa mémoire de petite fille !

Henriette Eulalie MARIE est née le 11 février 1811 à Lion-sur-Mer dans le Calvados, du mariage de Pierre MARIE et Marie LEFEVRE. Le 12 juillet 1832, Eulalie se marie avec Philippe PITROU au Havre. Ils auront quatre enfants de 1832 à 1840, dont Honorine en 1836. Eulalie décède au Havre le 29 janvier 1845. Honorine est encore une petite fille et a alors 9 ans. Malheureusement, Honorine, à son tour, décédera trop jeune pour parler de sa mère, qu’elle avait déjà peu connue, à ses enfants. Eugène, son fils aîné, a 2 ans lors de son décès. 

A cause de ces décès survenus trop tôt, il était plutôt improbable que la mémoire d’Eulalie traverse les générations qui la séparent de ma mère… et pourtant ! Pourquoi Eulalie a-t-elle survécu au passage d'une génération à l'autre ? Peut-être à cause de son prénom particulier ? Il y a des mystères que même un généalogiste ne peut pas résoudre...!

dimanche 14 décembre 2014

Le dimanche 14 décembre 2014 par Marine S dans    2 commentaires

Ce qui rend la généalogie passionnante, ce n’est pas tant de trouver des noms et des dates, c’est de redécouvrir les vies de nos ancêtres à travers ce qu’ils nous ont laissé, sciemment ou pas, comme traces. Mais plus on remonte dans le temps, plus il est difficile, justement, de s’appuyer sur autre chose que des noms ou des dates. Certains de nos ancêtres n’ont laissé de traces que dans leur actes de naissance, de mariage et de décès, et dans ceux de leurs enfants, et il devient alors difficile de raconter leur vie.

C’est ce dont je me suis aperçue lorsque j’ai commencé à écrire mon article sur Philippe Gervais PITROU, le père d’Honorine PITROU, mon-ancêtre-qui-n’est-pas-anglaise. Je voulais lui consacrer une semaine de mon Challenge 52 Ancêtres en 52 Semaines. Sur ma page blanche j’ai alors écrit : 

« Philippe Gervais PITROU est né le 23 septembre 1797 à Olendon dans le Calvados, du mariage de Pierre PITROU et Marie Catherine PITROU. Pierre et Marie Catherine sont cousins au troisième degré (droit canon), comme indiqué sur leur acte de mariage en 1787 à Olendon. Philippe Gervais épouse Henriette Eulalie MARIE le 12 juillet 1832 au Havre. Je leur ai retrouvé quatre enfants de 1832 à 1840 : Philippe, Rose, Honorine et Julie. Philippe décède deux ans après sa femme, le 25 décembre 1847 au Havre. »

J’ai pensé à rajouter aussi une photographie de sa signature qui montre qu’il écrivait son prénom « Gerve ».


Signature de Philippe Gervais PITROU en 1832

Voilà tout ce que j’avais et cela me paraissait un peu léger pour écrire un article entier sur Philippe Gervais. J’ai alors repensé à cet article qu’Elise d’Auprès de Nos Racines avait écrit à propos des ancêtres qu’elle appelle « les invisibles », ceux qui a priori ont peu d’informations à nous apporter et pour lesquels il est difficile de raconter la vie. Elise expose dans son article une méthodologie pour mieux cerner la vie de ce type d’ancêtre.

Inspirée par son article, j’ai commencé à établir une ligne de vie pour Philippe. Et justement mon nouveau logiciel de généalogie, Heredis, permet de visualiser les lignes de vie de manière assez pratique : 


Lignée de Philippe PITROU extraite d'Heredis

Le logiciel m’indique même des événements historiques de l’époque de Philippe.
Je me suis également documentée sur le village d’origine de Philippe, mais je n’ai pas pu consulter les recensements qui auraient pu m’apporter plus de détails sur la date de son déménagement au Havre. J’ai aussi ré-épluché ses actes d’Etat civil au cas où je n’aurais pas noté certains détails. De quoi réécrire un article un peu plus complet !

« Philippe Gervais PITROU naît donc le 23 septembre 1797, deux jours après la Victoire des Pyramides de Napoléon Bonaparte en Egypte. Philippe naît dans le Calvados à Olendon, petite commune à une trentaine de kilomètres au sud de Caen qui comptait à l’époque 340 habitants. Ses parents sont Pierre PITROU et Marie Catherine PITROU, cousins au troisième degré (droit canon), comme l'indique la dispense sur leur acte de mariage en 1787 à Olendon. Philippe est le cinquième d’une famille de neuf enfants. Pendant son enfance, Philippe vit à l’époque du premier empire. Il a six ans lorsque Napoléon est sacré empereur et 16 ans lors de sa chute en 1814.

L’évolution de la démographie montre une brusque diminution du nombre d’habitants à Olendon entre 1820 et 1830. 




Pour sa part, Philippe lui-même quitte Olendon pour Le Havre à cette époque, car je le retrouve au Havre en 1832 lorsqu’il se marie avec Henriette Eulalie MARIE le 12 juillet 1832. Henriette vient également du Calvados, de Lion-sur-Mer à vingt kilomètres au nord de Caen cette fois. Au moment de son mariage, Philippe est charpentier et habite près du quartier militaire au Havre. Egalement en 1832, le couple échappe à l’épidémie de choléra qui touche la France.

Quatre enfants naissent du mariage de Philippe avec Henriette : Philippe (1832), Rose (1833), Honorine (1836), tous trois nés au Havre, et Julie (1840) née a Lion-sur-Mer. Cinq ans plus tard, Henriette décède au Havre. Philippe décède deux ans après elle, le 25 décembre 1847 au Havre à Ingouville. Sur son acte de décès, il est toujours indiqué qu’il est charpentier, il habite alors rue Mogador dans la maison Binot. Malheureusement, Philippe n'aura pas la chance d'assister aux mariages de ses enfants.

Prochaine étape : les recensements d'Olendon et du Havre qui me permettront d'affiner la date de départ de Philippe d'Olendon au Havre, et peut-être d'avoir plus d'indices sur la raison de ce départ ! » 

Lien utile :
Elise dans Auprès de Nos Racines nous raconte comment raconter la vie d’un ancêtre « invisible », à lire ou à relire : http://www.aupresdenosracines.com/2014/05/raconter-la-vie-dun-ancetre-invisible.html

jeudi 11 décembre 2014

Le jeudi 11 décembre 2014 par Marine S dans ,    1 commentaire

Honorine PITROU est la femme de Victor CHOMETON dont je vous parlais dans mon dernier article. En fait, Honorine m’a réservé bien des surprises et est l'objet de la plus grande énigme de ma généalogie, ou la plus grande preuve qu'il ne faut pas se fier à la mémoire familiale…

Lorsque j’ai commencé la généalogie, je ne connaissais pas les parents d'Honorine, et la seule information que j’avais sur elle est qu’elle était d’origine anglaise. Sur l’arbre généalogique familial, elle apparaissait alors comme « Honorine PETREW ». 

En effet, de mémoire familiale, la famille de mon grand-père paternel a toujours eu la réputation d’être d’origine anglaise. Voici pourquoi :

- Eugène CHOMETON, le père de mon grand-père disait lui-même que sa mère Honorine était d’origine anglaise.
- Les CHOMETON ressemblaient physiquement à des anglais. Ci-dessous une photographie de mon grand-père qui, je trouve en effet, a plutôt le type anglais :


Mon grand-père et ses quatre fils
- Les CHOMETON vivaient comme des anglais : ils importaient leur nourriture d’Angleterre, ainsi que leur vaisselle, dont nous avons encore quelques pièces héritées de mon grand-père qui les tenait de ses parents.
- Ils avaient des prénoms à consonance anglaise comme certains enfants d’Eugène (Christiane Victoria, William, Richard, Rosa Georgina). 

Lorsque j’ai commencé mes recherches, je m’attendais donc à devoir expérimenter la généalogie à l’anglaise, et cela m’était une idée plutôt sympathique.

Seulement, lorsque j’ai retrouvé l’acte de mariage d’Honorine avec Victor CHOMETON, j’ai découvert que l’orthographe de son nom de famille était PITROU et non PETREW. Cela aurait pu être une francisation, mais le prénom de son père est "Philippe Gervais", un prénom bien français… Des recherches plus approfondies me montrèrent qu’il était originaire du Calvados depuis plusieurs générations… Idem pour sa mère, Henriette Eulalie MARIE, dont la famille vient également du Calvados. 


Début de l'acte de mariage entre Victor et Honorine
Source : Archives municipales du Havre
Grosse déception donc, je n’ai pas trouvé d’anglais dans la famille... La mémoire familiale et ses déboires me direz-vous… mais je ne peux pas me résoudre à croire que cette origine anglaise n’était qu'un mythe ! 



mercredi 10 décembre 2014

Le mercredi 10 décembre 2014 par Marine S dans ,    Pas encore de commentaire

Mes interrogations sur Eugène CHOMETON et la photo du soldat inconnu m'ont poussée à me pencher plus en détail sur la fratrie CHOMETON et leur père Victor CHOMETON. 

Victor Louis Napoléon Edouard CHOMETON est né le 24 mars 1832 au Havre. Il se mariera deux fois et aura un enfant entre ses deux mariages avec une troisième femme. Il décède le 11 octobre 1907 au Havre. De mémoire familiale, on raconte qu'il était un négociant en coton, et possédait des bateaux à la Compagnie Havraise Péninsulaire.

Mais je n'ai pas voulu me contenter de cela et ai donc décortiqué la vie de Victor, tout d'abord à travers les actes d'Etat civil.

Naissance de Victor en 1832

Commençons par l'acte de naissance de Victor :

Source : Archives Départementales de Seine Maritime
On y apprend que son père Victor Balthazard CHOMETON est charpentier au Havre et que sa mère Louise Angélique CHOMETON est aussi du Havre. A noter que ses parents ont le même nom de famille, cette particularité fera l'objet d'un futur article car j'ai beaucoup de choses à vous raconter à ce sujet !

Premier mariage de Victor en 1855

Je passe ensuite au premier mariage de Victor avec Emma Héloïse BOUTIGNY le 1er février 1855 au Havre. On y apprend qu'en 1855 Victor est briquetier, c'est-à-dire fabricant de briques. Le métier de son père étant charpentier en 1832 et également briquetier sur l'acte de mariage, Victor s'est sans doute dirigé comme son père vers un métier lié à la construction. En 1855, Victor vit chez ses parents au 19 rue Ventenat au Havre.

L'acte nous apprend également qu'il n'y a pas de contrat de mariage, et précise aussi que : "le futur époux faisant partie de la classe 1852 pour le Canton trois de cette ville a été exempté de service militaire, le numéro 246 qui lui été échu au tirage n'ayant pas été compris dans le contingent". Victor n'a donc pas fait de service dans l'armée active.

Naissance de quatre enfants et décès de sa première femme

Le 8 juillet 1855 naît le premier fils de Victor : Victor Edouard. A cette époque, Victor et Emma vivent au 18 rue Sainte Marie au Havre et le métier de Victor est toujours briquetier. Son deuxième enfant est une fille : Emma Héloïse née le 13 juin 1857 au Havre. Victor et Emma vivent au 75 quai Lamblardie, et Victor est indiqué comme étant concierge.

Naissent ensuite deux fils, Edouard Louis le 25 août 1862, et Georges Henri le 15 août 1865 au Havre. Mais Emma décède le 22 mars 1866 au Havre. Sur les deux actes de naissance et l'acte de décès d'Emma, il est indiqué que Victor et Emma vivent au 75 quai d'Orléans et Victor est cette fois garde-magasin.

Reconnaissance d'une fille en 1868

En continuant mon avancée dans l'Etat civil, je retrouve alors le 8 mai 1868 l'acte de reconnaissance de Gabrielle Mathilde CHOMETON née au Havre le 1er avril 1868. Victor y est toujours indiqué comme étant garde-magasin et habitant au 75 quai d'Orléans. La mère de Gabrielle s'appelle Marie MARECHAL et est ouvrière à la Manufacture des Tabacs du Havre.

Second mariage de Victor en 1868

Enfin, le 28 novembre 1868, Victor épouse Honorine PITROU au Havre. Il a 36 ans et elle en a 32. Leur acte de mariage indique que cette fois il y a eu un contrat de mariage le 27 novembre 1868 chez Me DAUSSY, notaire au Havre.


Début de l'acte de mariage entre Victor Chometon et Honorine Pitrou
Source : Archives municipales du Havre

Naissance de deux enfants et décès de sa seconde femme

Mon arrière grand-père, Eugène Louis Marius naît de leur union le 7 mai 1870. Puis une fille, Charlotte Constance Théodorine, naît le 6 mai 1872. Malheureusement, Honorine décède à son tour le 19 mai 1872, 13 jours après la naissance de leur fille. Sur ces quatre actes, Victor est toujours indiqué comme étant garde-magasin et habitant au 75 quai d'Orléans. 

Les enfants de Victor

En 1880, sur l'acte de mariage de sa fille Emma, Victor est encore garde-magasin et habite toujours quai d'Orléans. Mais en 1887, sur l'acte de mariage d'Edouard, Victor est employé de commerce et vit 4 rue Lesueur. A noter qu'Edouard épouse Rose MAILLARD, employée à la Manufacture des Tabacs, avec qui il a eu un enfant hors mariage en 1885.

Lorsque son fils Georges décède en 1891, Victor est employé de commerce. 

Eugène se marie en 1894 et Charlotte se marie en 1895. Dans les deux actes, Victor habite au 42 rue Lesueur et est employé de commerce.

Décès de Victor en 1907

Victor décède le 11 octobre 1907 au Havre, à son domicile au 36 cours de la République. Son acte de décès indique qu'il est commis. Les actes m'ont servi à bien comprendre l’évolution de la famille de Victor, mais ne m'ont donc pas indiqué grand chose de plus sur sa profession, mis à part un lien avec la Manufacture des Tabacs du Havre. 

Contrat de mariage de Victor en 1868

Je me penche alors sur le contrat de mariage entre Victor et Honorine PITROU. Celui-ci indique qu'au 27 novembre 1868 (date du contrat), Victor est le père de "quatre enfants vivants d'Emma BOUTIGNY". Il n'est pas fait mention de Gabrielle, née hors mariage, peut-être est-elle décédée entre temps ?

Victor est désigné comme employé de commerce et apporte au mariage ses habits, linge, effets à son usage, divers meubles et argent d'une valeur de 6000 Fr. Cette somme est-elle importante pour l’époque ?

Les apports d'Honorine sont listés plus précisément :

- Douze draps estimés 100 Fr
- Douze taies d'oreiller estimées 30 Fr
- Vingt quatre chemises estimées 60 Fr
- Quarante huit mouchoirs estimés 40 Fr
- Quarante huit serviettes estimées 50 Fr
- Douze camisoles estimées 20 Fr
- Six pantalons estimés 10 Fr
- Douze bonnets de nuit estimés 20 Fr
- Trente six paires de bas estimées 30 Fr
- Douze jupons estimés 50 Fr
- Dix robes estimées 80 Fr
- Trois châles estimés 30 Fr
- Divers vêtements estimés 70 Fr
- Six cuillères à café en argent estimées 40 Fr
- Divers bijoux à son usage estimés 45 Fr
Pour un total de 660 Fr

J'aime beaucoup les inventaires détaillés comme celui-ci dans les contrats de mariage, j'imagine Honorine rangeant son trousseau dans son nouveau foyer, je la vois faire briller ses cuillères en argent, et bien plier ses bonnets de nuit...

Mais ce n'est pas tout ! Honorine apporte aussi un terrain situé à Sanvic, "borné au sud par la rue ... à l'ouest par la même rue et par un passage contenant la surface de huit cent vingt cinq mètres carrés sept centièmes". Malheureusement, je n'arrive pas a lire le nom de la rue sur le contrat, je n'ai qu'une photo sur laquelle le nom est malheureusement dans la pliure ! Je publie à tout hasard l'extrait du contrat avec le nom de la rue entouré en vert en haut à droite... C'est le moment d'utiliser vos cours de paléographie :)


Extrait du contrat de mariage de Victor Chometon et Honorine Pitrou
Source : Archives départementales de Seine Maritime

A la lecture du contrat, j'ai donc l'impression que Victor et Honorine ont une situation aisée. Mais rien ne me parle de la Compagnie Havraise Péninsulaire.

Recherches peu fructueuses donc sur le plan professionnel... Il me faudra aller plus loin aux Archives municipales du Havre pour espérer en savoir plus sur la vie professionnelle de Victor. Reste à savoir par ou commencer !


Une petite bibliographie pour terminer :

  • Un lien vers plus d'informations sur la Manufacture des Tabacs du Havre : http://lehavredavant.canalblog.com/archives/2009/03/29/13185845.html
  • Le site des Archives du Havre : http://archives.lehavre.fr/ sur lequel la recherche dans la base de données en ligne ne m'a rien donné.
  • A lire : Le Havre colonial de 1880 à 1960 par Claude Malon

dimanche 7 décembre 2014

Le dimanche 7 décembre 2014 par Marine S dans , , ,    Pas encore de commentaire

En février, j'ai réalisé un petit exercice sur la photographie d'un soldat inconnu qui pouvait être celle de mon arrière grand-père Eugène CHOMETON. Avant d'aller plus loin, je vous invite à le relire ici : http://blog.dans-les-branches.fr/2014/02/52-ancestors-6-eugene-chometon.html

En effet, j'espère que vous ne m'en voudrez pas, mais je vais devoir me repencher sur Eugène CHOMETON dans le cadre de 52 Ancestors in 52 Weeks... J'ai mis la main sur une nouvelle photographie dont il ne fait aucun doute que cette fois-ci c'est bien Eugène ! Grâce à sa fiche matricule, j'avais déterminé qu'il avait fait partie de la 5ème Compagnie de Cavaliers de Remonte. L'uniforme sur la photographie ci-dessous et le numéro 5 sur le col me confirment donc que je suis en présence de la photographie d'Eugène que je cherchais !

Eugène CHOMETON vers 1892

Dans mon précédent article, j'avais beaucoup insisté sur la parcours militaire d'Eugène avant son mariage. Donc aujourd'hui je vais me pencher un peu plus précisément sur sa vie après son mariage avec Rachel GOSSELIN.

Eugène épouse Rachel le 30 mars 1894 au Havre. Ils auront 10 enfants de 1895 à 1912 :

- Sarah Gabrielle
- Christiane Victoria
- Georges Victor
- Francis Gabriel
- Robert Francis
- William Eugène
- Richard Stanislas
- Victor Richard
- Pierre Hubert
- Rosa Georgina

Les deux filles aînées d'Eugène rencontrèrent des soldats américains lors de la Première Guerre Mondiale et se marièrent au Havre dans les années 1920. Elles suivirent ensuite leurs maris aux Etats-Unis. Rosa partit également aux Etats-Unis. Elle fut notamment steward en 1937 sur le Champlain puis sur le Normandie qui faisaient la traversée entre Le Havre et New York.
Quant aux garçons, Francis, William et Richard n'atteignirent pas l'âge adulte. Je n'ai pas connu Georges, mais je me souviens de Robert, Victor et mon grand-père Pierre.

Mais revenons à Eugène. Voici ce que j'ai entendu dire sur lui de mémoire familiale :

Eugène était négociant en coton et s'est enrichi ainsi. Il aimait beaucoup chasser et pêcher. Avant la crise, il avait une maison au Hanouard avec 200 ha de chasse quand il y avait encore du gibier, 200 m de pêche entre Cany et Yvetot, près de la Durdent. Il avait une cave de 300 à 400 bouteilles en permanence, il faisait venir de grosses barriques. 
Son demi-frère, Louis, serait d'ailleurs enterré au cimetière du Hanouard. 
La maison a été vendue et est aujourd'hui un restaurant, Le Champêtre, 11 route de la vallée au Hanouard.


Restaurant Le Champêtre, ancienne maison d'Eugène
Source : www.lechampetre.fr 
En faisant des recherches sur la maison, j'ai également retrouvé une carte postale ancienne qui indique qu'elle a été la propriété de E. LEFEBVRE, sans doute avant d'être achetée par Eugène :


Source : http://gghsm.forumpro.fr/t10248-doudeville-le-hanouard-poree-constantin
Eugène possédait également un voilier, "Le Francis", prénommé ainsi sans doute à cause de son 4ème enfant Francis, décédé à 1 an.

Mais en 1929, l'entreprise fit faillite lors du crack boursier. Contrairement à d'autres négociants, Eugène vendit tous ses biens pour payer ses ouvriers et ses créanciers.
Ce fut la fin de l'âge d'or pour la famille CHOMETON... 

Voilà ce que j'ai pu récolter oralement sur Eugène qui décède le 1er décembre 1964 au Havre. Aujourd'hui, j'aimerais pouvoir retrouver des traces du commerce d'Eugène, sans doute aux Archives du Havre... de longues et passionnantes recherches en perspective !


dimanche 30 novembre 2014

Le dimanche 30 novembre 2014 par Marine S dans ,    Pas encore de commentaire

J'ai du retard à rattraper, alors cette fois-ci, un petit retour en arrière un peu technique chez les CASSEGRAIN. Vous souvenez-vous d'Eugène CASSEGRAIN, ce jeune garçon laboureur qui à son mariage possède la somme de 3000 Francs plutôt confortable pour l'époque ?

Sur son contrat de mariage, il était indiqué : "cette somme de Trois Mille francs lui provenant de ses économies et des successions de son père et d'un frère germain décédé après celui-ci et de la part dans le prix des immeubles qui dépendaient de la succession de Jean Louis Cassegrain sont aïeul décédé à Coulmiers le vingt cinq décembre mil huit cent cinquante et un et qui ont été vendus suivant le procès verbal dressé par Me Maury notaire à Epieds le dix huit juillet mil huit cent cinquante deux, succession liquidée par acte devant le même notaire le onze octobre mil huit cent cinquante quatre".

Il y a quelques mois, à l'occasion d'un passage à Orléans, mes parents sont partis à la recherche du fameux acte de liquidation de la succession de l’aïeul Jean Louis CASSEGRAIN, et j'ai donc pu en prendre connaissance.

Quelques mots de ce que je savais sur Jean Louis CASSEGRAIN avant de lire l'acte : il est né le 4 août 1784 à Coulmiers et s'est marié le 19 juillet 1808 à Coulmiers avec Marie Anne BARRAULT. Je ne lui connaissais qu'un seul enfant, mon ancêtre Jean Louis Frédéric CASSEGRAIN né en 1811. Jean Louis CASSEGRAIN est décédé le 25 décembre 1851 à Coulmiers, mais l'acte de liquidation date du 31 août 1854.

J'ai commencé à le retranscrire, mais il fait 25 pages recto verso, et ce n'est pas chose facile que de tout déchiffrer... Je vous présente quand même le début de la retranscription ci-dessous que j'étofferai au fur et à mesure ! 

Je ne vous en voudrais pas si vous n'allez pas jusqu'au bout de la lecture ! A vrai dire, j'espère ici donner un exemple de procès verbal de succession au cas où d'autres généalogistes auraient à retranscrire un tel document. Les formulations types dans le jargon légal propre aux notaires reviennent en effet assez souvent...


Compte liquidation et partage des biens dépendants 1. de la communauté qui a régné entre Jean Louis CASSEGRAIN et Marie Anne BARRAULT sa première femme ; 2. de la succession de cette dernière ; 3. de celle de Jacques Alexandre CASSEGRAIN, leur fils ; de la communauté ayant existé entre ledit Jean Louis CASSEGRAIN et Catherine VILLETTE, sa seconde femme ; 5. de la succession de celle-ci ; 6. et de la succession dudit Jean Louis CASSEGRAIN.

[Première information, Jean Louis CASSEGRAIN a eu un autre enfant que mon ancêtre Jean Louis Frédéric, nommé Jacques Alexandre. Il a eu aussi une seconde femme : Catherine VILLETTE !]

Procès-verbal d'ouverture des opérations

L'an mil huit cent cinquante quatre, le trente et un août, à onze heures du matin.
Par devant Me MAURY, notaire à la résidence d'Epieds, canton de Meung-sur-Loire, arrondissement d'Orléans (Loiret) soussigné

Commis à l'effet de procéder aux opérations de compte, liquidation de partage dont il va être parlé suivant jugement rendu par le Tribunal Civil d'Orléans sous la date du deux mars mille huit cent cinquante deux ... enregistré et signifié.

Sont volontairement comparus

1. Sr Louis DORET, vigneron et dame Catherine Désirée CASSEGRAIN, sa femme, de lui autorisée, demeurant ensemble commune d'Huisseau-sur-Mauves.

2. Sr Auguste PAPINEAU, journalier, et dame Cécile Judith CASSEGRAIN, sa femme qu'il autorise, demeurant ci-devant à Bonneville, commune de Coulmiers et actuellement au Creux, commune d'Huisseau-sur-Mauves.

3. Sr Prosper POULLIN, charretier de labour et dame Clarisse Edwige CASSEGRAIN, son épouse de lui également autorisée demeurant ensemble à Authon commune de Baccon.

4. Sr Louis Désiré CASSEGRAIN, charretier de labour, demeurant à la Corbillière commune de Bucy Saint Liphard.

5. Demoiselle Marie Cécile Arsène CASSEGRAIN, majeure, domestique, demeurant à Orléans.

Les dames DORET et PAPINEAU sœurs germaines comme étant issues du mariage d'entre Jean Louis CASSEGRAIN et Marie Anne Françoise BARRAULT et héritières, savoir :

I. Pour chacune un cinquième de leur mère ainsi que le constate l'intitulé de l’inventaire ci-après énoncé.
2. Pour chacune un quart dans les trois quarts dévolus aux collatéraux de Jacques Alexandre Frédéric CASSEGRAIN, leur frère germain décédé sans postérité après avoir succédé à sa mère pour un cinquième. 
3. Et pour chacune un septième de Sr Jean Louis CASSEGRAIN, leur père, ainsi qu'il résulte de l'intitulé de l'inventaire qui sera énoncé plus loin.

[Donc Jean Louis CASSEGRAIN a aussi eu deux filles de son mariage avec Marie Anne BARRAULT : Catherine Désirée et Cécile Judith, ce qui lui ferait quatre enfants.]

Le Sr Louis Désiré CASSEGRAIN, la dame POULLIN et la demoiselle Marie Cécile Arsène CASSEGRAIN frère et sœurs germains comme étant issus du mariage d'entre Jean Louis CASSEGRAIN et dame Catherine VILLETTE, sa seconde femme, héritiers savoir :

Pour chacun un tiers de ladite Catherine VILLETTE leur mère, ce qui est constaté par l'intitulé d'un inventaire qui sera relaté ci-après. 
Et pour chacun un septième de leur père sus nommé. 

[Jean Louis CASSEGRAIN a aussi eu trois enfants de son mariage avec Catherine VILLETTE : Clarisse Edwige, Louis Désiré, et Marie Cécile Arsène.]

Tous les dits comparants ayant la poursuite des opérations dont il s’agit.

6. Sr Louis Célestin GAUCHER, marchand de porcs, et dame Célestine DOUSSET, sa femme demeurant ensemble à Heurdy, commune de Boulay, ... ... canton d'Orléans.

Agissant au nom et comme les tuteurs solidaires de Eugène CASSEGRAIN, âgé de dix-huit ans issu du mariage de la dame GAUCHER et Jean Louis Frédéric CASSEGRAIN son premier mari, décédé commune de Boulay il y a environ onze à douze ans, aux termes d'une délibération de famille tenue et présidée par M. le Juge de paix du quatrième canton d'Orléans sous la date du neuf février mil huit cent quarante cinq par laquelle ladite dame GAUCHER a été maintenue et conservée dans la tutelle de son fils, et le Sr GAUCHER alors son futur mari, nommé co-tuteur, conformément aux articles 395 et 396 du Code Napoléon. 

Le dit nommé CASSEGRAIN seul et unique héritier de son père qui avait succédé
1. Pour un cinquième à dame Marie Anne Françoise BARRAULT, sa mère décédée, première femme de Jean Louis CASSEGRAIN
2. Et pour un quart dans les trois quarts dévolus aux collatéraux de Jacques Alexandre Frédéric CASSEGRAIN, son frère germain déjà nommé, tous deux étant issus avec les dames DORET et PAPINEAU du mariage CASSEGRAIN - BARRAULT.

Et encore les dits mineurs, héritiers pour un septième du Sr Jean Louis CASSEGRAIN son aïeul, par représentation de son père.

7. Sr Théodore Honoré CHABERT, charretier de labour demeurant à Bricy, canton de Patay.
En qualité de subrogé tuteur du mineur Eugène CASSEGRAIN sus nommé, son cousin, fonction qui lui a été délivré et qu'il a enregistré aux termes d'une délibération de son conseil de famille pris devant et sous la présidence de M. le Juge de paix du quatrième canton d'Orléans qui en a dressé l'acte, assisté du greffier, le vingt neuf octobre mil huit cent cinquante deux dûment enregistrés.

[Une chronologie s’impose pour mieux comprendre la situation :
19 juillet 1808 : Jean Louis CASSEGRAIN épouse Marie Anne BARRAULT
18 janvier 1811 : naissance de son fils Jean Louis Frédéric CASSEGRAIN
22 juin 1824 : décès de sa femme Marie Anne BARRAULT
9 mars 1835 : mariage de son fils Jean Louis Frédéric CASSEGRAIN avec Célestine DOUSSET
9 janvier 1836 : naissance de son petit-fils Eugène CASSEGRAIN, fils de Jean Louis Frédéric CASSEGRAIN et Célestine DOUSSET
19 octobre 1842 : décès de son fils Jean Louis Frédéric CASSEGRAIN
6 janvier 1845 : remariage de Célestine DOUSSET avec Louis Célestin GAUCHER
25 décembre 1851 : décès de Jean Louis CASSEGRAIN]


8. Sr François Pascal PERDOUX, charretier de labour, demeurant à Saintry, commune d'Epieds, et dame Marie Madeleine Désirée POTHIER sa femme avant veuve du Sr Louis Pierre CASSEGRAIN, décédé même commune le quatre septembre mil huit cent cinquante et un.

La dame PERDOUX au nom et ayant la tutelle légale d’Emile Désiré CASSEGRAIN, né le treize octobre mille huit cent cinquante et un, après la veuvelle de son père, ses deux enfants étant issus de son mariage avec Sr Louis Pierre CASSEGRAIN son premier mari, tutelle qu’elle a perdue faute par celle d’avoir rempli les formalités prescrites par l’article 395 du code Napoléon mais dans l’exercice de laquelle elle espère se faire réintégrer avec nomination du Sr PERDOUX son second mari pour co-tuteur avec l’approbation des opérations ci-après.

9. Sr François Magloire POTHIER, charretier de labour et marchand de denrées, demeurant au bourg de la commune de Charsonville.

Agissant au nom et comme subrogé tuteur ad hoc des deux mineurs CASSEGRAIN POTHIER ses neveux, et a cette charge qu’il a acceptée aux termes de la délibération de leur conseil de famille quéri d’avance et sous la présidence de M. le Juge de paix du Canton de Meung sur Loire en date du quatre juin mil huit cent cinquante deux enregistré

Les dits mineurs héritiers conjointement pour un septième dudit Jean Louis CASSEGRAIN leur aïeul par représentation de leur père décédé sans avoir fait aucun avantage à sa veuve ni à d’autres … sa succession à ses deux enfants ainsi que le constate l’intitulé de l’inventaire dressé par Me MAURY notaire soussigné le vingt trois février mil huit cent cinquante deux et après avoir succédé : 1. Pour un cinquième a Marie Anne Françoise BARRAULT sa mère, 2. Pour un quart dans la portion dévolue aux collatéraux aux trois seizième au total à Jacques Alexandre Frédéric CASSEGRAIN son frère germain.

[Ok Jean Louis CASSEGRAIN aurait eu en fait cinq enfants avec Marie Anne BARRAULT, dont Louis Pierre CASSEGRAIN... Ce dernier aurait deux enfants : Emile Désiré et ?]

Lesquels comparants ont requis Me MAURY notaire soussigné de procéder aux opérations de compte, liquidation et partage des biens dépendant 1. De la communauté ayant subsisté entre le Sr Jean Louis CASSEGRAIN et Marie Anne Françoise BARRAULT, sa première femme 2. De la succession de cette dernière 3. De la succession de Jacques Alexandre Fréderic CASSEGRAIN leur fils décédé sans postérité 4. De la communauté qui a règne entre les Sr Jean Louis CASSEGRAIN et Catherine VILLETTE sa seconde femme, 5. De la succession de cette dame 6. Et de celle dudit CASSEGRAIN, opérations par lesquelles ledit Me MAURY a été commis judiciairement.

Obtempérant à la réquisition, le notaire soussigné a déclaré lesdites opérations ouvertes par le présent procès-verbal, pour être, par lui, procédé en l’absence des parties, au travail que nécessitent ces opérations, mais sur les titres, papiers et documents et la remise à cet effet et conformément aux instructions que lui ont données les dites parties sur la manière d’opérer.

En conséquence les comparants se sont ajournés pour prendre connaissance de ce travail, l’approuver ou le contester suivant qu’il y aura lieu aux jour et heure qui seront ultérieurement indiqués.

… ce qui … il a été rédigé le présent procès-verbal.

Avant de clore le Sr CHABERT a donné pouvoir à M. Emile Augustin … PORTIER percepteur du même à Epieds de le représenter aux dites opérations faire tous dires et observations approuver ou contester le travail.

Dons acte
Fait et passé à Epieds en l’étude du notaire soussigné. Les jour mois et an susdit. Et après lectures faites les sieurs DORET, PAPINEAU, Louis Désiré CASSEGRAIN et POTHIER, les époux GAUCHER et PERDOUX ont signé avec le notaire ; ainsi que la femme POULLIN ; quant aux femmes DORET et PAPINEAU, Sr POULLIN et CHABERT et Demoiselle Marie Cécile Arsène CASSEGRAIN, ils ont déclaré ne savoir ni écrire ni signer … … … … par ledit notaire.

SIGNATURES

Enregistré à Meung le cinq septembre 1854 … … reçu deux … pour pouvoir, deux … pour procès-verbal en quarante … … …

[Ouf, la première partie est finie, elle nous a bien présenté les protagonistes, avec en prime quelques révisions des fractions mathématiques]

II Etat des opérations

En conséquence du procès-verbal d’ouverture qui précède, Me MAURY, Notaire soussigné, commis à cet effet, après un examen attentif des titres et papiers à lui remis, et conformément aux renseignements que lui a procuré par ces examens et aux instructions à lui données par les parties a procédé aux opérations de compte, liquidation et partage des communautés et successions dont il s’agit de la manière suivante :

Observations préliminaires

Pour l’intelligence de ces opérations, le notaire soussigné va présenter les observations ci-après dans lesquelles seront consignés tous les actes et faits relatifs aux communautés et successions à liquider.

Première observation

Mariage des époux CASSEGRAIN-BARRAULT
Conventions matrimoniales

Jean Louis CASSEGRAIN journalier et Marie Anne Françoise BARRAULT ont contracté mariage devant l’officier de l’état civil de la commune de Coulmiers le dix neuf juillet mil huit cent huit.
Les conventions civiles de ce mariage ont été arrêtées par les futurs époux par contrat passe devant Me LEMAIRE, notaire à Epieds qui en a gardé minute en présence de témoins le huit juillet mil huit cent huit enregistre a Meung le quatre du même mois.

Suivant ce contrat :
Les futurs époux ont établi une communauté dans laquelle ils ont fait entrer, le Sr CASSEGRAIN, une somme de cinq cent francs qui lui était d’après Jean CASSEGRAIN son père dont cent francs pour ses droits mobiliers en la succession de Madeleine FONTAINE sa mère, ainsi évalué, et quatre cent francs pour argent prêté, et la future, sa femme de cent cinquante francs qu’elle avait en sa possession comme lui provenant de ses gains et services.

[Donc lors de son mariage avec Marie Anne BARRAULT, Jean Louis CASSEGRAIN apporte la somme de 500 fr., et Marie Anne BARRAULT apporte la somme de 150 fr.]

Il a été dit que le survivant des futurs époux prendrait à titre de préciput et hors part, tous les habits linges et hardes a … … ou une somme de cent francs en argent a son choix.
Les futurs époux se sont fait donation mutuelle de tous les biens meubles et immeubles qui pourraient leur appartenir au jour du décès du premier mourant. Pour conformément jouir de tout en usufruit pendant sa vie sans être tenu de fournir caution avec explication toutefois, que si au décès du premier mourant il y avait des enfants vivants de son mariage cette donation n’aurait aucun effet.

Telles sont les dispositions dudit contrat de mariage qu’il soit utile de connaitre pour les opérations qui seront traitées par la présente.

Deuxième observation

Faits qui se sont passés au cours de la communauté CASSEGRAIN – BARRAULT

1. Acquisitions d’immeubles
Suivant contrat passé devant Me LEMAIRE notaire à Epieds, en présence de témoins, le cinq février mil huit cent dix, le Sr CASSEGRAIN a acquis du Sr Etienne HOURY vigneron et de Marie Anne PELLE sa femme, demeurant au Creux commune d’Huisseau-sur-Mauves et autres, une maison et ses dépendances situés à Bonneville, commune de Coulmiers et quatre vingt dix huit ares quarante deux centiares de terre tenant aux bâtiments, moyennant mille francs payés aux termes de deux quittances reçues par le même notaire les quatre mars mil huit cent dix et vingt décembre mil huit cent trente. Par acte devant le même notaire en date du vingt cinq novembre mil huit cent dix, le Sr CASSEGRAIN a encore acquis de Me Denis Nicolas FRANCHETERRE avoué a Orléans rue du poirier un morceau de terre labourable situé commune de Coulmiers de la contenance de quarante deux ares dix huit centiares.

2. Succession recueillie
Le Sr CASSEGRAIN a recueilli pour partie la succession de son père qui ne comprenait aucun immeuble et pour laquelle il n’a payé aucune dette donnant lieu de récompense.

[Donc pendant leurs mariage, Jean Louis CASSEGRAIN et Marie Anne BARRAULT ont acheté une maison et son terrain à Coulmiers pour la somme de 1000 fr.]

Troisième observation

Décès de la femme CASSEGRAIN – ses héritiers – Nomination d’un subrogé tuteur – Inventaire

Marie Anne Françoise BARRAULT femme CASSEGRAIN est décédée à Bonneville, commune de Coulmiers, le vingt deux juin mil huit cent vingt quatre, ayant pour héritiers chacun pour un cinquième :
1. Jean Louis Fréderic CASSEGRAIN père du mineur CASSEGRAIN DOUSSET de Heurdy
2. La dame DORET
3. La dame PAPINEAU
4. Louis Pierre CASSEGRAIN père des mineurs CASSEGRAIN POTHIER de Saintry
5. Jacques Alexandre Fréderic CASSEGRAIN, décédé depuis sans postérité

Ses cinq enfants alors mineurs issus de son union avec ledit Jean Louis CASSEGRAIN.

Suivant une délibération de leur conseil de famille prise devant et sous la présidence de M. le Juge de paix du canton de Meung a la date du vingt deux juillet mil huit cent vingt quatre, le Sr Louis GAUDIN, charretier de labour à Ouzouer le Marché, a été élu aux fonctions de subrogé tuteur desdits mineurs, fonctions qu’ils a acceptées par le même acte.

Cette formalité accomplie et par procès-verbal du ministère de Me LEMAIRE notaire à Epieds en date du deux août de ladite année mil huit cent vingt quatre, il a été procédé à la requête de Jean Louis CASSEGRAIN, époux survivant, - ayant agi tant en son nom personnel à cause de la communauté des biens qui avait existé entre sa défunte épouse et lui qu’au nom et comme tuteur légal de ses enfants mineurs et en présence du Sr GAUDIN, leur subrogé tuteur, - à l’inventaire des forces et charges de la communauté CASSEGRAIN – BARRAULT et de sa succession de ladame CASSEGRAIN.

[On attaque l'inventaire des biens de Marie-Anne BARRAULT à son décès]

Suivant ce procès-verbal,

1. Les meubles et objets mobiliers dépendant de la communauté ont été prisés à la somme totale de six cent soixante seize francs,
ci 676 fr

2. On a estimé à deux cent trente francs soixante quinze centimes, déduction faite des frais, la récolte alors pendante par racines sur deux hectares douze ares soixante seize centiares de terre ensemencées aux frais de la communauté, en blé froment, orge, mastardelle, chanvre, sans indiquer l’origine du fonds. On a vu plus haut sous la deuxième observation qu’il n’avait été acquis au cours de la communauté que un hectare quarante ares soixante centiares et en admettant que la totalité soit ensemencées lors du décès, il resterait encore soixante douze ares sept centiares qui étaient probablement tenus à la ferme et cependant rien ne l’indique pas même une déduction ou une réclamation pour profit au fermage.
Les enfants CASSEGRAIN survivants étaient tous trop jeunes pour renseigner le notaire soussigné à cet égard.
Si la récolte existait sur les terres tenant à ferme c’est à bon droit qu’elles ont été estimées ; si au contraire le fonds était conquis de communauté il n’y avait pas lieu à estimation puisque le Sr CASSEGRAIN père était seul propriétaire des récoltes de la terre soit comme commun en tenant compte de moitié des frais d’ensemencement, soit comme usufruitier légal des biens de ses enfants dont l’aîné avait alors moins de quinze ans, sans indemnité pour labours et semence.
Cette récolte fut-elle sur des terres communes et sur d’autres terres à ferme qu’il resterait à chercher dans quelles proportions.
Mais dépourvu de tout renseignement et après avoir pris l’avis de tous les intéressés, le notaire liquidateur maintiendra l’affirmation des dites récoltes.
En conséquence, on fera figurer à l’actif de communauté la somme de deux cent trente francs soixante quinze centimes,
ci 230,75 fr

3. On a évalué à vingt sept francs cinquante centimes les labours à fumier faits et répandus sur quatre vingt dix huit ares quarante deux centiares de terre.
Cette évaluation faite à tort ou à raison sera maintenue ici par les motifs qui viennent d’être exprimés relativement aux récoltes,
ci « Mémoire pour l’actif »

4. Il ne dépendait soit de la communauté soit de la succession aucun argent comptant.

5. Il était dû à la communauté,
Par Baptiste COMPOINT, journalier à Coulmiers, dix huit francs pour prix de menu bois, ci 18 fr
Et par Jean Jacques VENOT, marchand au même lieu, dix francs pour même cause, ci 10 fr

Au total 28 fr

6. Il était réclamé contre la communauté :
1. Par Etienne TARDIF, marchand de porcs à Epieds, une somme de quarante francs pour le prix d’un porc ci 40 fr
2. Par Prosper MICHAU, tailleur d’habits et marchand à Coulmiers, cinquante francs ci 50 fr
3. Par la veuve MACE, meunière à la Petite Motte, commune de Baccon, pour prix de farine soixante francs, ci 60 fr
4. Par le Sr BAILLY, vigneron à Ingré, pour prix de vin, vingt francs, ci 20 fr
5. Par le percepteur des contributions directes, pour impôts, une somme restée en blanc et non connue depuis pour quoi « Mémoire »
6. Par Alexandre GUERIN, couvreur à la Motte, pour travail de son état, neuf francs cinquante centimes, ci 9,50 fr
7. Par M. BARILLON, médecin à Epieds, pour visites et médicaments à l’occasion de la dernière maladie de la dame CASSEGRAIN, une somme de quinze francs cinquante centimes qui sera maintenue ici, bien qu’en principe elle soit à la charge du Sr CASSEGRAIN comme charge de la jouissance légale qu’il avait
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179.50 fr

[Donc au décès de Marie Anne BARRAULT, la communauté posssédait la somme de 755.25 fr.]


Quatrième observation

7ème feuillet manquant

Cinquième observation

7ème feuillet manquant

Sixième observation

Faits qui se sont passés au cours de la communauté Cassegrain-Villette

Septième observation

Décès de la dame Cassegrain-Villette - Ses héritiers - Nomination d'un subrogé tuteur - Inventaire - Renseignements divers

Huitième observation

Jouissance et administration du Sieur CASSEGRAIN père des biens dépendants des dites communautés et successions

Les Sr CASSEGRAIN père est resté en possession jusqu’au moment de son décès, de tous les biens mobiliers et immobiliers dépendant des communautés ayant existé entre lui et ses deux femmes ; il les a géré et administré … il a habité les bâtiments et fait valoir les terres par lui-même connues … il en a été le seul propriétaire, si ce n’est pendant les dernières années qu’il a loué les terre.

Une question se présente tout d’abord :
CASSEGRAIN père, à raison de cette jouissance, doit-il un compte à ses enfants qui sera de cette différence ?
Cette question soumise à tous les intéressés dans une réunion préparatoire a été résolue négativement, attendu :
1. que les revenus des enfants du premier lit étaient de beaucoup insuffisants pour faire face à leurs dépenses pendant le temps qu’ils ont été à la maison paternelle
2. qu’il en était de même pour ceux du second lit
3. que privé des revenus des biens de ses enfants, le Sr CASSEGRAIN père n’aurait pu vivre convenablement et qu’alors il eut pu leur demander une pension alimentaire.
4. que ce dernier leur avait exprimé plusieurs fois ... que ses enfants n''eussent aucun compte de revenus à se demander les uns aux autres.
5. et que d'ailleurs l'action de tous ces enfants du premier lit est prescrite depuis longtemps.  


Neuvième observation

Décès du Sieur CASSEGRAIN père - Ses héritiers - Inventaire


Dixième observation

Vente de meubles


Onzième observation

Vente d'immeubles


Douzième et dernière observation

Commission du notaire soussigné


Plan des opérations

Ces observations faites, on va passer aux opérations annoncées qui seront divisées en huit parties comprenant :

La première, la liquidation de la communauté qui a eu cours entre les sieur et dame CASSEGRAIN - BARRAULT
La deuxième, celle de la succession de la dame CASSEGRAIN
La troisième, celle de la succession de Jacques Alexandre Frédéric CASSEGRAIN leur fils, suivi de la récapitulation des droits des quatre enfants survivants du premier lit
La quatrième, la liquidation de la communauté CASSEGRAIN - VILLETTE
La cinquième, celle de la succession de la dame CASSEGRAIN
La sixième, le compte de Me MAURY notaire
La septième, la liquidation de la succession du Sr CASSEGRAIN
Et la huitième de la récapitulation des droits des intéressés avec les abandonnements qui leurs seront faits.