dimanche 10 août 2014

52 Ancestors : #32 Simone Domergues






Et voilà, nous sommes le 2 mai 1933 et à la sortie de l’Eglise Saint Antoine des Quinze-Vingts dans le 12ème arrondissement de Paris, c’est la fête ! On vient de célébrer l’union de Louis-Joseph Soulas et Simone Domergues. Lui est peintre graveur. Originaire d’Orléans, il n’a que 27 ans mais a déjà acquis une belle notoriété. Elle est une jeune parisienne de 25 ans étudiante aux Beaux-Arts de Paris.

Ils partagent donc la même passion pour l’art, mais c’est par un concours de circonstances qu’ils se sont rencontrés. Nous sommes dans les années 30. Sylvain Domergues possède une jolie maison de vacances à Coutainville, sur les bords de la Manche, et chaque été Marguerite sa fille y passe les vacances. En fait, à l’Etat civil, elle s’appelle Marguerite, mais n’aimant pas ce prénom, elle se fait appeler Simone ! Donc, chaque été, Simone profite de la plage avec sa meilleure amie Andrée Poncelet, rencontrée pendant ses études d'art à Paris.

De son côté, le peintre-graveur André Jacquemin aime aussi venir à Coutainville pour visiter des parents à lui, les Mentz. Ceux-ci fréquentent régulièrement la famille Domergues, et c'est par eux qu'il fait la connaissance de Simone. En ce mois d’août 1932, André parle à Simone de son ami Louis-Joseph, qu’il a rencontré lors de son service militaire. Ils se sont retrouvés au service géographique de l'armée car ils sont tous les deux graveurs. Depuis qu’ils sont revenus de là-bas, ils continuent de se voir régulièrement. André loue la superbe technique de gravure de Louis-Joseph et promet d’emmener Simone à sa prochaine exposition pour qu’elle admire d’elle-même ses œuvres.

De retour à Paris, André emmène effectivement Simone au vernissage d’une exposition de la Jeune Gravure Contemporaine à laquelle sont exposées des gravures de Louis-Joseph, mais quand ils arrivent, celui-ci est déjà parti. Quelques semaines plus tard, il y a un nouveau vernissage à la Galerie Simonson, et cette fois André réussit à présenter Simone à Louis-Joseph. Mais celui-ci, plutôt que de parler art avec Simone, passe la soirée à lui parler cuisine et à disserter sur la meilleure façon d’accommoder la salade aux œufs durs !

Les vacances suivantes, Simone est de nouveau à Coutainville. André et Louis-Joseph débarquent quelques jours dans la petite station balnéaire. Ils sont déguisés en femmes et les deux compères mettent la pagaille sur la plage ! En soirée, lorsque la nuit commence à tomber, les habitants de Coutainville ont l'habitude de se promener en famille sur la digue longeant la plage. Mais un soir, les braves bourgeois de Coutainville aperçoivent avec frayeur deux squelettes qui s’agitent le long du rivage où déferlent les vagues ! Ce sont en fait Soulas et Jacquemin qui se sont habillés en noir et ont collé sur leurs vêtements des os en carton blanc !

Après ces quelques jours de farces, dont une corrida sur la plage dans laquelle Soulas et Jacquemin se sont également déguisés en taureau, il est temps de rentrer à Paris. Le matin de son départ, Louis-Joseph vient sous les fenêtres de Marguerite pour lui demander avec beaucoup de sérieux s’ils peuvent se revoir quand elle reviendra à Paris, et il lui donne rendez-vous sur le parvis de Notre Dame… La suite nous ramène en ce 2 mai 1933 au mariage de mes grands-parents !

Et quelques mois plus tard, André Jacquemin épousera Andrée Poncelet la meilleure amie de Marguerite !

Et vous ? Comment vos grands-parents se sont-ils rencontrés ?


Sources :
- Merci Papa !
- Détails racontés par ma grand-mère à Jack CHARGELEGUE, pour ses « Notes pour une biographie »  parues dans « Hommage à L.-J. SOULAS » édité par « Les Amis de SOULAS », Paris 1959

dimanche 3 août 2014

52 Ancestors : #31 Eugénie Baduel


C'est toujours un plaisir de redonner un visage à l'un de ses ancêtres ! Grâce à la photo de famille que je vous présente aujourd'hui, nous avons pu donner un visage à Eugénie BADUEL, la mère de Sylvain DOMERGUES et l'épouse de Pierre DOMERGUE

Marie Adèle Eugénie BADUEL est née le 20 mai 1852 à Paris 6ème du mariage de Pierre BADUEL et Marie Elisabeth LEROY. Le 5 mai 1874 elle épouse Pierre DOMERGUE à Paris 5ème. Ils auront cinq enfants : Marc (1875-1889), Marie (1876-1950), Sylvain bien sûr (1878-1972), Jeanne (1881-1972), et Germaine (1889-1972). En vous écrivant cela, je note que Sylvain, Jeanne et Germaine sont tous les trois décédés en 1972 à plus de 80 ans. En regardant de plus près les dates, Germaine est décédée le 20 octobre à Paris 14ème, Sylvain le 4 novembre à Paris 12ème, et Jeanne le 5 novembre à Viry-Chatillon... Triste coïncidence...

Pour en revenir à la photographie, elle présente Eugénie BADUEL, son mari et ses enfants, ainsi que certains de ses petits-enfants, et d'autres personnes, les LUREAU que je n'ai pas encore pu rattacher à la famille. 

La Famille DOMERGUE(S)
Archives familiales

Je sais que la soeur d'Eugénie, Mathilde, s'est mariée avec un Silvain LURAUD, qui pourrait donc être l'homme en haut à droite. Et son fils Léon serait donc le cousin de Jeanne, Marie et Germaine.

Sylvain DOMERGUES, le fils d'Eugénie et mon arrière-grand-père, ne figure malheureusement pas sur la photo. Peut-être est-il derrière l'objectif ?!



dimanche 27 juillet 2014

52 Ancestors : #30 Pierre Domergue, un Auvergnat à Paris


Pierre DOMERGUE est le père de Sylvain dont je vous parlais dans mon article précédent de la Semaine 29 de 52 Ancêtres en 52 Semaines. Pierre est né a Aurillac le 28 septembre 1851 du mariage de Pierre DOMERGUE et Marie BASTIDE. Il est parti s'installer à Paris sans doute vers 1870. En fait, il a fait comme beaucoup d'auvergnats de l’époque qui montaient à Paris pour trouver du travail. On les appelait les "bougnats". Bien sûr, il n'y a pas eu à cette époque que des migrations d'auvergnats : les alsaciens, les bretons et bien d'autres sont aussi venus à Paris à la recherche d'une vie meilleure. Je n'ai pas trouvé vraiment d'informations sur Internet à propos de ces migrations sur Internet. Si certains d'entre vous ont des sources d'information sur ce sujet, je serai contente d'en prendre connaissance !

En attendant, voici ce que j'ai appris sur la présence des auvergnats à Paris. Au XIXème siècle, lorsque l'eau courante n'existait pas encore à Paris, les auvergnats étaient porteurs d'eau. Ils fournissaient les parisiens en eau qu'ils montaient dans les immeubles dans des seaux ou en tonneaux. Certains se spécialisaient même dans le transport de l'eau chaude ! Avec les travaux du Baron Haussmann dans les années 1860 et l’arrivée de l'eau courante dans les immeubles parisiens, les auvergnats se reconvertissent alors dans le charbon. C'est de là que viendrait leur surnom de bougnats, contraction de "charbon" et "auvergnat", ou encore "charbougna" étant la prononciation auvergnate de "charbonnier".

Mais dans les actes d'Etat civil, rien n'indique que Pierre ait été porteur d'eau ou ait travaillé dans le charbon. Il est plutôt dans le bâtiment : en 1874, je le retrouve comme commis de chantier dans son acte de mariage avec Eugénie BADUEL.

A son mariage avec Eugénie, Pierre demeure au 68 boulevard Mazas à Paris 12ème (qui sera renommé boulevard Diderot en 1879). Le 12ème arrondissement était bien le quartier des auvergnats, car tout simplement, ceux-ci arrivaient par la gare de Lyon depuis l'Auvergne et restaient donc habiter à proximité de celle-ci. Au début, j'ai cru que Pierre avait rencontré Eugénie de par ses racines auvergnates. En effet, Eugénie est née à Paris, mais son père Pierre BADUEL est aussi un auvergnat. Cependant, quelques recherches plus tard, je me suis rendue compte que Pierre et Eugénie sont en fait cousins ! La grand-mère paternelle de Pierre est aussi la grand-mère paternelle d'Eugénie ! Elle s'est mariée avec le grand-père de Pierre puis avec le grand-père d'Eugénie. Cela fera l'objet d'un article plus détaillé !

De 1875 à 1889, Pierre et Eugénie ont 5 enfants. En 1889, je les retrouve domiciliés au 33 rue de Buffon dans le 5ème. En 1902, ils habitent au 42 quai Henri IV dans le 4ème. Mais pendant la guerre, la famille retourne habiter à Aurillac.

La dernière photographie que j'ai de Pierre date de 1933 lors du mariage de sa petite-fille Marguerite DOMERGUES avec Louis-Joseph SOULAS :


Pierre Domergue à gauche en 1933
Archives familiales

Pierre décède le 22 juin 1939 à Paris 12ème. Il est enterré au cimetière d'Ivry-sur-Seine au sud de Paris. Mon père l'a peu connu mais il est resté dans la mémoire de la famille comme le Vieux Pépéio.


Sources et liens intéressants :
Article sur les Auvergnats de Paris : http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article359
Definition Wikipedia de bougnat : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bougnat



dimanche 20 juillet 2014

52 Ancestors : #29 Sylvain Domergues


Mon arrière-grand-père Sylvain Raymond DOMERGUES est né le 20 octobre 1878, du mariage de Pierre DOMERGUE et Eugénie BADUEL. Les DOMERGUE (ou DOMERGUES) sont des auvergnats originaires d'Aurillac dans le Cantal. Le père de Sylvain est arrivé à Paris avant son mariage sans doute vers 1870 et s'y est installé pour travailler dans le bâtiment. Sylvain naît donc à Paris dans le 12ème arrondissement chez ses parents au 68 boulevard Mazas (aujourd'hui boulevard Diderot).

En 1898, Sylvain est conscrit à Paris au 4ème bureau sous le matricule 3528. J'ai retrouvé ces informations sur le site des Archives numérisées de Paris qui ont mis en ligne les Tables listant par ordre alphabétique les conscrits recensés à Paris. En donnant le nom et la classe de son ancêtre, on est dirigé vers la partie de la liste susceptible de nous intéresser pour chacun des cinq bureaux de recrutement, reste à consulter chacune des cinq listes pour retrouver son ancêtre, si l'on ne connaît pas le numéro du bureau dans lequel il a été enregistré (les bureaux sont rattachés à une zone géographique de Paris et sa banlieue).
Ensuite, après avoir envoyé un email à dac.archives@paris.fr, les Archives de Paris peuvent envoyer la fiche matricule par courrier moyennant quelques euros. J'en suis à cette étape !

Sylvain se marie le 4 octobre 1902 à Paris 12ème avec Thérèse SCHAFFUSER. Lors de son mariage, il habite chez ses parents au 42 Quai Henri IV dans le 4ème, et il est "employé d'industrie". Selon un extrait de la revue Sociétés Contemporaines (2004) sur Cairn.info, le métier d'employé d'industrie est à distinguer du métier d'ouvrier. Les deux métiers diffèrent selon : la base du calcul du salaire (horaire pour les ouvriers ou mensuel pour les employés), le vêtement (cols bleus ou cols blancs), l’espace de travail (l’atelier ou le bureau), et le caractère manuel ou non-manuel de l’activité. Même si cette revue est contemporaine, cette différence entre l'ouvrier et l'employé d'industrie est sans doute aussi valable en 1900...

Le premier enfant de Sylvain et Thérèse, Andrée, naît le 12 décembre 1903. Quatre ans après, ma grand-mère Marguerite naît le 5 septembre 1907 à Paris 8ème. Mais le 13 décembre 1910, Thérèse décède à seulement 31 ans, en mettant au monde leur troisième enfant, Pierre. Sylvain reçoit l'aide de sa famille pour élever les enfants : ses parents qui habitent a Paris et la Tante Berthe qui fera leur éducation. D'autant plus que quatre ans après, la Grande Guerre éclate. Sylvain est mobilisé dans le Régiment d'Infanterie Territoriale au moins de juillet 1914 à novembre 1916 (à confirmer grâce à sa fiche matricule). En 1916, il est sergent fourrier dans le 93ème Régiment d’Infanterie Territoriale, dans la 10ème compagnie.

En attendant d'obtenir sa fiche matricule, voici une photographie de Sylvain soldat sans doute pendant la Première Guerre Mondiale. En bas, il est écrit à la main "Le Général en chef" !


Sylvain Domergues, soldat pendant le Guerre 14-18

Au moment de la naissance de Marguerite (1907) et au décès de Thérèse (1910), la famille habite au 35 rue de Saint-Pétersbourg et Sylvain est toujours "employé d'industrie". Mais au mariage de sa fille Marguerite en 1933, Sylvain est entrepreneur de maçonnerie, et il a déménagé au 30 rue Charles Baudelaire. Mon père a bien connu l'appartement de son grand-père Sylvain rue Charles Baudelaire. Il était au 2ème étage d'un bel immeuble parisien, avec vue sur le square Armand Trousseau. Sylvain possédait une voiture, ce qui était encore rare dans les années 1940-1950, et il avait aussi une maison de vacances à Coutainville dans la Manche. Mon père m'a aussi dit que l'entreprise de maçonnerie de Sylvain était située rue de Buffon, en bordure du Jardin des Plantes. Avec son associé nommé Monsieur Malaur, ils avaient fait construire avec leurs économies deux immeubles rue Caillaux dans le 13ème, ce qui assura à Sylvain sa retraite.

Sylvain était toujours très élégant et bien habillé, avec des chaussures et une cravate, même quand il ne sortait pas. Il décède le 4 novembre 1972 à Paris 12ème au 6 rue Lamblardie où il habitait avec sa dame de compagnie. A son décès, dans la matinée, il avait ses chaussures bien cirées, sa cravate et son épingle de cravate en or !

Sylvain Domergues en 1972


dimanche 13 juillet 2014

52 Ancestors : #28 Tranquille Carel... décédé en prison


Lorsque j'ai commencé les recherches généalogiques sur la branche GOSSELIN-CAREL, je ne connaissais que Clotilde CAREL dont je vous parlais la semaine dernière. Son acte de mariage en 1855 m'a indiqué les noms de ses parents, Tranquille CAREL et Clotilde BEUX. Clotilde étant née à Vittefleur en 1826, j'y ai orienté mes recherches et ai retrouvé l'acte de mariage des ses parents le 7 avril 1825.

J'y apprend que Tranquille Jacques CAREL est né le 3 juin 1804 à Saint-Sylvain en Seine Maritime du légitime mariage de Jacques CAREL et Catherine GEORGES. En 1825, dans son acte de mariage, il est indiqué comme ayant la profession de charretier.

J'ai alors recherché les enfants du couple, mais je n'ai pas trouvé d'autres enfants à Vittefleur. Je retrouve alors la famille à Canouville où 5 enfants naissent de 1828 à 1835, puis à Butot-en-Caux à partir de 1837 où le couple aura encore 3 enfants jusqu'au décès de Clotilde BEUX en 1843.

Quelques années plus tard, j'ai découvert que Tranquille se remarie avec Bibienne GUEROUT le 17 février 1849 à Butot-en-Caux et qu'il a une fille de ce mariage, Pascalle, née en 1849. En continuant mes recherches dans les tables décennales pour y trouver d'autres enfants ou un acte de décès, je retrouve le mariage de la fille de Tranquille et Bibienne en 1870 à Vénesville. Et là surprise, sur l'acte de mariage, il est indiqué que Tranquille est décédé à la maison centrale de Gaillon dans l'Eure le 4 novembre 1857. Il est aussi précisé que son décès figure dans l'état civil de la commune de Vénesville le 28 janvier 1858. Décédé en prison... uhm...


Extrait de l'acte de mariage de Pascalle CAREL
Archives Départementales de Seine Maritime -  4E 07694 - Page 5.

Je retrouve alors l'acte de décès dans l'Etat Civil de Gaillon et la retranscription à Vénesville. Mais cela me ne dit pas pourquoi Tranquille s'est retrouvé à la maison centrale de Gaillon, ni comment il y est décédé à l'âge de 53 ans. Sur l'acte de mariage de Clotilde sa fille en 1855 il n'est pas indiqué qu'il est en prison à cette époque. Sur l'acte, il est indiqué comme étant entrepreneur de routes, il a donc été incarcéré entre 1855 et 1857.

La prochaine étape quand je rentre en France est donc de m'attaquer pour la première fois aux archives judiciaires, que l'on trouve aux archives départementales sous la série U (pour la période après la Révolution). Par contre, vu qu'il habitait Vénesville en Seine Maritime mais a été incarcéré à Gaillon dans l'Eure, je ne sais pas trop dans quelles archives départementales chercher.

Je me suis tout de même renseignée sur la maison centrale de Gaillon qui est en fait un château datant du XVIème siècle et reconverti en prison en 1812. Le blog Patrimoine carcéral (http://patrimoinecarceral.blogspot.sg/2013/03/gaillon-et-son-chateau-une-maison.html) indique qu'au cours de l’an IX un décret a proclamé la création de centres pénitenciers qui sont appelés à partir de juin 1802 « Maisons centrales de détention ». Suivant le mouvement de mise en place de prisons par l’Empereur Napoléon, la création d’une centrale pour l’Eure, l’Eure-et-Loir, la Seine-Inférieure, le Calvados, la Somme et l’Orne est décrétée le 16 juin 1808. Le département de l’Eure est choisi pour sa position géographique. Le préfet est alors désigné pour proposer une liste de bâtiments permettant d’accueillir à moindres frais l’établissement pénitentiaire. Ecartant les projets d’installation dans les anciens bâtiments monastiques de Bonport, de Saint-Sauveur et des Jacobins d’Evreux, le ministre de l’Intérieur choisit le 4 février 1809 le site de Gaillon pour sa position centrale par rapport à la zone concernée.

Le Château de Gaillon

"Patrimoine carcéral" précise également que le profil des condamnés est très large. Se retrouvent à Gaillon les hommes, les femmes et les enfants sans distinction de délits (beaucoup pour vols) mais dont la peine est supérieure à 1 an (entre 2 et 5 ans en général). On trouve très peu de condamnés à la réclusion. Voilà qui est rassurant !



dimanche 6 juillet 2014

52 Ancestors : #27 Clotilde Carel


Et voilà je démarre cette 27ème semaine de 52 Ancêtres en 52 Semaines avec mon Sosa 27 Clotilde CAREL. Clotilde est la femme de Stanislas GOSSELIN et la mère de Rachel GOSSELIN.

Clotilde Rosalie CAREL est née le 21 juin 1826 à Vittefleur en Seine Maritime. Elle sera l'aînée des neuf enfants de Tranquille Jacques CAREL et Clotilde Théodorine BEUX, mariés en 1825. 

Clotilde se marie avec Stanislas GOSSELIN le 19 novembre 1855 à Gonneville-la-Mallet où elle habite avec ses parents. Elle est alors couturière. Stanislas étant chapelier, il se sont peut être rencontrés grâce à leurs métiers. Dans mon article sur Stanislas, j'avais noté qu'à leur mariage, Stanislas avait 43 ans. Clotilde quant à elle avait 29 ans, ce qui n'est pas non plus très jeune à l'époque pour se marier. De plus, leur premier enfant Paul naît à Gonneville-la-Mallet tout juste quatre mois après le mariage.

Par ailleurs, récemment, au détour de l'Etat Civil, alors que je cherchais l'acte de décès de la mère de Clotilde, je suis tombée sur Zéphire Ernest CAREL né de père inconnu le 29 juillet 1851 à Butot-en-Caux au domicile de sa mère Clotilde CAREL, 25 ans, non mariée. Clotilde a donc eu un premier enfant de père inconnu, quatre ans avant de se marier avec Stanislas. Lors de son mariage avec celui-ci, l'enfant n'est pas cité. 

Différents lieux habités par Clotilde Carel

Clotilde semble avoir été plutôt mobile entre Vittefleur et Canouville quand elle était enfant, puis Butot-en-Caux, Gonneville-la-Mallet, et enfin Le Havre après son mariage. Tisserande et venant d'un milieu rural, sa mère est décédée alors qu'elle avait 17 ans. Bien que son père se soit remarié, étant l'aînée de la famille, elle a sûrement dû s'occuper de ses frères et soeurs. Son enfant naturel à 25 ans est-il le fils de Stanislas ?... comme Paul dont elle était déjà enceinte de 5 mois lors de son mariage.

Stanislas et Clotilde auront au moins deux autres enfants en plus de Paul : Mathilde née en 1857 et Rachel mon arrière-grand-mère née en 1871. J'ai retrouvé le mariage de Mathilde en 1887 au Havre, où sont présents Paul GOSSELIN, garçon de magasin, et Ernest CAREL, journalier, tous deux frères de l'épouse et demeurant au Havre. Le fait qu'Ernest porte toujours le nom de CAREL montre que Stanislas ne l'a pas reconnu comme étant son fils.

Je m'interroge tout de même sur le fait que je n'ai pas retrouvé d'enfant à Stanislas et Clotilde entre 1857 et 1871. Un coup d'oeil dans les recensements de Seine Maritime (qui ne sont malheureusement pas encore en ligne) me permettra peut-être de déterminer quels étaient vraiment les membres de la famille à cette époque. 

Clotilde décède le 21 mars 1904 au Havre à son domicile 19 rue Félix Faure, à l'âge de 78 ans, et veuve depuis treize ans de Stanislas. Et c'est son gendre, mon arrière-grand-père Eugène CHOMETON qui déclare le décès, accompagné de son frère Louis CHOMETON cité comme "ami de la défunte".



Acte de décès de Clotilde Rosalie Carel
Source : Archives Départementales de Seine Maritime en ligne - 4E 19924 - Page 216



Pour aller plus loin, un article sur lequel je suis tombée en faisant des recherches sur les mères célibataires, il concerne les mères célibataires à Lyon donc il ne s'applique pas ici, mais je l'ai trouvé intéressant quand même ! :
Célibataires et mères de nombreux enfants. Parcours de femmes à Lyon au XIXème siècle
par Guy Brunet : http://www.ca irn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2010-1-page-95.htm


mardi 1 juillet 2014

52 Ancestors : #26 Abraham Lebas


Abraham LEBAS est l'arrière-grand-père de Stanislas GOSSELIN, dont je vous parlais Semaine 22, et fait partie de ma longue liste d'ancêtres normands. Il est né vers 1686 et serait décédé à Saint-Nicolas-de-la-Taille. Il était laboureur. Le 22 mai 1714, il épouse à Goderville Catherine DECAUX. 

Comme pour les autres GOSSELIN que je vous ai présentés, ce n'est pas moi qui ai fait les recherches permettant de remonter la branche d'Abraham LEBAS. Et c'est pour cela que j'éprouve une certaine frustration quant à son ascendance car je ne maîtrise pas les informations que j'ai recueillies et je n'ai pas pu les vérifier jusqu'ici. 

Selon la communauté généalogique, Abraham est le fils d'Abraham LEBAS né le 21 mars 1639 au Havre et de Françoise de BEAULIEU, tous deux mariés à Gromesnil le 16 novembre 1681. 


Les BEAULIEU

De BEAULIEU, cela fait penser à un nom noble, mais jusqu'ici personne ne connaissait l'ascendance de Françoise... Et pour ma part, impossible de mettre la main sur leur acte de mariage dans les Archives Départementales en ligne de Seine Maritime, sans doute parce que ces informations sont issues des archives protestantes et que je n'ai pas encore eu le courage de me lancer, n'étant pas sûre de savoir si ce qui m'intéresse est en ligne... 

Je dis que jusqu'ici personne ne connaissait l'ascendance de Françoise, car en rédigeant cet article je suis tombée sur Geneanet sur une proposition d'ascendance que je n'avais jamais vue. Françoise serait la fille de Paul de BEAULIEU, né à Vitré près de Rennes en 1594, et d'Olympe du CROISET, fille du premier ministre de l'Eglise Réformée de Nantes. 

Paul de BEAULIEU est le fils de Pierre de BEAULIEU, Seigneur de La MOTTE BARRIN, lui même fils de Jacques de BEAULIEU, Sieur de NÉRAUNAY EN ERCÉ

Jacques est né vers 1500 à Rennes et est décédé vers 1562 à Redon en Bretagne. Il fut Procureur au parlement de Rennes (1550), procureur fiscal du Bordage, et l'un des premiers membres de l'Eglise Réformée de Rennes (au moins depuis 1560). 

Son père est Gilles de BEAULIEU, Sieur de NÉRAUNAY EN ERCÉ, à qui la Duchesse Anne de BRETAGNE accorda la charge de Connétable de Rennes de 1496 à 1498 (voir les Archives de Rennes - Administration communale Série BB - BB2Titres concernant les connétables de la ville de Rennes de 1488 à 1557). 

Selon François de BEAULIEU, contemporain descendant la famille, c'est Jacques qui aurait fait bâtir le Manoir de Néraunay à Ercé, aujourd'hui commune d'Ercé-près-Liffré au nord est de Rennes. A noter que le Bordage que je cite plus haut est également le nom d'un Château à Ercé-en-Liffré. 

Pour l'illustration, j'ai retrouvé une photographie du Manoir de Néraunay aujourd'hui (rebâti en 1797) :

Manoir de Néraunay
Source : http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA35010643

Et du Château du Bordage :

Château du Bordage
Source : http://www.museeprotestant.org/wp-content/uploads/2013/12/0000002544L.jpg

A noter que le site Musée Protestant (http://www.museeprotestant.org/notice/memoire-et-patrimoine-en-ille-et-vilaine/) que j'ai découvert en recherchant ces photos, m'a indiqué que Vitré était une ville bretonne que les protestants tenaient en leur pouvoir au XVIème siècle, et dont l'Eglise Réformée prospéra jusqu'à la Révocation de l'Edit de Nantes. Ercé-en-Liffré est également citée au même titre que Rennes comme berceau d'une communauté protestante.

La source de ces informations sur l'ascendance de Paul de BEAULIEU provient de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (SHPF), dans leur revue n°9 du 1er trimestre 1985 dans un article intitulé "Une famille protestante de Rennes : les BEAULIEU" (http://www.shpf.fr/cahiers/page.php?num=9&idpage=489) où un pasteur raconte vers 1685 la généalogie de la famille. Seulement dans cet article, la mère d'Abraham LEBAS, Françoise de BEAULIEU, n'est pas directement identifiée. On apprend que Paul a eu quatre enfants dont deux filles, l'une Suzanne, et l'autre dont le prénom n'est pas cité et qui à l'époque est "en condition dans la maison d'un milord anglais"... Alors qui a la preuve qu'elle est bien ma Françoise de BEAULIEU ?!


Les SORTAMBOSC

En repartant du côté du père de notre Abraham LEBAS, on apprend que la grand-mère paternelle d'Abraham Père se nomme Anne de SORTAMBOSC, mariée le 1er novembre 1601 avec Jean LEBAS, et décédée le 18 mars 1619 au Havre. Ses parents sont Jean de SORTAMBOSC et Françoise FRÉMONT, mais on ne remonte pas plus haut. Idem, sommes-nous face à des "nobles" ? Jean LEBAS lui-même est dit "Sieur de l'ASNERIE" (Harfleur), marinier et bourgeois du Havre. Il est décédé le 4 mars 1617 au Havre. Et cette fois-ci, pas plus d'informations sur Internet...


Pour résumer les BEAULIEU et les SORTAMBOSC, en langage généalogique, cela donne cela :



Me voilà donc avec Abraham LEBAS, ne sachant pas si je dois faire confiance ou pas à son ascendance. Le plus difficile dans ce genre de trouvaille est de rester objectif quant au réalisme de l'information. Tant que je n'ai pas vu les actes de mes propres yeux, je préfère ne pas trop m'emballer sur ces deux branches... Quand j'en aurais le temps, je me pencherai sur ce qui est en ligne en Seine Maritime concernant les protestants, mais il me faudra faire des progrès en paléographie parce qu'à cette époque j'ai encore du mal à déchiffrer les actes...