lundi 24 novembre 2014

Le lundi 24 novembre 2014 par Marine S dans ,    Pas encore de commentaire

Après notre dernière découverte surprise de la branche d'Apchier, je vous propose un petit voyage dans le temps pour nous retrouver à l'époque des croisades !

Prêchées par la Papeauté à partir du IXème siècle, les croisades furent des expéditions religieuses, mais surtout guerrières, menées par les chrétiens d'Occident. Leur but premier était de délivrer Jérusalem de la domination musulmane. Les croisades s'étalèrent quand-même sur deux siècles : de 1095 à 1291, ce ne sont pas moins de huit majeures croisades qui furent menées.

C'est le Concile de Clermont en 1095 qui marque le début de la première croisade. Pendant ce concile, le Pape fait un appel à partir en croisade afin de libérer Jérusalem des turcs qui empêchent les pélerins chrétiens d'y accéder librement. Cette croisade se termine par la prise de Jérusalem par les croisés en 1099. Jérusalem devient alors la capitale du royaume latin de Jérusalem, et le siège de l'Ordre du Temple. Mais la ville est isolée de l'Occident dans une région où les turcs regagnent du pouvoir.

La deuxième croisade de 1147 à 1149 prend la forme du pélerinage du roi Louis VII et se solde par un échec face aux musulmans. Le 2 octobre 1187, Saladin se fait livrer Jérusalem. La troisième croisade en 1189 est celle de Richard Coeur de Lion qui renforce les chrétiens en Orient en reprenant la place forte de Saint-Jean-d'Acre en 1192, mais ne parvient pas à reprendre Jérusalem.

Lors de la quatrième croisade de 1202 à 1204, les croisés reprennent la ville de Constantinople aux mains des musulmans. Mais ni pendant cette croisade, ni pendant la suivante de 1217 à 1221, ils n'arriveront à reconquérir Jérusalem. C'est lors de la sixième croisade que l'empereur germanique Frédéric II s'empare de Jérusalem par un jeu de diplomatie. Mais l'Orient est toujours sous tension.

Après la défaite des Templiers en Egypte en 1243, Jérusalem retombe aux mains des musulmans. A cette époque, c'est Louis IX le roi de France, autrement dit Saint-Louis. En 1244, celui-ci décide alors de repartir en croisade pour reconquérir Jérusalem, à l'aide d'une grande partie de la noblesse française. Parmi eux, un nom qui ne nous est maintenant plus inconnu : Guérin III d'APCHIER, le noble ancêtre d'Anne ARNAUD

En 1244, Guérin a environ 35 ans et est co-seigneur de Châteauneuf-Randon, seigneur d’Apchier et de Montaleyrac. Il a épousé Béatrice de Châteauneuf, et son fils Guérin IV est né vers 1230. Guérin III va donc partir aux côté de Saint-Louis pour une épopée qui ne sera pas de tout repos. D'ailleurs, il suit le chemin emprunté par son arrière-grand-père Henri d'APCHER qui fit lui-même partie de la toute première croisade !

Saint Louis par Emile Signol
Après d'importantes préparations logistiques et financières, le convoi d'environ vingt-deux mille hommes, dont deux mille cinq cent chevaliers, part du port d'Aigues-Morte le 28 août 1248 pour faire une étape à Chypre. Stratégiquement, sur le modèle de la sixième croisade, les croisés ont décidé de ne pas partir s'attaquer directement à Jérusalem, mais de s'emparer de villes égyptiennes pour les échanger contre Jérusalem. 


Source : Wikipedia
Guérin débarque dans la ville de Damiette en Egypte le 5 juin 1249. Le 6 juin, les armées de Saint-Louis prennent la ville aux musulmans et continuent à progresser en Egypte. Mais en avril 1250, Saint-Louis est capturé avec son armée par les égyptiens. Ils sont emprisonnés au Caire, et les survivants seront libérés en mai 1250. Parmi eux, Guérin qui rentre en Occident à l'automne 1250. De retour sur ses terres en Auvergne, Guérin fait élever la chapelle Saint-Jean à proximité de son château à Apchier. Il avait fait le voeu de faire élever cette chapelle s'il revenait de la croisade. Guérin meurt quelques années plus tard en 1252.

La Tour d'Apcher, seul vestige du Château, et la Chapelle Saint-Jean aujourd'hui

Les croisades suivantes se solderont par des échecs et notamment à la perte de Saint-Jean-d'Acre en 1291 qui signe la fin des royaumes latins en Orient.

De retour au XXIème siècle, rendez-vous au Musée de l'Histoire de France au Château de Versailles. Lors de la création du Musée vers 1830, le roi Louis-Philippe souhaita raconter l'épopée des croisades et consacra donc une partie de l'aile nord du château à l'exposition de tableaux et de blasons des familles ayant participé à ces expéditions légendaires. Dans la cinquième Salle des Croisades, les armes (l'écusson) de Guérin sont accrochées aux côtés de celles de Saint-Louis et des autres nobles ayant participé à la croisade !


Armes: d'or, au château de gueules, maçonné de sable, à trois donjons du même, sommé de deux haches d'armes de sable.




dimanche 7 septembre 2014

Le dimanche 7 septembre 2014 par Marine S dans , , ,    1 commentaire

Continuons le voyage dans la branche auvergnate des DOMERGUE en remontant l'ascendance de Marie BASTIDE la limonadière. Le grand-père maternel de Marie s'appelle Antoine DEBRON. Il est né le 11 novembre 1754 à Montchamp dans le Cantal. Ses parents sont Guillaume DEBRON, laboureur, et Marguerite COUTEL, cultivatrice. 

J'ai découvert sur Geneanet l'ascendance d'Antoine. Les ancêtres de Marguerite COUTEL sont des "bourgeois" sur leurs actes paroissiaux. Du côté de Guillaume DEBRON, on est laboureur de père en fils à Montchamp. Seuls les ancêtres de Jean DEBRON et Anne ARNAUD sont ensuite connus par la communauté généalogique.





Et là, c'est une surprise, sous son nom de famille très commun, Anne ARNAUD, née vers 1626 à Montchamp, présente une ascendance aux allures de petite noblesse. 




Mais en creusant plus loin, Anne de FLAGEAC, sa grand-mère, est Dame du Monteil de Vabres. Plus haut, François du POUGET est Seigneur de Nadaillac, de Rigal et de Roges, et Chevalier de L'Ordre de Saint-Michel (1550). Il est également Lieutenant de la compagnie de 200 hommes de pied du Vicomte de Castillon.

Quant aux d'APCHIER, ils sont en fait une branche de la famille chevaleresque de CHATEAUNEUF RANDON. Les CHATEAUNEUF RANDON furent substitués au nom et armes de la famille d’APCHIER, lors du mariage, avant 1180, de Guérin de CHATEAUNEUF avec Alix d’APCHIER, héritière de la maison.

En tout, à partir d'Anne ARNAUD, un nouvel arbre généalogique s'élargit avec plus de 650 ancêtres. A partir de la maison d'APCHIER, toutes les généalogies nobles se trouvent dans des ouvrages tels que le Dictionnaire Généalogique et Héraldique ou l'Histoire Généalogique et Chronologique de la Maison Royale de France (les pages 808 à 834 du tome 3 concernent les d'APCHIER).



Extrait de l'Histoire Généalogique et Chronologique de la Maison Royale de France
Source : Google Books

A partir de Blanche d'APCHIER finalement il est facile de remonter jusqu'à Charlemagne ! Bon, 9 français sur 10 descendent de Charlemagne mais c'est toujours plus sympa d'en avoir la preuve ! Cependant, la liaison de Marie BASTIDE à Blanche d'APCHIER provient de Geneanet et j'aurais aimé pouvoir la vérifier avec des actes. J'ai alors contacté le généalogiste à l'origine des informations sur l'ascendance d'Anne ARNAUD pour qu'il m'envoie l'acte de mariage ou de naissance d'Anne prouvant son ascendance ou qu'il m'explique l'origine de ses conclusions. Mais je n'ai jamais eu de réponse. J'espère un jour avoir le temps et trouver les moyens de vérifier cette partie de l'arbre familial.

Pour terminer, voici des morceaux choisis de mes noms favoris des nobles ancêtres de la maison d'APCHIER : Douce de PROVENCE, Brunichilde de FOIX, ou encore ma préférée : Maralde de CANILLAC !


dimanche 31 août 2014

Le dimanche 31 août 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire

Souvent, les professions des femmes ne sont pas indiquées dans les actes d'Etat civil. Lorsque le métier du mari est "cultivateur" ou "journalier", on imagine que son épouse fait la même chose.

Marie BASTIDE est une de mes ancêtres pour laquelle l'Etat civil m'a indiqué un métier, celui de limonadière ! Le mot "limonadière" me fait penser à une petite caravane colorée vendant des boissons pétillantes. Mais bien entendu, la réalité du métier de limonadière en 1800 n'est pas vraiment similaire... 

Marie BASTIDE est née le 16 avril 1823 à Chazelles dans le Cantal, du mariage de Bernard BASTIDE et Elisabeth DEBRON. J'ai eu du mal à faire mes recherches sur Marie. En effet, mon point de départ était l'acte de mariage de son fils, mon arrière-grand-père Pierre DOMERGUE, né à Aurillac en 1851 du mariage de Marie avec un autre Pierre DOMERGUE. C'est cet acte de mariage qui m'avait permis d'identifier Marie, dont j'avais pu retrouver l'acte de décès le 18 novembre 1884 à Aurillac. 

Sur son acte de décès, sa naissance était indiquée dans la commune de Montchamp dans le Cantal et son âge à son décès était de 62 ans. Selon la soustraction qu'il ne faut pas faire : 1884 moins 62 ans, et sous peine de me faire réprimander par les experts généalogistes, j'en avais déduit que Marie était née vers 1822-1823. Seulement, après avoir parcouru en long en large et en travers les registres de Montchamp bien au-delà de la période 1822-1823, je ne trouvais aucune trace de sa naissance. Cependant, je trouvais à Montchamp deux autres BASTIDE nés de Bernard BASTIDE et Elisabeth DEBRON. Mes recherches m'amenèrent à découvrir que Bernard BASTIDE était lui-même originaire de Chazelles non loin de Montchamp. En consultant le registre de Chazelles, j'ai alors trouvé une Marie BASTIDE, fille de Bernard BASTIDE et Elisabeth DEBRON, née le 16 avril 1823. De quoi être sûre à 80% que j'avais retrouvé la naissance de ma Marie BASTIDE. 

Restait à confirmer son ascendance par son acte de mariage que je n'avais trouvé ni à Aurillac et désormais ni à Montchamp ou à Chazelles. Grâce à Ancestry, j'ai retrouvé Marie à Paris (Charonne) lors de son mariage le 13 mai 1843 avec Pierre DOMERGUE. Mais il s'agit là de l'Etat civil reconstitué, donc les parents du couple ne sont pas indiqués sur la fiche. Reste donc une preuve finale à trouver pour être sûr à 100% de l'ascendance de Marie.



Fiche de l'Etat civil reconstitué de Paris
Source : Archives de Pais en ligne - V3E/M 44

Pour en revenir au métier de Marie, souvenez-vous de mon article sur la migration des auvergnats à Paris. Je pensais que c'était Pierre DOMERGUE, le fils de Marie et Pierre, qui avait émigré de son Auvergne natale vers Paris pour y trouver du travail. Mais en fait, le mariage de Pierre et Marie à Paris m'a montré que les parents de Pierre étaient partis les premiers pour Paris vers 1840. C'est également à Paris qu'ils ont mis au monde leur premier enfant, Marie Louise, en 1845, avant de rentrer à Aurillac vers 1850. 

Dans mon article sur la migration des auvergnats, je vous avais parlé de la profession de porteur d'eau qui était la profession la plus répandue des auvergnats à Paris. En fait, pour les auvergnats, le métier de limonadier est un peu une évolution sociale par rapport au métier de porteur d'eau. Les limonadiers fabriquaient et vendaient la limonade mais aussi d'autres boissons froides ou chaudes, ou encore alcoolisées car ils avaient le droit de distiller de l'alcool. La définition de "limonadier" sur le site Vieux Métiers redirige vers le métier de "cafetier". Il existait ainsi plusieurs professions plus ou moins proches : limonadier, cafetier, cabaretier, marchand de vin, crieur de café, colporteur de tisane. Ces professions étaient très réglementées. Le cabaretier servait à boire et souvent à manger. Le marchand de vin quant à lui ne pouvait que vendre du vin à emporter et ne pouvait pas servir à boire...


Sources :
- Les limonadiers sur le site France Pittoresque : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1181
- Définition de Cafetier sur Généalogie.com : http://www.genealogie.com/v2/genealogie-en-ligne/ancien-metier.asp?id_metier=14
- Nouveau manuel complet du limonadier, glacier, cafetier et de l'amateur de thés et de cafés par A.M. CHAUTARD (1901) sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2040074/ (plus orienté fabrications des boissons que professions)


dimanche 24 août 2014

Le dimanche 24 août 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire


Ces dernières semaines, nous avons fait la connaissance de Pierre DOMERGUE et son épouse Eugénie BADUEL. Dans mon article sur Pierre DOMERGUE, nous avons appris que la grand-mère paternelle de Pierre, Louise MALEPRADE, est aussi la grand-mère paternelle d'Eugénie ! 

Louise est née le 27 avril 1791 à Aurillac du mariage de Jean MALEPRADE et Jeanne POUDEROUX. Le 22 janvier 1812 à Aurillac, elle épouse Jean DOMERGUE, originaire d'Arpajon. Ils auront quatre enfants : Jeanne (1813), Françoise (1814), Pierre (1816) et Gabriel (1818). A cette époque, la famille habite au domaine de Bracqueville situé dans la commune d'Aurillac, où Jean travaille en tant que métayer. Mais seulement, lorsque Gabriel naît le 31 août 1818, son père Jean DOMERGUE est décédé, le 4 avril 1818, à seulement 31 ans... 

Veuve avec quatre enfants en bas âge, Louise se marie en secondes noces le 29 avril 1823 à Aurillac avec Pierre BADUEL, aussi originaire d'Arpajon. Ils auront également quatre enfants : Antoine (1824), Pierre (1826), Pierre (1828) et Marie (1831). Sur les actes de naissance des enfants, il est indiqué que la famille vit toujours à Bracqueville, où Pierre travaille en tant que fermier.


Carte de Cassini d'Aurillac avec le domaine de "Bracqueville" au nord est

Louise décède le 25 août 1839 à l'âge de 48 ans à Bracqueville. Lors de son décès, ses deux fils Pierre DOMERGUE et Pierre BADUEL ne sont pas encore mariés, donc Louise n'aura pas la chance de connaître ses petits enfants Pierre DOMERGUE et Eugénie BADUEL. Pierre et Eugénie se retrouveront à Paris dans les années 1870 et se marieront en 1874.





Pierre DOMERGUE et Eugénie BADUEL sont donc cousins au 4ème degré selon le droit civil. Le mariage civil entre cousins au 4ème degré est légal et ne nécessite pas de dispense (voir mon article sur Pierre SOULAS et les degrés de parenté). C'est pourquoi dans leur acte de mariage civil, rien n'indique qu'ils soient cousins. Donc jusqu'à ce que je remonte leurs branches jusqu'à Louise MALEPRADE, je ne savais donc pas qu'ils avaient un lien de parenté !



dimanche 17 août 2014

Le dimanche 17 août 2014 par Marine S dans ,    Pas encore de commentaire

Dans mon dernier article, je vous ai parlé de la rencontre entre ma grand-mère paternelle, Marguerite dite Simone DOMERGUES, et mon grand-père Louis-Joseph SOULAS ! J'aimerais aujourd'hui aborder un autre sujet de la vie de Marguerite lié à son enfance.

Tout au début du Challenge 52 Ancêtres en 52 Semaines, je vous ai parlé de la mère de Marguerite, Thérèse SCHAFFUSER, décédée jeune, à 31 ans, en mettant au monde son troisième enfant avec Sylvain DOMERGUES. C'était en 1910, et Marguerite, la cadette, avait 3 ans. Marguerite a donc très peu connu sa mère. Selon mon père, qui le tenait de sa mère, c'est "la Tante Berthe" et "l'Oncle Kosek" qui ont aidé Sylvain à élever les trois enfants, Andrée, Marguerite et Pierre. 

Mais seulement, nous ne savions pas quels étaient nos liens de parenté avec cette Tante Berthe et cet Oncle Kosek (ou Coseck)... Ils ne figuraient pas dans notre arbre généalogique ! Ma grand-mère Marguerite racontait que la Tante Berthe n'était pas très drôle, elle la laissait devant son assiette d'épinards (elle qui n'aimait pas ça) jusqu'à ce qu'elle ait tout mangé ! D'après ce que Grannie lui avait raconté, mon père se l'imaginait comme la mère Mac'Miche dans Un Bon Petit Diable de la Comtesse de Ségur...

Nous savions également que la Tante Berthe et l'Oncle Kosek possédaient une maison de vacances à Saint-Vaast-la-Hougue dans le nord du Cotentin, où ma grand-mère allait parfois passer les vacances d'été. L'Oncle Kosek, quant à lui, était marchand de fourrure et devait être originaire de l'est. Voilà les quelques informations que nous avions sur eux.

Sylvain avait une soeur Germaine Berthe DOMERGUES (1889-1972) et j'ai donc tout d'abord cru que c'était elle la Tante Berthe. Mais pas de trace de mariage avec un KOSEK... Elle s'était mariée en 1909 avec Albert BERTRAND et avait eu une fille Jacqueline. Mon père me confirma d'ailleurs qu'elle ne s'était mariée qu'une fois et ne pouvait donc pas être la Tante Berthe.

Malgré mes recherches, le mystère restait entier, mais en mars dernier, j'ai retrouvé vraiment par hasard la Tante Berthe et l'Oncle Kosek !

Tout commence avec Pierre BADUEL qui est le grand-père paternel de Sylvain DOMERGUES et donc l'arrière-grand-père de Marguerite DOMERGUES. Pierre BADUEL est né en 1828 à Aurillac dans le Cantal et a émigré à Paris pour y devenir marchand de vin. C'est à Paris qu'il rencontre et épouse Marie Elisabeth LEROY en 1859. En cherchant dans les Archives de Paris, je leur avais trouvé trois filles :
- Marie Mathilde
- Marie Adèle Eugénie dite Eugénie BADUEL dont je vous ai parlé Semaine 31
- Marie Berthe Euphrasie Anastasie

Mais il me manquait les dates de décès de Pierre et Marie Elisabeth, sans doute décédés à Paris ou en région parisienne. J'ai alors testé l'abonnement mensuel Ancestry pour les retrouver. En effet, je trouve que Ancestry est pratique pour des recherches sur Paris car l'abonnement (4.95 €/mois) permet d'accéder aux collections suivantes :

  • Naissances de Paris et Ancienne Seine de 1700 à 1899
  • Décès de Paris et Ancienne Seine de 1707 à 1907
  • Publications des bans de mariage de Paris et Ancienne Seine de 1860 à 1902
  • Mariages de Paris et ses environs de 1700 à 1907
  • Listes électorales de Paris et ses environs en 1891
  • Faire-part de décès de Paris et ses environs de 1860 à 1902


Sur Ancestry, j'ai alors retrouvé la trace du mariage de la plus jeune fille de Pierre, Marie Berthe Euphrasie Anastasie, avec François DROUET-FLEURIZELLE en 1885 à Paris 9ème. Comme je travaillais également au relevé systématique de tous les BADUEL que je pouvais trouver à Paris, j'ai regardé dans les Tables Décennales des mariages de Paris 9ème pour voir s'il y avait d'autres mariages de BADUEL. Le mariage de Marie Berthe Euphrasie Anastasie y figurait bien en 1885, mais il y a avait aussi un autre mariage indiqué à son nom en 1892...

J'ai donc relevé le premier mariage dans le Registre d'Etat Civil en ligne, et en arrivant au deuxième, j'ai eu la surprise de constater que le nom du second mari était... Charles KOCEK !

Acte de mariage de Marie BADUEL et Charles KOSEK
Source : Archives de Paris en ligne - V4E 6239 - Page 23

Noyé au milieu de ses autres prénoms, celui de Berthe ne m'avait pas fait pensé qu'il pouvait s'agir de la Tante Berthe. Mais en effet, Marie Berthe Euphrasie Anastasie était la tante de Sylvain et la grande-tante de Marguerite ! J'avais cherché une tante de Marguerite sans penser que le surnom de "Tante Berthe" pouvait correspondre à une tante de Sylvain.


Lien de parenté entre ma grand-mère et la Tante Berthe

Une énigme qu'il fut plaisant de résoudre ! Comme quoi la généalogie est aussi basée sur beaucoup de chance !


dimanche 10 août 2014

Le dimanche 10 août 2014 par Marine S dans ,    Pas encore de commentaire





Et voilà, nous sommes le 2 mai 1933 et à la sortie de l’Eglise Saint Antoine des Quinze-Vingts dans le 12ème arrondissement de Paris, c’est la fête ! On vient de célébrer l’union de Louis-Joseph Soulas et Simone Domergues. Lui est peintre graveur. Originaire d’Orléans, il n’a que 27 ans mais a déjà acquis une belle notoriété. Elle est une jeune parisienne de 25 ans étudiante aux Beaux-Arts de Paris.

Ils partagent donc la même passion pour l’art, mais c’est par un concours de circonstances qu’ils se sont rencontrés. Nous sommes dans les années 30. Sylvain Domergues possède une jolie maison de vacances à Coutainville, sur les bords de la Manche, et chaque été Marguerite sa fille y passe les vacances. En fait, à l’Etat civil, elle s’appelle Marguerite, mais n’aimant pas ce prénom, elle se fait appeler Simone ! Donc, chaque été, Simone profite de la plage avec sa meilleure amie Andrée Poncelet, rencontrée pendant ses études d'art à Paris.

De son côté, le peintre-graveur André Jacquemin aime aussi venir à Coutainville pour visiter des parents à lui, les Mentz. Ceux-ci fréquentent régulièrement la famille Domergues, et c'est par eux qu'il fait la connaissance de Simone. En ce mois d’août 1932, André parle à Simone de son ami Louis-Joseph, qu’il a rencontré lors de son service militaire. Ils se sont retrouvés au service géographique de l'armée car ils sont tous les deux graveurs. Depuis qu’ils sont revenus de là-bas, ils continuent de se voir régulièrement. André loue la superbe technique de gravure de Louis-Joseph et promet d’emmener Simone à sa prochaine exposition pour qu’elle admire d’elle-même ses œuvres.

De retour à Paris, André emmène effectivement Simone au vernissage d’une exposition de la Jeune Gravure Contemporaine à laquelle sont exposées des gravures de Louis-Joseph, mais quand ils arrivent, celui-ci est déjà parti. Quelques semaines plus tard, il y a un nouveau vernissage à la Galerie Simonson, et cette fois André réussit à présenter Simone à Louis-Joseph. Mais celui-ci, plutôt que de parler art avec Simone, passe la soirée à lui parler cuisine et à disserter sur la meilleure façon d’accommoder la salade aux œufs durs !

Les vacances suivantes, Simone est de nouveau à Coutainville. André et Louis-Joseph débarquent quelques jours dans la petite station balnéaire. Ils sont déguisés en femmes et les deux compères mettent la pagaille sur la plage ! En soirée, lorsque la nuit commence à tomber, les habitants de Coutainville ont l'habitude de se promener en famille sur la digue longeant la plage. Mais un soir, les braves bourgeois de Coutainville aperçoivent avec frayeur deux squelettes qui s’agitent le long du rivage où déferlent les vagues ! Ce sont en fait Soulas et Jacquemin qui se sont habillés en noir et ont collé sur leurs vêtements des os en carton blanc !

Après ces quelques jours de farces, dont une corrida sur la plage dans laquelle Soulas et Jacquemin se sont également déguisés en taureau, il est temps de rentrer à Paris. Le matin de son départ, Louis-Joseph vient sous les fenêtres de Marguerite pour lui demander avec beaucoup de sérieux s’ils peuvent se revoir quand elle reviendra à Paris, et il lui donne rendez-vous sur le parvis de Notre Dame… La suite nous ramène en ce 2 mai 1933 au mariage de mes grands-parents !

Et quelques mois plus tard, André Jacquemin épousera Andrée Poncelet la meilleure amie de Marguerite !

Et vous ? Comment vos grands-parents se sont-ils rencontrés ?


Sources :
- Merci Papa !
- Détails racontés par ma grand-mère à Jack CHARGELEGUE, pour ses « Notes pour une biographie »  parues dans « Hommage à L.-J. SOULAS » édité par « Les Amis de SOULAS », Paris 1959

dimanche 3 août 2014

Le dimanche 3 août 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire

C'est toujours un plaisir de redonner un visage à l'un de ses ancêtres ! Grâce à la photo de famille que je vous présente aujourd'hui, nous avons pu donner un visage à Eugénie BADUEL, la mère de Sylvain DOMERGUES et l'épouse de Pierre DOMERGUE

Marie Adèle Eugénie BADUEL est née le 20 mai 1852 à Paris 6ème du mariage de Pierre BADUEL et Marie Elisabeth LEROY. Le 5 mai 1874 elle épouse Pierre DOMERGUE à Paris 5ème. Ils auront cinq enfants : Marc (1875-1889), Marie (1876-1950), Sylvain bien sûr (1878-1972), Jeanne (1881-1972), et Germaine (1889-1972). En vous écrivant cela, je note que Sylvain, Jeanne et Germaine sont tous les trois décédés en 1972 à plus de 80 ans. En regardant de plus près les dates, Germaine est décédée le 20 octobre à Paris 14ème, Sylvain le 4 novembre à Paris 12ème, et Jeanne le 5 novembre à Viry-Chatillon... Triste coïncidence...

Pour en revenir à la photographie, elle présente Eugénie BADUEL, son mari et ses enfants, ainsi que certains de ses petits-enfants, et d'autres personnes, les LUREAU que je n'ai pas encore pu rattacher à la famille. 

La Famille DOMERGUE(S)
Archives familiales

Je sais que la soeur d'Eugénie, Mathilde, s'est mariée avec un Silvain LURAUD, qui pourrait donc être l'homme en haut à droite. Et son fils Léon serait donc le cousin de Jeanne, Marie et Germaine.

Sylvain DOMERGUES, le fils d'Eugénie et mon arrière-grand-père, ne figure malheureusement pas sur la photo. Peut-être est-il derrière l'objectif ?!



dimanche 27 juillet 2014

Le dimanche 27 juillet 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire

Pierre DOMERGUE est le père de Sylvain dont je vous parlais dans mon article précédent de la Semaine 29 de 52 Ancêtres en 52 Semaines. Pierre est né a Aurillac le 28 septembre 1851 du mariage de Pierre DOMERGUE et Marie BASTIDE. Il est parti s'installer à Paris sans doute vers 1870. En fait, il a fait comme beaucoup d'auvergnats de l’époque qui montaient à Paris pour trouver du travail. On les appelait les "bougnats". Bien sûr, il n'y a pas eu à cette époque que des migrations d'auvergnats : les alsaciens, les bretons et bien d'autres sont aussi venus à Paris à la recherche d'une vie meilleure. Je n'ai pas trouvé vraiment d'informations sur Internet à propos de ces migrations sur Internet. Si certains d'entre vous ont des sources d'information sur ce sujet, je serai contente d'en prendre connaissance !

En attendant, voici ce que j'ai appris sur la présence des auvergnats à Paris. Au XIXème siècle, lorsque l'eau courante n'existait pas encore à Paris, les auvergnats étaient porteurs d'eau. Ils fournissaient les parisiens en eau qu'ils montaient dans les immeubles dans des seaux ou en tonneaux. Certains se spécialisaient même dans le transport de l'eau chaude ! 

Porteurs d'eau à Paris (1862)
Source : http://bouges.lescigales.org/index.php?page=porteurs-d-eau-aveyronnais

Avec les travaux du Baron Haussmann dans les années 1860 et l’arrivée de l'eau courante dans les immeubles parisiens, les auvergnats se reconvertissent alors dans le charbon. C'est de là que viendrait leur surnom de bougnats, contraction de "charbon" et "auvergnat", ou encore "charbougna" étant la prononciation auvergnate de "charbonnier".

Mais dans les actes d'Etat civil, rien n'indique que Pierre ait été porteur d'eau ou ait travaillé dans le charbon. Il est plutôt dans le bâtiment : en 1874, je le retrouve comme commis de chantier dans son acte de mariage avec Eugénie BADUEL.

A son mariage avec Eugénie, Pierre demeure au 68 boulevard Mazas à Paris 12ème (qui sera renommé boulevard Diderot en 1879). Le 12ème arrondissement était bien le quartier des auvergnats, car tout simplement, ceux-ci arrivaient par la gare de Lyon depuis l'Auvergne et restaient donc habiter à proximité de celle-ci. Au début, j'ai cru que Pierre avait rencontré Eugénie de par ses racines auvergnates. En effet, Eugénie est née à Paris, mais son père Pierre BADUEL est aussi un auvergnat. Cependant, quelques recherches plus tard, je me suis rendue compte que Pierre et Eugénie sont en fait cousins ! La grand-mère paternelle de Pierre est aussi la grand-mère paternelle d'Eugénie ! Elle s'est mariée avec le grand-père de Pierre puis avec le grand-père d'Eugénie. Cela fera l'objet d'un article plus détaillé !

De 1875 à 1889, Pierre et Eugénie ont 5 enfants. En 1889, je les retrouve domiciliés au 33 rue de Buffon dans le 5ème. En 1902, ils habitent au 42 quai Henri IV dans le 4ème. Mais pendant la guerre, la famille retourne habiter à Aurillac.

La dernière photographie que j'ai de Pierre date de 1933 lors du mariage de sa petite-fille Marguerite DOMERGUES avec Louis-Joseph SOULAS :


Pierre Domergue à gauche en 1933
Archives familiales

Pierre décède le 22 juin 1939 à Paris 12ème. Il est enterré au cimetière d'Ivry-sur-Seine au sud de Paris. Mon père l'a peu connu mais il est resté dans la mémoire de la famille comme le Vieux Pépéio.


Sources et liens intéressants :
Article sur les Auvergnats de Paris : http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article359
Définition Wikipedia de bougnat : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bougnat
Un article très intéressants sur les porteurs d'eau à Paris : Porteurs d'eau aveyronnais - http://bouges.lescigales.org/index.php?page=porteurs-d-eau-aveyronnais

dimanche 20 juillet 2014

Le dimanche 20 juillet 2014 par Marine S dans ,    2 commentaires

Mon arrière-grand-père Sylvain Raymond DOMERGUES est né le 20 octobre 1878, du mariage de Pierre DOMERGUE et Eugénie BADUEL. Les DOMERGUE (ou DOMERGUES) sont des auvergnats originaires d'Aurillac dans le Cantal. Le père de Sylvain est arrivé à Paris avant son mariage sans doute vers 1870 et s'y est installé pour travailler dans le bâtiment. Sylvain naît donc à Paris dans le 12ème arrondissement chez ses parents au 68 boulevard Mazas (aujourd'hui boulevard Diderot).

En 1898, Sylvain est conscrit à Paris au 4ème bureau sous le matricule 3528. J'ai retrouvé ces informations sur le site des Archives numérisées de Paris qui ont mis en ligne les Tables listant par ordre alphabétique les conscrits recensés à Paris. En donnant le nom et la classe de son ancêtre, on est dirigé vers la partie de la liste susceptible de nous intéresser pour chacun des cinq bureaux de recrutement, reste à consulter chacune des cinq listes pour retrouver son ancêtre, si l'on ne connaît pas le numéro du bureau dans lequel il a été enregistré (les bureaux sont rattachés à une zone géographique de Paris et sa banlieue).
Ensuite, après avoir envoyé un email à dac.archives@paris.fr, les Archives de Paris peuvent envoyer la fiche matricule par courrier moyennant quelques euros. J'en suis à cette étape !

Sylvain se marie le 4 octobre 1902 à Paris 12ème avec Thérèse SCHAFFUSER. Lors de son mariage, il habite chez ses parents au 42 Quai Henri IV dans le 4ème, et il est "employé d'industrie". Selon un extrait de la revue Sociétés Contemporaines (2004) sur Cairn.info, le métier d'employé d'industrie est à distinguer du métier d'ouvrier. Les deux métiers diffèrent selon : la base du calcul du salaire (horaire pour les ouvriers ou mensuel pour les employés), le vêtement (cols bleus ou cols blancs), l’espace de travail (l’atelier ou le bureau), et le caractère manuel ou non-manuel de l’activité. Même si cette revue est contemporaine, cette différence entre l'ouvrier et l'employé d'industrie est sans doute aussi valable en 1900...

Le premier enfant de Sylvain et Thérèse, Andrée, naît le 12 décembre 1903. Quatre ans après, ma grand-mère Marguerite naît le 5 septembre 1907 à Paris 8ème. Mais le 13 décembre 1910, Thérèse décède à seulement 31 ans, en mettant au monde leur troisième enfant, Pierre. Sylvain reçoit l'aide de sa famille pour élever les enfants : ses parents qui habitent a Paris et la Tante Berthe qui fera leur éducation. D'autant plus que quatre ans après, la Grande Guerre éclate. Sylvain est mobilisé dans le Régiment d'Infanterie Territoriale au moins de juillet 1914 à novembre 1916 (à confirmer grâce à sa fiche matricule). En 1916, il est sergent fourrier dans le 93ème Régiment d’Infanterie Territoriale, dans la 10ème compagnie.

En attendant d'obtenir sa fiche matricule, voici une photographie de Sylvain soldat sans doute pendant la Première Guerre Mondiale. En bas, il est écrit à la main "Le Général en chef" !


Sylvain Domergues, soldat pendant le Guerre 14-18

Au moment de la naissance de Marguerite (1907) et au décès de Thérèse (1910), la famille habite au 35 rue de Saint-Pétersbourg et Sylvain est toujours "employé d'industrie". Mais au mariage de sa fille Marguerite en 1933, Sylvain est entrepreneur de maçonnerie, et il a déménagé au 30 rue Charles Baudelaire. Mon père a bien connu l'appartement de son grand-père Sylvain rue Charles Baudelaire. Il était au 2ème étage d'un bel immeuble parisien, avec vue sur le square Armand Trousseau. Sylvain possédait une voiture, ce qui était encore rare dans les années 1940-1950, et il avait aussi une maison de vacances à Coutainville dans la Manche. Mon père m'a aussi dit que l'entreprise de maçonnerie de Sylvain était située rue de Buffon, en bordure du Jardin des Plantes. Avec son associé nommé Monsieur Malaur, ils avaient fait construire avec leurs économies deux immeubles rue Caillaux dans le 13ème, ce qui assura à Sylvain sa retraite.

Sylvain était toujours très élégant et bien habillé, avec des chaussures et une cravate, même quand il ne sortait pas. Il décède le 4 novembre 1972 à Paris 12ème au 6 rue Lamblardie où il habitait avec sa dame de compagnie. A son décès, dans la matinée, il avait ses chaussures bien cirées, sa cravate et son épingle de cravate en or !

Sylvain Domergues en 1972


dimanche 13 juillet 2014

Le dimanche 13 juillet 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire

Lorsque j'ai commencé les recherches généalogiques sur la branche GOSSELIN-CAREL, je ne connaissais que Clotilde CAREL dont je vous parlais la semaine dernière. Son acte de mariage en 1855 m'a indiqué les noms de ses parents, Tranquille CAREL et Clotilde BEUX. Clotilde étant née à Vittefleur en 1826, j'y ai orienté mes recherches et ai retrouvé l'acte de mariage des ses parents le 7 avril 1825.

J'y apprend que Tranquille Jacques CAREL est né le 3 juin 1804 à Saint-Sylvain en Seine Maritime du légitime mariage de Jacques CAREL et Catherine GEORGES. En 1825, dans son acte de mariage, il est indiqué comme ayant la profession de charretier.

J'ai alors recherché les enfants du couple, mais je n'ai pas trouvé d'autres enfants à Vittefleur. Je retrouve alors la famille à Canouville où 5 enfants naissent de 1828 à 1835, puis à Butot-en-Caux à partir de 1837 où le couple aura encore 3 enfants jusqu'au décès de Clotilde BEUX en 1843.

Quelques années plus tard, j'ai découvert que Tranquille se remarie avec Bibienne GUEROUT le 17 février 1849 à Butot-en-Caux et qu'il a une fille de ce mariage, Pascalle, née en 1849. En continuant mes recherches dans les tables décennales pour y trouver d'autres enfants ou un acte de décès, je retrouve le mariage de la fille de Tranquille et Bibienne en 1870 à Vénesville. Et là surprise, sur l'acte de mariage, il est indiqué que Tranquille est décédé à la maison centrale de Gaillon dans l'Eure le 4 novembre 1857. Il est aussi précisé que son décès figure dans l'état civil de la commune de Vénesville le 28 janvier 1858. Décédé en prison... uhm...


Extrait de l'acte de mariage de Pascalle CAREL
Archives Départementales de Seine Maritime -  4E 07694 - Page 5.

Je retrouve alors l'acte de décès dans l'Etat Civil de Gaillon et la retranscription à Vénesville. Mais cela me ne dit pas pourquoi Tranquille s'est retrouvé à la maison centrale de Gaillon, ni comment il y est décédé à l'âge de 53 ans. Sur l'acte de mariage de Clotilde sa fille en 1855 il n'est pas indiqué qu'il est en prison à cette époque. Sur l'acte, il est indiqué comme étant entrepreneur de routes, il a donc été incarcéré entre 1855 et 1857.

La prochaine étape quand je rentre en France est donc de m'attaquer pour la première fois aux archives judiciaires, que l'on trouve aux archives départementales sous la série U (pour la période après la Révolution). Par contre, vu qu'il habitait Vénesville en Seine Maritime mais a été incarcéré à Gaillon dans l'Eure, je ne sais pas trop dans quelles archives départementales chercher.

Je me suis tout de même renseignée sur la maison centrale de Gaillon qui est en fait un château datant du XVIème siècle et reconverti en prison en 1812. Le blog Patrimoine carcéral (http://patrimoinecarceral.blogspot.sg/2013/03/gaillon-et-son-chateau-une-maison.html) indique qu'au cours de l’an IX un décret a proclamé la création de centres pénitenciers qui sont appelés à partir de juin 1802 « Maisons centrales de détention ». Suivant le mouvement de mise en place de prisons par l’Empereur Napoléon, la création d’une centrale pour l’Eure, l’Eure-et-Loir, la Seine-Inférieure, le Calvados, la Somme et l’Orne est décrétée le 16 juin 1808. Le département de l’Eure est choisi pour sa position géographique. Le préfet est alors désigné pour proposer une liste de bâtiments permettant d’accueillir à moindres frais l’établissement pénitentiaire. Ecartant les projets d’installation dans les anciens bâtiments monastiques de Bonport, de Saint-Sauveur et des Jacobins d’Evreux, le ministre de l’Intérieur choisit le 4 février 1809 le site de Gaillon pour sa position centrale par rapport à la zone concernée.

Le Château de Gaillon

"Patrimoine carcéral" précise également que le profil des condamnés est très large. Se retrouvent à Gaillon les hommes, les femmes et les enfants sans distinction de délits (beaucoup pour vols) mais dont la peine est supérieure à 1 an (entre 2 et 5 ans en général). On trouve très peu de condamnés à la réclusion. Voilà qui est rassurant !