mercredi 26 mars 2014

Le mercredi 26 mars 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire

La semaine dernière, je vous ai introduit la famille GRÉJON en la personne d'Amélie GRÉJON, mon arrière-arrière-grand-mère. Je vous ai également dit que cette famille avait fait l'objet d'une étude poussée de la part de cousins généalogistes. Aujourd'hui, je vais vous parler de mon très lointain ancêtre Etienne GRÉJON (sosa 1088). Même si je sais peu de choses sur sa vie, vous raconter ce que je sais de lui me permettra de vous parler de manière plus générale des GRÉJON et d'une terrible histoire qui a traversé les générations.

Etienne GRÉJON est né le 17 mars 1669 à Josnes où naîtra, trois siècles (et sept générations) plus tard, Amélie. La famille GRÉJON est en effet fortement implantée dans le village de Josnes dans le Loir-et-Cher. Les parents d'Etienne sont Moïse GRÉJON, vigneron, et Elisabeth BOULLAYS.


Première particularité, le 25 août 1694, Etienne épouse Anne, GRÉJON également. A vrai dire, à Josnes, les familles sont toutes imbriquées les unes dans les autres. C'est la seule branche de mon arbre où cela est aussi flagrant : les GRÉJON épousent des COSSON, des NOURISSON ou des SÉJOURNÉ... quand ils ne se marient pas entre eux ! Les prénoms sont peu variés, entre Moïse, Etienne, François, Anne, Marie, et il est difficile de s'y retrouver.

Aucune surprise alors, que le frère cadet d'Etienne, Isaac (sosa 1140), soit également mon ancêtre... tout comme son demi-frère, Abraham (sosa 2246), et sa demi-soeur, Anne (sosa 1129), nés du premier mariage d'Elisabeth BOULLAYS avec Jacob MARTIN, ou encore ses cousins germains, Etienne BOULLAYS (sosa 1130) et Noël COSSON (sosa 552) !

Bref, la commune de Josnes mériterait bien un dépouillement systématique comme celui que réalise Olivier, l'auteur du blog Aide Généalogie pour remettre de l'ordre dans tout cela, et dans ma tête aussi. J'en profite pour lui faire un peu de publicité, car son projet de dépouillement des registres paroissiaux de la commune de Béthisy-Saint-Pierre l'amène à redécouvrir l'histoire des habitants et leurs interactions, ce que l'on rate en se concentrant uniquement sur les membres de sa famille. Il en profite de temps en temps pour narrer des tranches de vies dans le village et donner aux habitants une vraie dimension humaine.

Ce beau projet me permet justement de vous introduire le frère d'Etienne, Moïse GRÉJON. Celui-ci a en effet fait l'objet, non pas d'un article de blog, mais d'un roman historique, que l'un des cousins dont je vous parlais au début de cet article, a écrit. Les GRÉJON sont des protestants, et notre Etienne GRÉJON vit justement à l'époque des persécutions des huguenots. En effet, il est âgé de 16 ans lors de la révocation de l'édit de Nantes. 

Pour ceux qui sont un peu fâchés avec l'histoire de France, c'est Louis XIV qui a révoqué, donc annulé, le 18 octobre 1685, l'édit de Nantes instauré par Henri IV. Cet édit de Nantes, promulgué en 1598 et appelé aussi "l'édit de tolérance", accordait aux protestants des droits de culte et des droits politiques, et mettait fin aux guerres de religions. Sa révocation par Louis XIV entraîne l'interdiction du protestantisme en France. Beaucoup de protestants s'exilent, d'autres doivent renier leur religion (on dit "abjurer") pour éviter la mort.


Dans son roman, La Claie d'Infamie, l'écrivain Gérard BOUTET raconte alors comment Moïse GRÉJON, son ancêtre, et le frère d'Etienne, a refusé de renier sa religion protestante au moment de son décès en 1724. Le curé du village a alors monté un procès posthume pour hérésie contre lui. Son corps fut exhumé et exposé sur la place du village. Je pense que Gérard BOUTET a dû également travailler sur les dépouillements des registres d'Etat Civil, sur les archives familiales et les archives du village, pour écrire ce roman passionnant basé sur des faits réels. Il a d'ailleurs écrit d'autres romans dans la même ligne, comme Les Mariés de Tournai qui raconte, toujours à la même époque, comment des huguenots ont voyagé hors de France pour se marier selon leur religion.

Etienne GRÉJON quant à lui décède en 1726, deux ans après son frère. Il aura donc également vécu le drame terrible dont son frère fut victime, et qui a marqué toutes les générations descendantes de la famille. Peut-être fut-il lui-même inquiété par le curé de Josnes...

Pour l'Histoire avec un grand H, il faudra attendre 1787, soit près d'un siècle pour qu'un nouvel "édit de tolérance" soit établi par Louis XVI...

Cela me plairait beaucoup d'arriver un jour à ce degré de connaissance pour pouvoir faire revivre mes ancêtres dans leur village et leur contexte historique le temps d'un roman ! Et vous ?


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