mercredi 16 avril 2014

52 Ancestors : #15 Louise Madelaine


Les deux dernières semaines, nous avons fait connaissance des grands-parents maternels de ma grand-mère maternelle, Marcelle. Pour ceux qui n'ont pas lu leur histoire, celle-ci vaut vraiment le détour car ils ont gagné leur maison grâce à un concours ! Cette semaine est consacrée à la mère de Marcelle, Louise MADELAINE, qui est aussi la femme de Marcel DONAT-MAGNIN que je vous ai présenté lors de la Semaine 3 de 52 Ancestors in 52 Weeks.

Louise Suzanne MADELAINE est née le 11 décembre 1893 au Havre, du mariage de Louis MADELAINE et Clémence BOUGON. C'était une jeune femme avec beaucoup d'élégance. Son rêve de jeune fille était de devenir chanteuse, elle avait même choisi son nom de scène : "Loulou Madelina" ! Mais le destin en décida autrement. Elle fut embauchée comme demoiselle de compagnie chez les REINHART, une riche famille de négociants havrais. Elle accompagnait Madame REINHART faire ses emplettes, s'occupait de ses tenues, lui faisait la lecture. C'est chez les REINHART qu'elle fait la connaissance de Marcel DONAT-MAGNIN qui travaille aussi chez eux en tant que chauffeur mécanicien.

Ils se marient le 28 octobre 1916 au Havre et leur petite Marcelle naît 9 mois plus tard, le 4 août 1917 au Havre. Mais lors de la Grande Guerre, Marcel a contracté une maladie chronique pulmonaire. La famille part alors habiter dans le sud, à Nice. Mais l'air du sud n'y fait rien, et Marcel y décède en février 1920. Louise se retrouve seule avec sa petite fille de 2 ans et demi. 

Louise et sa fille Marcelle
Source : Archives familiales

Louise Madelaine après le décès de son mari
Source : Archives familiales


Louise reste quelques temps à Nice. Elle est courtisée par le patron des tramways niçois qui souhaite l'épouser. Ma grand-mère n'a jamais compris pourquoi elle n'avait pas accepté, car il était beau et cultivé et avait une bonne situation ! Sans doute en mal de sa famille, Louise retourne au Havre où elle reçoit le soutien de sa soeur aînée Marianne qui tient un petit commerce. Le 7 janvier 1927, Louise se remarie avec Marcel LEMOINE, mécanicien d'origine rouennaise. Celui-ci a déjà été marié deux fois, divorcé de son premier mariage et veuf de son second, dont il a une petite fille Odette née au Havre le 31 juillet 1921 et qui a donc 4 ans de moins que Marcelle. Marcelle profitera peu de cette nouvelle compagnie, car Odette décédera à l'âge de 8 ans, le 11 octobre 1929 au Havre chez son père 15 rue Montesquieu d'une maladie des poumons. 

Au Havre, Louise tient successivement magasins et épiceries, dont l'une d'elle "La Ruche" se trouvait Place Thiers... Mais en 1939, la Seconde Guerre Mondiale éclate. C'est le moment de l'exode pour Louise, son mari Marcel, et sa fille Marcelle qui s'est mariée et a deux enfants en bas âge. Ils quittent le Havre pour le sud, emmenant ce qu'ils peuvent, et notamment les couverts en argent auxquels Louise tenait beaucoup. Louise, Marcelle et les enfants sont conduits par un collègue du mari de Marcelle resté au Havre, tandis que Marcel part avec l'argenterie en taxi. Ils se sont donné rendez-vous pour se retrouver du côté d'Honfleur et continuer la route ensemble. Mais arrivé à Honfleur, Marcel dans sa hâte oubliera l'argenterie dans le taxi ! Encore une anecdote qui a traversé les générations pour arriver jusqu'à nous ! J'imagine bien la fureur de Louise à chaque fois que Marcel la racontait. 

Vers 1942, la famille revient habiter en Normandie et s'installe à Vautuit, un tout petit village près de Doudeville dans le Pays de Caux. La guerre est toujours là alors Louise se réfugie d'abord à l'école de Vautuit, puis dans une chaumière normande héritée de la famille de Marcel. Louise et Marcel y vivront jusqu'à leur mort. Louise s'occupe de soigner les gens du village et chante dans le choeur de l'église. Mais comme elle vient de la ville, les paysans disent qu'elle est une sorcière, et les bigotes la renvoient de la chorale car elle a épousé un homme divorcé ! 

Louise décède la première au Havre le 28 janvier 1959 où elle est enterrée au cimetière Sainte-Marie. Louise n'a pas eu une vie facile. Mais malgré la perte de son premier mari qu'elle n'a jamais oublié, elle était une femme optimiste et avec beaucoup d'humour !   


Louise Madelaine à Vautuit
Source : Archives familiales

1 commentaire:

  1. De nouveau une belle histoire. Merci à toi de mettre Loulou Madelina sur le devant de la scène ;-)

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