lundi 28 avril 2014

Le lundi 28 avril 2014 par Marine S dans , , ,    Pas encore de commentaire

Cette semaine, revenons du côté de la branche SOULAS, en la prenant cette fois par le haut ! Si l'on remonte la lignée agnatique (de père en fils) SOULAS, voici ce que l'on obtient à partir de mon grand-père Louis-Joseph :

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Antoine SOULAS (1763-1830)
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Antoine SOULAS (1687-1739)
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Antoine SOULAS (1663-1728)
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Jacques SOULAS

Jacques SOULAS (Sosa 1024) est le plus lointain ancêtre de la branche SOULAS que j'ai pu retrouver. J'ai eu la chance de pouvoir remonter pas à pas la piste des SOULAS uniquement dans les registres d'Etat Civil de la commune de Coinces dans le Loiret, que la famille n'a jamais quittée. Mais ma piste s'arrête lors du mariage de Jacques avec Andrée FAVELLE le 1er février 1649 à Coinces


Acte de mariage de Jacques Soulas et Andrée Favelle
Source : Registres de la Mairie de Coinces

Sur l'acte de mariage, il est indiqué que Jacques est originaire de la paroisse de Gidy, à 9 kilomètres de Coinces. Mais pour la première fois sur cette branche, les parents ne sont pas indiqués. L’origine de la mariée Andrée FAVELLE, de Lignerolles, explique que le mariage ce soit tenu à Coinces. Lignerolles est en effet un hameau faisant partie de la commune de Coinces. Sept enfants ont été retrouvés pour le couple (aussi grâce à Bigenet et Geneanet), nés de 1650 à 1666. Les quatre aînés sont nés à Gidy (entre 1650 et 1659), et les trois derniers sont nés à Patay (entre 1661 et 1666), signe que le couple aurait habité Gidy puis aurait déménagé à Patay vers 1660.

Mais à partir de l'acte de mariage, j'ai eu beau me creuser la tête, impossible de retrouver un indice vérifiable pour remonter la branche avant 1649. Il faut dire que le but de mes recherches sur la branche SOULAS est de pouvoir trouver un lien de parenté entre les SOULAS de tous les villages autour de Coinces. Pourquoi ? Selon les dires de bouche à oreille, la famille SOULAS serait protestante, originaire de la région de Toulouse, et aurait fuit vers le nord avec les protestants lors des guerres de religion. A l'époque où la famille s'est installée du côté de Coinces, il ne devrait donc y avoir que quelques SOULAS à l'origine de toute la descendance de la zone Coinces-Patay-Gidy.

Au cours de mes recherches, j'ai ainsi pu identifier trois branches SOULAS principales et pour l'instant sans relation prouvée de parenté :

  • La branche SOULAS-FAVELLE : issue de mon ancêtre Jacques SOULAS (?-Apr. 1686) de Gidy marié à Andrée FAVELLE en 1649 à Coinces : 868 descendants, dont 139 portent le nom de famille SOULAS
  • La branche SOULAS-BEZARD : issue de Jacques SOULAS (?-?) marié à Etiennette BEZARD en 1667 à Coinces : 73 descendants dont 52 portent le nom de famille SOULAS
  • La branche SOULAS-FLEURY : issue de Claude SOULAS (1611-1665) de Gidy marié à Marie FLEURY : 65 descendants dont 40 portent le nom de famille SOULAS


Je m'interroge alors sur l'identité de Jacques SOULAS marié à Etiennette BEZARD le 17 janvier 1667 à Coinces. Lui non plus n'a pas de parents indiqués sur son acte de mariage. Enfin, sur l'acte de mariage, est cité comme témoin un Guillaume FAVELLE de Lignerolles. 

Il se trouve que le dernier enfant connu d'Andrée FAVELLE est né en 1666. Et selon un généalogiste sur Geneanet, il semblerait qu'Andrée ait eu un frère nommé Guillaume. Voilà alors mon hypothèse : mon ancêtre Jacques aurait pu se remarier avec Etiennette BEZARD après le décès de sa première femme, et ainsi pratiquement tous les SOULAS de Coinces des générations postérieures seraient descendants du seul Jacques SOULAS.

J'aimerais pouvoir revérifier sur les actes de naissance des enfants des deux couples si je peux trouver un indice, car malheureusement à l'époque où j'ai fait mes premières recherches, je n'ai pas eu le réflexe de noter toutes les informations venant des actes de SOULAS qui n'étaient pas directement reliés à ma branche. Je m'étais aussi beaucoup aidée de ce formidable outil qu'est Bigenet, mais qui n'indique que les dates des actes et les parents, mais pas les témoins. C'est pourquoi j'attends beaucoup de la suite de la mise en ligne des Archives Départementales du Loiret, pour reprendre proprement le dépouillement... et peut-être pouvoir un jour remonter une génération de plus dans la branche SOULAS !



lundi 21 avril 2014

Le lundi 21 avril 2014 par Marine S dans ,    Pas encore de commentaire

Continuons notre voyage dans la branche des MADELAINE. Jean MADELAINE est le grand-père de Louis MADELAINE, ce généreux ouvrier qui a gagné sa maison familiale grâce au concours du journal Le Havre-Eclair !

Je vous parle aujourd'hui de Jean, car c'est de lui qu'est né le nom de famille MADELAINE... en 1798 ! Comment ? Eh bien c'est une intéressante découverte que j'ai faite il n'y a pas si longtemps en trouvant l'acte de mariage de Jean avec Rose BILLETTE le 26 mai 1820 à Formigny dans le Calvados. Sur cet acte, il est noté que Jean est le fils naturel de Madeleine... DE COEUR ! On a donc donné à Jean le nom de famille correspondant au prénom de sa mère.


Acte de mariage de Jean Madelaine avec Rose Billette
Source : Archives départementales du Calvados en ligne - Page 507


On rencontre souvent chez les enfants abandonnés un prénom en guise de nom de famille (saint du jour, prénom du parrain ou de la marraine...). Mais sur l'acte de mariage de Jean, on voit que Madeleine DE COEUR a consenti au mariage de son fils. Bien que portant un nom différent de celui de sa mère, Jean n'aurait donc pas été abandonné. 

L'acte de naissance de Jean, le 20 septembre 1798 à Véret (commune rattachée plus tard à Formigny) ne nous indique rien de plus sur les raisons pour lesquelles Jean ne s'est pas appelé Jean DE COEUR. Les témoins sont Jean LEFEBVRE, 41 ans, cultivateur à Véret et Marie Anne VINCENT, 21 ans, du Tronquay, accompagnés de Marie DESDOUTILLE, veuve LEBRETON âgée de 76 ans et demeurant à Véret. Jean LEFEBVRE pourrait-il être le père de l'enfant ? Le fait qu'ils aient le même prénom est-il un indice ?

Sur l'acte, il est également indiqué que Madeleine DE COEUR, 28 ans, est originaire de Saint-Laurent-sur-Mer à 3 km de Formigny, et est accouchée chez son père à Véret. Elle ne s'est donc pas cachée dans un autre village que celui où elle habite pour donner naissance à Jean, comme cela pouvait être le cas lors de naissances d'enfants naturels. 


Acte de naissance de Jean Madelaine
Source : Archives départementales du Calvados en ligne - Page 36


A noter que lorsque Jean décède à 83 ans à Formigny le 28 mai 1880, il est appelé "Jean MADELAINE, dit LE COEUR" sur son acte de décès.

Si l'on revient sur l'acte de mariage de Jean, on constate que la femme de Jean, Rose BILLETTE, est elle-même fille naturelle de Marie BILLETTE. Et lorsque je suis remontée dans la branche DE COEUR (ou LE COEUR), j'ai retrouvé que le père de Madeleine DE COEUR était lui-même le fils naturel d'une Catherine LECOEUR. Ce qui nous donne l'enchaînement ci-dessous pour arriver jusqu'à Louise MADELAINE dont je vous parlais la semaine dernière :


Catherine LECOEUR
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Jean LECOEUR (1729-?)
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Madeleine LE COEUR (1767- Apr. 1820)
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Jean MADELAINE (1798-1880)
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Jean Louis MADELAINE (1833-1903)
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Louis MADELAINE (1860-1936)
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Louise MADELAINE (1893-1959)


Pour approfondir mon enquête sur Jean, il faudrait que j'épluche l'Etat Civil de Formigny pour voir si Madeleine a eu d'autres enfants naturels,  et pour rechercher des informations sur Jean LEFEBVRE et son lien avec Madeleine... Mais malheureusement, j'ai bien peur qu'avec deux générations d'enfants naturels, l'ascendance de Jean MADELAINE reste très incomplète !

mercredi 16 avril 2014

Le mercredi 16 avril 2014 par Marine S dans ,    1 commentaire

Les deux dernières semaines, nous avons fait connaissance des grands-parents maternels de ma grand-mère maternelle, Marcelle. Pour ceux qui n'ont pas lu leur histoire, celle-ci vaut vraiment le détour car ils ont gagné leur maison grâce à un concours ! Cette semaine est consacrée à la mère de Marcelle, Louise MADELAINE, qui est aussi la femme de Marcel DONAT-MAGNIN que je vous ai présenté lors de la Semaine 3 de 52 Ancestors in 52 Weeks.

Louise Suzanne MADELAINE est née le 11 décembre 1893 au Havre, du mariage de Louis MADELAINE et Clémence BOUGON. C'était une jeune femme avec beaucoup d'élégance. Son rêve de jeune fille était de devenir chanteuse, elle avait même choisi son nom de scène : "Loulou Madelina" ! Mais le destin en décida autrement. Elle fut embauchée comme demoiselle de compagnie chez les REINHART, une riche famille de négociants havrais. Elle accompagnait Madame REINHART faire ses emplettes, s'occupait de ses tenues, lui faisait la lecture. C'est chez les REINHART qu'elle fait la connaissance de Marcel DONAT-MAGNIN qui travaille aussi chez eux en tant que chauffeur mécanicien.

Ils se marient le 28 octobre 1916 au Havre et leur petite Marcelle naît 9 mois plus tard, le 4 août 1917 au Havre. Mais lors de la Grande Guerre, Marcel a contracté une maladie chronique pulmonaire. La famille part alors habiter dans le sud, à Nice. Mais l'air du sud n'y fait rien, et Marcel y décède en février 1920. Louise se retrouve seule avec sa petite fille de 2 ans et demi. 


Louise et sa fille Marcelle
Source : Archives familiales

Louise Madelaine après le décès de son mari
Source : Archives familiales


Louise reste quelques temps à Nice. Elle est courtisée par le patron des tramways niçois qui souhaite l'épouser. Ma grand-mère n'a jamais compris pourquoi elle n'avait pas accepté, car il était beau et cultivé et avait une bonne situation ! Sans doute en mal de sa famille, Louise retourne au Havre où elle reçoit le soutien de sa soeur aînée Marianne qui tient un petit commerce. Le 7 janvier 1927, Louise se remarie avec Marcel LEMOINE, mécanicien d'origine rouennaise. Celui-ci a déjà été marié deux fois, divorcé de son premier mariage et veuf de son second, dont il a une petite fille Odette née au Havre le 31 juillet 1921 et qui a donc 4 ans de moins que Marcelle. Marcelle profitera peu de cette nouvelle compagnie, car Odette décédera à l'âge de 8 ans, le 11 octobre 1929 au Havre chez son père 15 rue Montesquieu d'une maladie des poumons. 

Au Havre, Louise tient successivement magasins et épiceries, dont l'une d'elle "La Ruche" se trouvait Place Thiers... Mais en 1939, la Seconde Guerre Mondiale éclate. C'est le moment de l'exode pour Louise, son mari Marcel, et sa fille Marcelle qui s'est mariée et a deux enfants en bas âge. Ils quittent le Havre pour le sud, emmenant ce qu'ils peuvent, et notamment les couverts en argent auxquels Louise tenait beaucoup. Louise, Marcelle et les enfants sont conduits par un collègue du mari de Marcelle resté au Havre, tandis que Marcel part avec l'argenterie en taxi. Ils se sont donné rendez-vous pour se retrouver du côté d'Honfleur et continuer la route ensemble. Mais arrivé à Honfleur, Marcel dans sa hâte oubliera l'argenterie dans le taxi ! Encore une anecdote qui a traversé les générations pour arriver jusqu'à nous ! J'imagine bien la fureur de Louise à chaque fois que Marcel la racontait. 

Vers 1942, la famille revient habiter en Normandie et s'installe à Vautuit, un tout petit village près de Doudeville dans le Pays de Caux. La guerre est toujours là alors Louise se réfugie d'abord à l'école de Vautuit, puis dans une chaumière normande héritée de la famille de Marcel. Louise et Marcel y vivront jusqu'à leur mort. Louise s'occupe de soigner les gens du village et chante dans le choeur de l'église. Mais comme elle vient de la ville, les paysans disent qu'elle est une sorcière, et les bigotes la renvoient de la chorale car elle a épousé un homme divorcé ! 

Louise décède la première au Havre le 28 janvier 1959 où elle est enterrée au cimetière Sainte-Marie. Louise n'a pas eu une vie facile. Mais malgré la perte de son premier mari qu'elle n'a jamais oublié, elle était une femme optimiste et avec beaucoup d'humour !   


Louise Madelaine à Vautuit
Source : Archives familiales

mardi 8 avril 2014

Le mardi 8 avril 2014 par Marine S dans ,    9 commentaires


Cette semaine, la ville du Havre est en effervescence ! Les résultats du concours du journal local, Le Havre-Eclair, sont sur le point d'être publiés. Le concours récompensera la famille qui sera désignée comme étant la plus méritante du Havre et cette famille remportera alors un formidable prix... une maison ! 

C'est M. BONNET de VILLER qui est le généreux donateur de la maison, la Villa du Havre-Eclair, surnommée pour l'occasion "la Villa du Bonheur". Il l'avait lui-même gagnée grâce à un premier concours du Havre-Eclair, consistant à trouver les mots manquants dans un feuilleton publié dans le journal. Mais M. BONNET de VILLER, inspecteur général des Douanes, avait déjà une confortable maison au Havre, et c'est pour cela qu'il avait demandé à ce que la maison revienne à une famille méritante plutôt qu'à lui.

Louis MADELAINE et sa femme Clémence (née BOUGON) ont tenté leur chance à ce concours. Nous sommes en 1905, mariés depuis 24 ans, ils habitent avec leurs 9 enfants dans un petit appartement au 8 rue de la Gare. Louis est depuis 3 ans le cocher du directeur de l'Usine à Gaz, ce qui lui rapporte 4 Francs 50 par jour. C'est mieux que son précédent métier de charretier, mais cela ne suffit pas à bien nourrir toute cette famille car le salaire de domestique de Clémence est aussi très bas. Mais il est important pour eux que leurs enfants aient une bonne éducation. La famille nombreuse a pris l'habitude de trouver des économies dans chaque action de leur vie quotidienne. C'est pour cela qu'ils ont déménagé du 12 rue Demidoff au 8 rue de la Gare, c'est plus loin du travail de Louis, mais le loyer annuel de 200 Francs y est moins élevé. Louis fait aussi des heures supplémentaires en promenant également les "demoiselles du directeur", ce qui lui permet de gagner 1 Franc 50 de plus. Mais il termine souvent tard et doit rester dormir à l'écurie... Quant à Clémence, grâce à ses talents de couturière, sans doute hérités de sa mère qui était tisserande, elle confectionne elle-même les habits des enfants, simples mais élégants, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous ! 

Sur cette photo, Louis et Clémence sont entourés de leurs enfants : de gauche à droite, Ernestine (1891-1982), Eugène (1887-1954), Marianne (1882-1966), Georges (1885-1961), Albert (1889-1962), Louise (1893-1959) mon arrière-grand-mère, et assis : Louis MADELAINE (1860-1936) avec Emile (1898-1918), Clémence BOUGON (1864-1949) avec Marie (1902-1964), et à droite de Clémence : Jules (1896-1917).


La famille Madelaine - 1905
Archives familiales

Le vendredi 13 octobre 1905, le gagnant est annoncé ! La veille, la commission chargée de l'attribution de la villa s'était réunie avec pour but d'attribuer la villa à l'ouvrier candidat le plus méritant, étant le chef d'une famille nombreuse, et s'étant engagé à habiter la maison. Six mille candidats avaient tenté leur chance, il fallut éliminer ceux qui n'étaient pas des ouvriers, ceux qui n'étaient pas chefs de famille. Au final, la commission dut départager deux candidats, et c'est M. BONNET de VILLER qui les départagea en attribuant son vote à... Louis MADELAINE !


Première page du journal le Havre-Eclair du vendredi 13 octobre 1905
Source : Bibliothèque Armand Salacrou, Le Havre

Quelle joie et quelle surprise pour la famille ! Le vendredi après-midi, à 15h, ils sont invités à se rendre à la villa pour la visiter. Louis, Clémence et leur fille aînée Marianne découvrent alors la belle maison en pierre toute neuve avec six pièces et sur deux étages, qui sera désormais leur foyer. C'est Louis qui ouvre lui même la barrière pour faire entrer tout le monde. Ils découvrent alors le jardin où ils pourront faire un potager, et l'intérieur de la maison, avec son élégant escalier et son balcon. Clémence est très émue, quel énorme changement dans leur vie ! Ils vont pouvoir vivre un peu plus à leurs aises que dans leur petit appartement, et les 200 Francs de loyer pourront servir pour l'éducation des enfants, les MADELAINE ont encore du mal à réaliser ce qui leur arrive.


Extrait du journal le Havre-Eclair du dimanche 15 octobre 1905
Source : Bibliothèque Armand Salacrou, Le Havre

Dans les jours qui suivent, Louis écrit deux lettres, à M. BONNET de VILLER et au journal Le Havre-Eclair :


M. Bonnet de Viller, 92 rue du Lycée, Le Havre
Monsieur, 
Je ne sais comment vous exprimer ma reconnaissance pour le bonheur que ma famille doit à votre générosité. Nous ne sommes que de pauvres gens qui peinons beaucoup pour élever nos enfants et en faire de bons citoyens et de braves ménagères, mais si nous ne connaissons pas les mots capables de traduire notre gratitude, nous saurons apprécier les bienfaits et nous garderons toujours le souvenir de celui que nous vous devons. Grâce à vous, nos enfants pourront se développer et se fortifier au grand air. C'est un bienfait dont nous comprenons toute la valeur. Et nous pourrons encore, grâce à vous, économiser sur l'argent que nous consacrions à notre loyer, pour leur donner plus d'instruction et plus de bien être. C'est de toutes les conséquences de votre générosité que nous vous remercions vivement. Vos voeux sont comblés puisque vous aviez voulu faire une famille d'heureux, et cette famille, néanmoins, sera beaucoup la vôtre, car elle vous devra la santé et la prospérité. Croyez que nous n'oublieront jamais ce bienfait. Veuillez agréer, monsieur, nos sentiments respectueux et l'expression de la gratitude de toute ma famille. 
Louis Madelaine



Monsieur le Directeur du Havre-Eclair
Monsieur le Directeur,
Lorsque j'ai commencé le concours du Havre-Eclair, j'étais loin d'espérer qu'un jour je serais le gagnant de la Villa. Mon ambition d'ouvrier modeste n'allait pas jusque-là. Mais aujourd'hui, grâce à la générosité du gagnant, M. Bonnet de Viller, nous voilà devenus propriétaires, ma femme et moi, d'une maison familiale, située en bon air, très commode et spacieuse. Je me rends compte que si ma famille doit cette bonne fortune au généreux donateur et à la commission qui m'a désigné, nous la devons aussi au Havre-Eclair. Et c'est au Havre-Eclair que j'envoie aussi mes remerciements et l'expression de ma gratitude, puisque c'est à lui que je dois de voir mes charges de famille si lourdes diminuées par un logement gratuit en pleine campagne et près de mon travail. Nous nous montrerons dignes du choix de la commission et nous continuerons à élever nos enfants pour en faire de bons Français. Veuillez agréer, monsieur le directeur, pour vous et pour le Havre-Eclair, l'expression de notre reconnaissance et nos salutations respectueuses.
Louis Madelaine

Le 19 octobre, les clés de la villa sont remise à Louis et sa famille. Il est décidé que la villa adoptera définitivement son surnom de "Villa du Bonheur" et que les entrepreneurs reviendront la semaine suivante pour graver officiellement ce nom sur la maison !

Les MADELAINE vivront d'heureuses années dans la Villa du Bonheur, que seule la Grande Guerre viendra troubler en emportant Jules et Emile, Morts pour la France. 



Louis et Clémence quelques années plus tard devant leur Villa du Bonheur
Archives familiales

Louis et Clémence dans la calèche
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Mes parents sont retournés chercher la maison pour voir si elle existait toujours, et en effet elle n'a pas bougé ! Cette maison est en fait la première qui fut bâtie sur le Plateau de Frileuse au Havre. Point de départ du quartier qui est aujourd'hui bien urbanisé, la maison, elle, est toujours flambant neuve, comme au premier jour !


La Villa du Bonheur - Le Havre, 2014


Sources :
- Le Havre-Eclair du 13/10/1905
- Le Havre-Eclair du 15/10/1905
- Le Havre-Eclair du 20/10/1905
- Le Paris-Normandie du 08/12/1965 où l'on trouve une interview de Marianne (exemplaire découvert grâce aux très sympathiques habitants actuels de la maison)


mardi 1 avril 2014

Le mardi 1 avril 2014 par Marine S dans ,    3 commentaires

Il y a un deux mois déjà, je vous parlais du père et des grand-parents paternels de ma grand-mère Marcelle DONAT-MAGNIN, avec en prime un petit voyage en Suisse. Cette semaine je reviens vers Marcelle pour vous présenter sa grand-mère maternelle, la normande Clémence BOUGON.

Clémence Françoise BOUGON est née le 2 avril 1864 à Eletot, un petit village de Seine Maritime. Ses parents sont Jean François BOUGON, journalier et Marie Augusta SAUNIER, tisserande. Entre 1864 et 1881, la famille déménage au Havre. En 1881, ils habitent au 51 rue Ferdinand.

Le 14 octobre 1881, Clémence épouse Louis Eugène MADELAINE au Havre. Ils auront 10 enfants, de 1882 à 1902. Ma grand-mère Marcelle aimait me raconter la vie de sa grand-mère qu'elle avait très bien connue, car elle avait 32 ans lorsque Clémence décède le 5 février 1949 au Havre. 

Ma grand-mère adorait sa grand-mère, elle m'a toujours dit que Clémence était une femme formidable et très généreuse ! Les MADELAINE n'étaient pas une famille riche. Sur leur acte de mariage, il est indiqué que Louis est charretier et Clémence est domestique. Et je me souviens d'ailleurs d'une anecdote que ma grand-mère m'a raconté concernant l'arrivée de Clémence pour la première fois comme domestique dans une famille. Au déjeuner, on lui avait apporté une sardine. La jeune domestique Clémence qui ne devait pas avoir plus de 15 ans l'avait bien décortiquée proprement en s'appliquant à lever les petits filets de sardine pour les manger. Comme elle attendait la suite du repas, sa patronne lui avait dit que cette seule sardine constituait en fait tout son repas ! Alors elle avait mangé tout le reste de sardine qu'elle avait initialement laissé de côté !

Ma grand-mère aimait bien nous raconter cette anecdote quand nous étions petites (peut-être était-ce lorsque nous faisons les difficiles devant un plat ?!). Je la revois encore mimer Clémence dévorant sa sardine en oubliant toutes les bonnes manières dont elle avait fait preuve en levant les filets. J'espère pouvoir un jour raconter cette anecdote à mes petits-enfants pour qu'elle saute encore une génération ! 

Tandis que replacer ses ancêtres dans leur contexte historique nous donne des informations sur leur environnement et leurs conditions de vie, je trouve que les anecdotes nous apportent en plus une vision de leurs traits de caractère, de leur humour... une vision plus personnelle qui ne peut vivre que grâce au bouche à oreille. Ces anecdotes sont les trésors de notre quête généalogique !



Clémence BOUGON et Louis MADELAINE
Archives familiales

Même si je ne suis pas très prolixe aujourd'hui sur la vie de Clémence, ne vous inquiétez pas, je vous réserve encore de belles surprises, et notamment la semaine prochaine, avec son mari Louis et l'événement formidable qui a marqué leur vie !

[NB : Je viens de me rendre compte que je publie cet article un 1er avril ! La coïncidence avec la sardine est tout à fait fortuite !]