samedi 31 mai 2014

Le samedi 31 mai 2014 par Marine S dans    6 commentaires

ANCÊTRES 
n.m. 1. Membres de notre famille ayant vécu avant nous et que l'on recherche sans fin de jour comme de nuit. 2. Arboriculture Feuilles tombées d'un arbre et que l'on cherche à raccrocher aux branches pour les faire revivre.








vendredi 30 mai 2014

Le vendredi 30 mai 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire

Dans la famille SOULAS je voudrais... Antoine SOULAS, cultivateur à Coinces, baptisé le 18 juillet 1663 à Patay dans le Loiret, fils de Jacques SOULAS et d'Andrée FAVELLE, mes plus lointains ancêtres de la branche SOULAS, marié à Louise ROBINET le 25 novembre 1686 à Coinces, et décédé le 12 février 1728 à Coinces.

Pourquoi parler d'Antoine aujourd'hui ? Eh bien à vrai dire je n'ai pas plus d'informations sur lui que les dates ci-dessus, mais figurez-vous qu'il y a quelques jours j'ai reçu par Geneanet le message d'un généalogiste qui m'a fait part de notre cousinage grâce au couple Antoine SOULAS et Louise ROBINET ! Mais ce n'est pas tout, ce généalogiste avait en fait découvert mon blog et était allé faire un tour sur ma page "Recherches à faire aux archives". Il est alors allé aux Archives Départementales du Loiret à Orléans pour rechercher les informations que je souhaitais retrouver là-bas ! C'est un bon coup de pouce qu'il m'a donné là (notamment en m'apprenant que les registres d'Etat civil de Coinces ne sont pas disponibles aux archives après 1902, et qu'il faut donc aller directement en mairie si je souhaite les consulter...).

Ainsi notre ancêtre commun Antoine, ayant vécu dans les années 1680 me permet quatre siècles plus tard de faire des avancées généalogiques, à 11000 kilomètres de son lieu de vie ! Merci donc à lui et à mon cousin généalogiste qui m'a apporté de précieuses informations !

Alors à tous les généalogistes qui hésitent encore à se lancer, créez un blog pour y partager vos découvertes ! Vous aurez peut-être un jour une belle surprise comme celle que j'ai eue !


mercredi 21 mai 2014

Le mercredi 21 mai 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire

Vous l'aviez vu dans un précédent article, il y a pas mal de Pierre et d'Antoine dans ma branche SOULAS. Donc rassurez-vous je ne radote pas, le Pierre SOULAS de cette semaine 20, est bien distinct du Pierre SOULAS de la semaine 19, c'est son grand-père en fait !

Le Pierre SOULAS dont je vous parle aujourd'hui a été baptisé le 5 mai 1735 à Coinces dans le Loiret, né du légitime mariage d'Antoine SOULAS et Marguerite FAUCHEUX. Pierre se marie le 18 juillet 1757 à Coinces avec Marie VINCENT. Ils ont 5 enfants de 1758 à 1765, dont un seul garçon, mon ancêtre Antoine SOULAS. Pierre décède le 11 octobre 1819 à Coinces. Je n'ai pas plus d'informations sur lui, mais je me souviens avoir vu sur son acte de mariage qu'il avait été Maire du village de Coinces. C'était au début de mes recherches et à cette époque je n'avais pas eu le réflexe de prendre en photo le précieux acte !


Faisons maintenant appel à notre imagination, pour resituer Pierre SOULAS dans une époque qu'il a vécue... celle de la Révolution Française ! Pierre est un cultivateur à Coinces près d'Orléans. La fin des années 1780 n'a pas été bonne pour les cultivateurs, et en ce dimanche 13 juillet 1788 c'est le drame quand un terrible orage s'abat sur la Beauce et détruit en quelques heures les récoltes. Dans les mois qui suivent, des émeutes éclatent dans de nombreuses villes à cause du prix élevé du pain et du risque de famine. 



Le tiers état supportant la noblesse et le clergé
Gravure révolutionnaire issue de nos livres d'histoire
Un petit état des lieux du Royaume de France en 1788 : la société est divisée en trois ordres, la noblesse, le clergé et le tiers état (ce dernier représentant 97% de la population). Il existe de fortes différences de privilèges et d'impôts, entre et même au sein de ces ordres (notamment entre bourgeois et paysans au sein du tiers état). Bref, la politique en France n'est pas unifiée et la société est stagnante.

Pour résoudre la crise financière due aux dettes du Royaume, Louis XVI convoque le 8 août 1788 les trois ordres à une assemblée extraordinaire, les Etats généraux. Cette convocation souffle une vague d'espoir chez le tiers état qui espère que cette assemblée sera le point d'entrée pour une réforme sociale (les derniers Etat généraux dataient de 1614... c'est pour dire si cela était exceptionnel). 

Les Etats généraux sont prévus pour le 5 mai 1789. Auparavant, en janvier, chaque ordre élit ses représentants : environ 1000 députés dont plus de la moitié pour le tiers état. A la campagne, il est élu deux députés par 100 feux (foyers) et au-dessous, et trois au-dessus de 200 feux.  Le village de Coinces comporte 150 feux, donc deux députés sont élus : Louis FAUCHEUX et Léonard LUSSERAU.


Le 1er mars, Pierre, en tant que syndic de la municipalité de Coinces, se rend dans la salle municipale de Saint-Péravy-la-Colombe pour une assemblée exceptionnelle sous la présidence de Simon POIGNARD, notaire royal au bailliage d'Orléans. Pierre est accompagné d'une poignée d'autres habitants de Coinces, notamment Pierre MULLARD dont le fils Antoine s'est marié avec sa fille Aimable en 1784, et de Jacques FAVELLE dont le fils Jacques a aussi épousé sa fille Marie Françoise en 1782, et dont la fille Marie Louise a épousé son fils Antoine en novembre dernier.


Extrait du procès verbal de l'assemblée issu des Cahiers de doléances du bailliage d'Orléans par Camille Bloch

L'assemblée aboutit à la réaction d'un cahier de doléances pour la commune de Coinces du bailliage d'Orléans, dans lequel les représentants des habitants du village de Coinces proposent une liste de réformes nécessaires, et réclament notamment la suppression de la gabelle, de la dîme ecclésiastique, et une meilleure répartition des impôts... Ces demandes sont à peu près les mêmes dans chaque village, des modèles de cahiers ayant été diffusés en amont. Les députés doivent ensuite aller se réunir à Orléans pour compiler les cahiers de doléances en un seul et désigner certains d'entre eux qui voteront enfin pour les députés qui se rendent aux Etats généraux. 

La suite dépasse le petit village de Coinces. Les Etats généraux s'enchaînent sur la création, le 27 juin 1789, d'une Assemblée nationale constituante qui marque le début de la Révolution. Tout juste un an et un jour après le terrible orage qui a détruit les récoltes, la Bastille est prise, puis tout va très vite, les privilèges sont abolis, une assemblée est créée qui va lancer une série de réformes (création des départements, suppression de la dîme...). En 1792, le département d'Orléans vendit les biens de l'Eglise, dans la campagne, certains cultivateurs purent enfin racheter la terre qu'ils exploitaient.
 

Mais en 1792, vient aussi la guerre contre l'Autriche, et avec elle les réquisitions d'hommes et de blé, dont le prix avait triplé en deux ans. Des commissaires venus de Paris, de l'armée et d'Orléans vinrent faire en masse des réquisitions de blé, ce qui provoqua un mécontentement des cultivateurs. Pour ruser, les municipalités délivraient l'ordre de réquisition par écrit, et les cultivateurs disaient qu'ils ne savaient pas lire !

Voici à ce sujet mon anecdote phare sur Pierre SOULAS, issue du Cahier de doléances du bailliage d'Orléans et que je vous retranscris littéralement :


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Procès verbal de la municipalité de Coinces (6 novembre 1793) 

Le 4, les commissaires du département l’avaient requise de livrer, la semaine suivante, 448 mines de blé, et de faire à cet effet, des visites domiciliaires. Pierre Soulas, ancien maire, s'est trouvé avoir 24 ou 25 mines battues, il n'avait que deux personnes à nourrir. Il accepta de livrer 10 mines. Mais il refusa de les livrer quand la voiture vint les prendre et le lendemain, s'obstina "disant que nous n'avions pas le droit d'exiger du blé de fui et des autres particuliers". Il se forma un rassemblement "comme pour nous faire front, nous disant que quand ils verraient les commissaires de la force armée, ils leur parleraient".


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Le sans-culotte
Les archives ne m'ont pas encore révélé ce qu'il était advenu de Pierre SOULAS après cet événement. Je ne saisis d'ailleurs pas tout le sens de ce texte. La dernière citation est-elle une déclaration de Pierre pour le procès verbal où il dit qu'on l'a menacé d'user la force pour réquisitionner le blé ? Une visite aux Archives pour retrouver l'original du procès verbal s'avère nécessaire !

Pour conclure, Pierre ne mérite peut-être pas le titre de "révolutionnaire", comme on se l'imagine le pic à la main et portant le bonnet phrygien, mais j'aime à penser qu'il n'a pas eu peur de faire entendre sa voix pour lutter contre les injustices, en tant que maire et lors de son "coup de gueule" de 1793.


Sources
- Pour les événements historiques racontés dans cet article : Patay au cours des siècles par l'Abbé Michel Gand, très intéressant pour mieux se faire une idée de l'histoire d'un village de campagne
- Pour aller plus loin sur la Révolution Française : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise
- Pour l'épisode à l'assemblée du 1er mars 1789 et la rébellion de Pierre SOULAS : Cahiers de doléances du bailliage d'Orléans pour les États généraux de 1789 par Camille Bloch, disponible sur https://archive.org/details/dpartementdulo01blocuoft



lundi 19 mai 2014

Le lundi 19 mai 2014 par Marine S dans , ,    1 commentaire

En fait, mon article de cette semaine s'inscrit également dans la lignée d'articles concernant mon grand-père et dans ma soif de petites études sur les relations entre les individus, comme celle comparant mon grand-père et mon employeur. Ici, la relation sera plus flagrante, mais elle vaut la peine d'être notée car c'est une question qui m'a été plusieurs fois posée par ma famille. Et en prime, je vais même en profiter pour faire un petit point technique sur les degrés de parenté !

Mais avant cela, partons de Pierre Prosper Antoine SOULAS, l'arrière-grand-père de Louis-Joseph SOULAS mon grand-père.

Pierre SOULAS est né le 2 décembre 1802 à Coinces dans le Loiret, du mariage d'Antoine SOULAS avec Marie Louise FAVELLE. Il se marie avec Magdeleine Esther SOTTEAU le 8 juillet 1834 à Villereau à une trentaine de kilomètres de Coinces, d'où est originaire Magdeleine. Le couple vivra dans la ferme familiale du hameau de Lignerolles à Coinces où naîtront leurs quatre enfants de 1835 à 1841. Je sais très peu de chose sur la vie de Pierre, si ce n'est qu'il était cultivateur et vigneron comme son père et son grand-père... et tous les autres SOULAS avant lui ! Il décède assez jeune le 8 mars 1851 à l'âge de 49 ans à son domicile à Lignerolles. 

Pierre SOULAS a une particularité, ce cultivateur beauceron est l'ancêtre commun à deux artistes : mon grand-père Louis-Joseph qui était peintre-graveur et François SOULAS également peintre-graveur. Et c'est une relation de parenté que j'ai retrouvée il n'y a pas si longtemps. Nous savions dans la famille qu'il y avait une relation entre eux, mais François n'apparaissait pas sur l'arbre généalogique. C'est maintenant chose faite grâce aux Archives d'Orléans en ligne qui m'ont permis de consulter les Tables Décennales et les recensements jusqu'en 1912 et retrouver le lien manquant entre la branche de François et la nôtre :





François et Louis-Joseph sont donc cousins au... euh... mais à quel degré au fait ?

Déjà il faut définir de quel type de degré l'on parle, car en fait, il existe deux types de degré en parenté : le degré de parenté en droit canon et le degré de parenté en droit civil


Le degré de parenté en droit canon

Le droit canon est l'ensemble des lois adoptés par les autorités catholiques pour le gouvernement de l'Eglise et ses fidèles. Le degré de parenté en droit canon a été utilisé par l'Eglise pendant l'Ancien Régime pour identifier la consanguinité entre deux personnes. 

Pour calculer le degré de parenté en droit canon entre deux personnes, il faut regarder pour chaque personne, sa distance avec l'ancêtre commun. 
Par exemple, un père et un fils sont parents au 1er degré, tout comme un frère et une sœur, alors que des cousins germains sont parents au 2ème degré. Pour deux personnes qui ne sont pas de la même génération descendante, le degré de parenté s'exprime selon la forme suivante : "cousins du xème au xème degré".

Pour Louis-Joseph et François, cela donne cela :


Calcul du degré de parenté en droit canon

Selon le droit canon, François SOULAS et Louis-Joseph SOULAS sont donc cousins du 4ème au 3ème degré.


Pour en revenir à l'utilité de ce degré pour l'Eglise, c'est sur ce degré de parenté que s'appliquent les interdictions de mariage sous l'Ancien Régime. En effet, jusqu'au XIIIème siècle, l'Eglise interdit les mariages entre deux cousins jusqu'au 7ème degré inclus. Puis à partir de 1215, cette interdiction se réduit en interdisant le mariage aux cousins seulement jusqu'au 4ème degré inclus. Mais deux tourtereaux ayant les mêmes arrière-arrière-grands-parents ne pouvaient donc pas se marier !


S'ils avaient quand même une forte volonté de se marier, il leur fallait demander une "dispense  de consanguinité", à l’Evêque s'ils étaient liés au 3ème ou 4ème degré, ou plus rarement au Pape pour des dispenses du 2ème degré. Les dispenses pouvaient être accordées par exemple à cause du manque d'habitants dans le village lorsque les deux cousins pouvaient avoir des difficultés à se marier avec quelqu'un n'étant pas de leur famille.


Le degré de parenté en droit civil

Le degré de parenté en droit civil existe depuis le début du XIXème siècle et est notamment celui utilisé aujourd'hui dans les successions.

Pour calculer le degré de parenté en droit civil entre deux personnes, il faut suivre dans l'arbre généalogique le chemin entre ces deux personnes : de la première en remontant jusqu'à l'ancêtre commun puis en redescendant jusqu'à la deuxième. Le nombre de génération entre les deux personnes en passant par l'ancêtre commun est le degré de parenté.

Pour Louis-Joseph et François, cela donne cela :


Calcul du degré de parenté en droit civil

Selon le droit civil, François SOULAS et Louis-Joseph SOULAS sont donc cousins au 7ème degré.

De manière plus générale, le schéma suivant est bien pratique pour voir d'un coup d'oeil les degrés de parenté en droit civil :
Degrés de parenté en droit civil

Aujourd'hui la loi française interdit les mariages entre frères et soeurs, entre parents et enfants (même en cas d'adoption), et entre beaux-parents et gendre ou belle-fille. Par une dispense obligatoire de la part du Président de la République, il est possible de se marier avec son oncle ou sa tante, son neveu ou sa nièce, ou encore entre beaux-parents et gendre ou belle-fille dans le cas où le mariage initial est dissout par le décès de l'un des époux. En tout cas, selon la loi française, il est possible de se marier entre cousins.

Quant à l'Eglise, elle a aujourd'hui adopté le calcul du degré de parenté en droit civil, pour lequel le 4ème degré réduit donc l'interdiction de mariage jusqu'aux cousins germains (là encore une dispense très exceptionnelle peut être accordée).


Et voilà, la suite demain j'espère pour rattraper mon retard avec un autre Pierre SOULAS !

Et pour ceux qui veulent aller plus loin sur les degrés de parenté et notamment leur représentation, voici un article très intéressant que j'ai trouvé en me documentant :
Le droit enseigné par l'image : illustrer les degrés de parenté par la Bibliothèque Universitaire de Lyon



jeudi 15 mai 2014

Le jeudi 15 mai 2014 par Marine S dans ,    3 commentaires

En attendant mon article de la Semaine 19 de 52 Ancêtres en 52 Semaines, voici un petit essai biographico-généalogique sur lequel j'ai travaillé ces deux dernières semaines, dans la lignée de mon dernier article sur mon grand-père. Quelle relation peut-il y avoir entre mon grand-père et mon employeur ? Que vous la trouviez exagérée ou plausible, voici ma théorie !

Tout à commencé il y a deux semaines. Voilà un peu plus d'un mois maintenant que j'ai retrouvé une activité professionnelle chez les Parfums Christian Dior à Singapour. Tout se passe très bien mais ma mission est partagée entre Hong Kong et Singapour et j'attendais avec impatience que mon chef de Hong Kong vienne me voir à Singapour pour, avait-il dit, "m'introduire à la Maison Dior". Arrive enfin le jour de sa visite durant laquelle il me fait alors une présentation passionnée de Dior, la maison, ses valeurs, mais surtout son créateur : le grand couturier Christian Dior (1905-1957). Premier déclic, Christian Dior est né la même année que mon grand-père, en 1905. Il est décédé également jeune, en 1957, tandis que mon grand-père est décédé trois ans plus tôt, en 1954. J'apprendrais lors de recherches complémentaires qu'il est également décédé d'une crise cardiaque. Bon, mais une coïncidence de dates et de cause de décès, c'est un peu tiré par les cheveux comme relation... 

Dior (à gauche) et Soulas (à droite)
Mon chef me raconte alors la vie de Christian Dior. Né à Granville en Normandie, Dior part s'installer à Paris après la Première Guerre Mondiale. Mon grand-père quant à lui, quitte son Orléanais natal en 1918 pour venir étudier la gravure sur bois à Paris. Ce que je ne savais pas, c'est que Christian Dior, avant d'être un grand couturier, fut marchand d'art. Et il ouvrit ainsi une première galerie parisienne en 1928. 1928, c'est l'époque à laquelle mon grand-père commence à exposer ses oeuvres dans des galeries et à illustrer de nombreux livres... 

Pendant une dizaine d'années, Dior vivra de la vente de tableaux et de ses propres croquis de robes et de chapeaux qui auront de plus en plus de succès, alors que Soulas dans son atelier rue de Vaugirard travaillera avec passion et acharnement en illustrant de très nombreux romans, et en obtenant de plus en plus de succès : Grand prix du Ministère des Affaires Etrangères, Grand Prix de la gravure à l'Exposition Internationale de Varsovie, Prix de la jeune gravure, participations régulières au Salon d'Automne, des Indépendants, et au Salon National Indépendant, sélection pour représenter la gravure française à la Biennale de Venise en 1938. En 1938, il est également nommé directeur de l'Ecole des Beaux-Arts d'Orléans, et il y enseigne la gravure sur bois, sur cuivre, et le dessin. 1938, c'est l'année où Dior est engagé comme modéliste et dessinateur chez le grand couturier Robert Piguet où il présente ses premières collections.


L'un trace les sillons bruts en hommage au métier et la terre de ses ancêtres

L'autre trace les silhouettes d'une nouvelle mode féminine

Mais la Seconde Guerre Mondiale arrive, Dior est mobilisé un an, Soulas restera plus longtemps, prisonnier puis rapatrié à Orléans en 1941. Pour les deux hommes, l'après-guerre est la consécration. Soulas grave et illustre pour Alfred Jarry, Maurice Genevoix... En 1946, Dior crée sa maison de haute couture au 30 rue Montaigne à Paris, et en 1947 il bouleverse la mode de l'après-guerre avec son premier défilé et le "New Look".


A gauche une dame élégante de Dior, à droite les paysans beaucerons de Soulas dans Ceux de la Terre

C'est la consécration ! Le 22 octobre 1950, Maurice Genevoix remet à Louis-Joseph Soulas la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur... alors que de son côté Christian Dior reçoit la même année la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur de la part du Ministère du Commerce !

A son décès en 1954, Soulas laisse une oeuvre d'une trentaine d'ouvrages illustrés et de près de cinq cents planches gravées. Quant à Dior, en 1957, sa maison est présente dans quinze pays, emploie plus de deux mille personnes, et assure plus de la moitié des exportations de la couture française.


Le Port de Granville - Burin de LJ Soulas, 1937
Voilà les destins de deux hommes, qui ont beaucoup de points communs. Même si je n'en ai pas la preuve, je me dis qu'il est presque certain qu'ils se sont croisés, dans les galeries d'art parisiennes, au milieu des cercles d'artistes et d'intellectuels de l'époque qu'ils partageaient, chez leurs connaissances communes comme Max Jacob, ou encore à Granville où Soulas allait parfois graver des paysages normands... Une chose est sûre, dès que je rentre en France, je vais à la Bibliothèque Nationale de France pour chercher une exposition ou une galerie où Soulas et Dior auraient pu exposer au même moment !


Un dernier clin d'oeil de mon employeur à mon grand-père, l'usine de production des parfums Christian Dior se trouve depuis les années 1970 sur l'avenue de Verdun à Saint-Jean-de-Braye juste à côté d'Orléans... Saint-Jean-de-Braye dont l'une des avenues parallèles à l'avenue de Verdun s'appelle l'avenue Louis-Joseph Soulas !


Pour en savoir plus sur Christian Dior : www.musee-dior-granville.com

Pour en savoir plus sur Louis-Joseph Soulas : www.ljsoulas.fr

Et pour ceux habitant dans la région d'Orléans, retrouvez des portraits, gravés par Soulas, de paysans dans leur vie quotidienne, lors de l'exposition "Ceux de la Terre" au Musée de l'Artisanat Rural Ancien à Tigy, tous les dimanches et jours fériés de mai et juin 2014 de 14h30 à 18h30 !



mercredi 14 mai 2014

Le mercredi 14 mai 2014 par Marine S   2 commentaires

Eh oui, j'ai glissé sur la deadline 52 Ancestors in 52 Weeks de cette semaine, mais j'espère que vous me pardonnerez... car j'étais là :

Mt Semeru et Mt Bromo sur l'île de Java en Indonésie

Rendez-vous dans quelques jours pour faire connaissance (un peu en retard) avec un nouvel ancêtre Soulas... et en attendant venez faire un tour du côté de la Gazette des Ancêtres sur http://lagazettedesancetres.blogspot.sg/2014/05/une-genealogie-en-52-semaines.html

Merci encore à Sophie pour son article !

mardi 6 mai 2014

Le mardi 6 mai 2014 par Marine S dans , ,    6 commentaires


Louis-Joseph Soulas
Mon grand-père paternel s'appelle Louis-Joseph Soulas. Il était peintre, graveur, illustrateur, poète, écrivain ! Il est décédé en 1954. Je ne l'ai pas connu et pourtant je connais par coeur sa biographie ! Il ne m'a pas raconté d'histoires sur ses genoux quand j'étais petite, mais des histoires écrites par lui j'en ai beaucoup ! Il n'a pas pu m'emmener sur les chemins de la ferme familiale et me raconter pourquoi il aimait tellement sa terre de Beauce, mais il m'a transmis cet amour par ses gravures qui subliment passionnément les champs de blé et les villages beaucerons ! 

Alors aujourd'hui je ne vais pas vous faire sa biographie, d'autres l'ont fait mieux que moi. Je vais vous laisser contempler un chemin dans les blés, ce chemin qu'il a tracé avec son burin dans le cuivre, disait-il, comme son "père labourait la terre avec sa charrue". Cette pureté, cette finesse, cette émotion transmise à chaque trait. 


Le Sentier vers les Fermes - LJ Soulas - Burin, 1943

Et puis je vais quand même lui laisser le dernier mot, avec son propre portait, parce que s'il était encore là, avec son humour légendaire, il vous l'aurait mimé et nous aurions bien ri !


Portrait de Soulas par Soulas

"Ton regard d'énorme bouledogue
ta trogne monumentale
ta tête énorme de courge
sur laquelle brillent les deux perles
de tes yeux fureteurs et malins
ton maintien lourd et pesant
font penser à un hippopotame
qui aurait longtemps séjourné
dans la crypte d'une cathédrale romane
ou encore à un empereur romain de la décadence
ou plus simplement
à une monstrueuse truffe
sur laquelle se serait ébréché
le groin d'un vieux cochon du Périgord"