dimanche 31 août 2014

Le dimanche 31 août 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire

Souvent, les professions des femmes ne sont pas indiquées dans les actes d'Etat civil. Lorsque le métier du mari est "cultivateur" ou "journalier", on imagine que son épouse fait la même chose.

Marie BASTIDE est une de mes ancêtres pour laquelle l'Etat civil m'a indiqué un métier, celui de limonadière ! Le mot "limonadière" me fait penser à une petite caravane colorée vendant des boissons pétillantes. Mais bien entendu, la réalité du métier de limonadière en 1800 n'est pas vraiment similaire... 

Marie BASTIDE est née le 16 avril 1823 à Chazelles dans le Cantal, du mariage de Bernard BASTIDE et Elisabeth DEBRON. J'ai eu du mal à faire mes recherches sur Marie. En effet, mon point de départ était l'acte de mariage de son fils, mon arrière-grand-père Pierre DOMERGUE, né à Aurillac en 1851 du mariage de Marie avec un autre Pierre DOMERGUE. C'est cet acte de mariage qui m'avait permis d'identifier Marie, dont j'avais pu retrouver l'acte de décès le 18 novembre 1884 à Aurillac. 

Sur son acte de décès, sa naissance était indiquée dans la commune de Montchamp dans le Cantal et son âge à son décès était de 62 ans. Selon la soustraction qu'il ne faut pas faire : 1884 moins 62 ans, et sous peine de me faire réprimander par les experts généalogistes, j'en avais déduit que Marie était née vers 1822-1823. Seulement, après avoir parcouru en long en large et en travers les registres de Montchamp bien au-delà de la période 1822-1823, je ne trouvais aucune trace de sa naissance. Cependant, je trouvais à Montchamp deux autres BASTIDE nés de Bernard BASTIDE et Elisabeth DEBRON. Mes recherches m'amenèrent à découvrir que Bernard BASTIDE était lui-même originaire de Chazelles non loin de Montchamp. En consultant le registre de Chazelles, j'ai alors trouvé une Marie BASTIDE, fille de Bernard BASTIDE et Elisabeth DEBRON, née le 16 avril 1823. De quoi être sûre à 80% que j'avais retrouvé la naissance de ma Marie BASTIDE. 

Restait à confirmer son ascendance par son acte de mariage que je n'avais trouvé ni à Aurillac et désormais ni à Montchamp ou à Chazelles. Grâce à Ancestry, j'ai retrouvé Marie à Paris (Charonne) lors de son mariage le 13 mai 1843 avec Pierre DOMERGUE. Mais il s'agit là de l'Etat civil reconstitué, donc les parents du couple ne sont pas indiqués sur la fiche. Reste donc une preuve finale à trouver pour être sûr à 100% de l'ascendance de Marie.



Fiche de l'Etat civil reconstitué de Paris
Source : Archives de Pais en ligne - V3E/M 44

Pour en revenir au métier de Marie, souvenez-vous de mon article sur la migration des auvergnats à Paris. Je pensais que c'était Pierre DOMERGUE, le fils de Marie et Pierre, qui avait émigré de son Auvergne natale vers Paris pour y trouver du travail. Mais en fait, le mariage de Pierre et Marie à Paris m'a montré que les parents de Pierre étaient partis les premiers pour Paris vers 1840. C'est également à Paris qu'ils ont mis au monde leur premier enfant, Marie Louise, en 1845, avant de rentrer à Aurillac vers 1850. 

Dans mon article sur la migration des auvergnats, je vous avais parlé de la profession de porteur d'eau qui était la profession la plus répandue des auvergnats à Paris. En fait, pour les auvergnats, le métier de limonadier est un peu une évolution sociale par rapport au métier de porteur d'eau. Les limonadiers fabriquaient et vendaient la limonade mais aussi d'autres boissons froides ou chaudes, ou encore alcoolisées car ils avaient le droit de distiller de l'alcool. La définition de "limonadier" sur le site Vieux Métiers redirige vers le métier de "cafetier". Il existait ainsi plusieurs professions plus ou moins proches : limonadier, cafetier, cabaretier, marchand de vin, crieur de café, colporteur de tisane. Ces professions étaient très réglementées. Le cabaretier servait à boire et souvent à manger. Le marchand de vin quant à lui ne pouvait que vendre du vin à emporter et ne pouvait pas servir à boire...


Sources :
- Les limonadiers sur le site France Pittoresque : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1181
- Définition de Cafetier sur Généalogie.com : http://www.genealogie.com/v2/genealogie-en-ligne/ancien-metier.asp?id_metier=14
- Nouveau manuel complet du limonadier, glacier, cafetier et de l'amateur de thés et de cafés par A.M. CHAUTARD (1901) sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2040074/ (plus orienté fabrications des boissons que professions)


dimanche 24 août 2014

Le dimanche 24 août 2014 par Marine S dans , ,    Pas encore de commentaire


Ces dernières semaines, nous avons fait la connaissance de Pierre DOMERGUE et son épouse Eugénie BADUEL. Dans mon article sur Pierre DOMERGUE, nous avons appris que la grand-mère paternelle de Pierre, Louise MALEPRADE, est aussi la grand-mère paternelle d'Eugénie ! 

Louise est née le 27 avril 1791 à Aurillac du mariage de Jean MALEPRADE et Jeanne POUDEROUX. Le 22 janvier 1812 à Aurillac, elle épouse Jean DOMERGUE, originaire d'Arpajon. Ils auront quatre enfants : Jeanne (1813), Françoise (1814), Pierre (1816) et Gabriel (1818). A cette époque, la famille habite au domaine de Bracqueville situé dans la commune d'Aurillac, où Jean travaille en tant que métayer. Mais seulement, lorsque Gabriel naît le 31 août 1818, son père Jean DOMERGUE est décédé, le 4 avril 1818, à seulement 31 ans... 

Veuve avec quatre enfants en bas âge, Louise se marie en secondes noces le 29 avril 1823 à Aurillac avec Pierre BADUEL, aussi originaire d'Arpajon. Ils auront également quatre enfants : Antoine (1824), Pierre (1826), Pierre (1828) et Marie (1831). Sur les actes de naissance des enfants, il est indiqué que la famille vit toujours à Bracqueville, où Pierre travaille en tant que fermier.


Carte de Cassini d'Aurillac avec le domaine de "Bracqueville" au nord est

Louise décède le 25 août 1839 à l'âge de 48 ans à Bracqueville. Lors de son décès, ses deux fils Pierre DOMERGUE et Pierre BADUEL ne sont pas encore mariés, donc Louise n'aura pas la chance de connaître ses petits enfants Pierre DOMERGUE et Eugénie BADUEL. Pierre et Eugénie se retrouveront à Paris dans les années 1870 et se marieront en 1874.





Pierre DOMERGUE et Eugénie BADUEL sont donc cousins au 4ème degré selon le droit civil. Le mariage civil entre cousins au 4ème degré est légal et ne nécessite pas de dispense (voir mon article sur Pierre SOULAS et les degrés de parenté). C'est pourquoi dans leur acte de mariage civil, rien n'indique qu'ils soient cousins. Donc jusqu'à ce que je remonte leurs branches jusqu'à Louise MALEPRADE, je ne savais donc pas qu'ils avaient un lien de parenté !



dimanche 17 août 2014

Le dimanche 17 août 2014 par Marine S dans ,    Pas encore de commentaire

Dans mon dernier article, je vous ai parlé de la rencontre entre ma grand-mère paternelle, Marguerite dite Simone DOMERGUES, et mon grand-père Louis-Joseph SOULAS ! J'aimerais aujourd'hui aborder un autre sujet de la vie de Marguerite lié à son enfance.

Tout au début du Challenge 52 Ancêtres en 52 Semaines, je vous ai parlé de la mère de Marguerite, Thérèse SCHAFFUSER, décédée jeune, à 31 ans, en mettant au monde son troisième enfant avec Sylvain DOMERGUES. C'était en 1910, et Marguerite, la cadette, avait 3 ans. Marguerite a donc très peu connu sa mère. Selon mon père, qui le tenait de sa mère, c'est "la Tante Berthe" et "l'Oncle Kosek" qui ont aidé Sylvain à élever les trois enfants, Andrée, Marguerite et Pierre. 

Mais seulement, nous ne savions pas quels étaient nos liens de parenté avec cette Tante Berthe et cet Oncle Kosek (ou Coseck)... Ils ne figuraient pas dans notre arbre généalogique ! Ma grand-mère Marguerite racontait que la Tante Berthe n'était pas très drôle, elle la laissait devant son assiette d'épinards (elle qui n'aimait pas ça) jusqu'à ce qu'elle ait tout mangé ! D'après ce que Grannie lui avait raconté, mon père se l'imaginait comme la mère Mac'Miche dans Un Bon Petit Diable de la Comtesse de Ségur...

Nous savions également que la Tante Berthe et l'Oncle Kosek possédaient une maison de vacances à Saint-Vaast-la-Hougue dans le nord du Cotentin, où ma grand-mère allait parfois passer les vacances d'été. L'Oncle Kosek, quant à lui, était marchand de fourrure et devait être originaire de l'est. Voilà les quelques informations que nous avions sur eux.

Sylvain avait une soeur Germaine Berthe DOMERGUES (1889-1972) et j'ai donc tout d'abord cru que c'était elle la Tante Berthe. Mais pas de trace de mariage avec un KOSEK... Elle s'était mariée en 1909 avec Albert BERTRAND et avait eu une fille Jacqueline. Mon père me confirma d'ailleurs qu'elle ne s'était mariée qu'une fois et ne pouvait donc pas être la Tante Berthe.

Malgré mes recherches, le mystère restait entier, mais en mars dernier, j'ai retrouvé vraiment par hasard la Tante Berthe et l'Oncle Kosek !

Tout commence avec Pierre BADUEL qui est le grand-père paternel de Sylvain DOMERGUES et donc l'arrière-grand-père de Marguerite DOMERGUES. Pierre BADUEL est né en 1828 à Aurillac dans le Cantal et a émigré à Paris pour y devenir marchand de vin. C'est à Paris qu'il rencontre et épouse Marie Elisabeth LEROY en 1859. En cherchant dans les Archives de Paris, je leur avais trouvé trois filles :
- Marie Mathilde
- Marie Adèle Eugénie dite Eugénie BADUEL dont je vous ai parlé Semaine 31
- Marie Berthe Euphrasie Anastasie

Mais il me manquait les dates de décès de Pierre et Marie Elisabeth, sans doute décédés à Paris ou en région parisienne. J'ai alors testé l'abonnement mensuel Ancestry pour les retrouver. En effet, je trouve que Ancestry est pratique pour des recherches sur Paris car l'abonnement (4.95 €/mois) permet d'accéder aux collections suivantes :

  • Naissances de Paris et Ancienne Seine de 1700 à 1899
  • Décès de Paris et Ancienne Seine de 1707 à 1907
  • Publications des bans de mariage de Paris et Ancienne Seine de 1860 à 1902
  • Mariages de Paris et ses environs de 1700 à 1907
  • Listes électorales de Paris et ses environs en 1891
  • Faire-part de décès de Paris et ses environs de 1860 à 1902


Sur Ancestry, j'ai alors retrouvé la trace du mariage de la plus jeune fille de Pierre, Marie Berthe Euphrasie Anastasie, avec François DROUET-FLEURIZELLE en 1885 à Paris 9ème. Comme je travaillais également au relevé systématique de tous les BADUEL que je pouvais trouver à Paris, j'ai regardé dans les Tables Décennales des mariages de Paris 9ème pour voir s'il y avait d'autres mariages de BADUEL. Le mariage de Marie Berthe Euphrasie Anastasie y figurait bien en 1885, mais il y a avait aussi un autre mariage indiqué à son nom en 1892...

J'ai donc relevé le premier mariage dans le Registre d'Etat Civil en ligne, et en arrivant au deuxième, j'ai eu la surprise de constater que le nom du second mari était... Charles KOCEK !

Acte de mariage de Marie BADUEL et Charles KOSEK
Source : Archives de Paris en ligne - V4E 6239 - Page 23

Noyé au milieu de ses autres prénoms, celui de Berthe ne m'avait pas fait pensé qu'il pouvait s'agir de la Tante Berthe. Mais en effet, Marie Berthe Euphrasie Anastasie était la tante de Sylvain et la grande-tante de Marguerite ! J'avais cherché une tante de Marguerite sans penser que le surnom de "Tante Berthe" pouvait correspondre à une tante de Sylvain.


Lien de parenté entre ma grand-mère et la Tante Berthe

Une énigme qu'il fut plaisant de résoudre ! Comme quoi la généalogie est aussi basée sur beaucoup de chance !


dimanche 10 août 2014

Le dimanche 10 août 2014 par Marine S dans ,    Pas encore de commentaire





Et voilà, nous sommes le 2 mai 1933 et à la sortie de l’Eglise Saint Antoine des Quinze-Vingts dans le 12ème arrondissement de Paris, c’est la fête ! On vient de célébrer l’union de Louis-Joseph Soulas et Simone Domergues. Lui est peintre graveur. Originaire d’Orléans, il n’a que 27 ans mais a déjà acquis une belle notoriété. Elle est une jeune parisienne de 25 ans étudiante aux Beaux-Arts de Paris.

Ils partagent donc la même passion pour l’art, mais c’est par un concours de circonstances qu’ils se sont rencontrés. Nous sommes dans les années 30. Sylvain Domergues possède une jolie maison de vacances à Coutainville, sur les bords de la Manche, et chaque été Marguerite sa fille y passe les vacances. En fait, à l’Etat civil, elle s’appelle Marguerite, mais n’aimant pas ce prénom, elle se fait appeler Simone ! Donc, chaque été, Simone profite de la plage avec sa meilleure amie Andrée Poncelet, rencontrée pendant ses études d'art à Paris.

De son côté, le peintre-graveur André Jacquemin aime aussi venir à Coutainville pour visiter des parents à lui, les Mentz. Ceux-ci fréquentent régulièrement la famille Domergues, et c'est par eux qu'il fait la connaissance de Simone. En ce mois d’août 1932, André parle à Simone de son ami Louis-Joseph, qu’il a rencontré lors de son service militaire. Ils se sont retrouvés au service géographique de l'armée car ils sont tous les deux graveurs. Depuis qu’ils sont revenus de là-bas, ils continuent de se voir régulièrement. André loue la superbe technique de gravure de Louis-Joseph et promet d’emmener Simone à sa prochaine exposition pour qu’elle admire d’elle-même ses œuvres.

De retour à Paris, André emmène effectivement Simone au vernissage d’une exposition de la Jeune Gravure Contemporaine à laquelle sont exposées des gravures de Louis-Joseph, mais quand ils arrivent, celui-ci est déjà parti. Quelques semaines plus tard, il y a un nouveau vernissage à la Galerie Simonson, et cette fois André réussit à présenter Simone à Louis-Joseph. Mais celui-ci, plutôt que de parler art avec Simone, passe la soirée à lui parler cuisine et à disserter sur la meilleure façon d’accommoder la salade aux œufs durs !

Les vacances suivantes, Simone est de nouveau à Coutainville. André et Louis-Joseph débarquent quelques jours dans la petite station balnéaire. Ils sont déguisés en femmes et les deux compères mettent la pagaille sur la plage ! En soirée, lorsque la nuit commence à tomber, les habitants de Coutainville ont l'habitude de se promener en famille sur la digue longeant la plage. Mais un soir, les braves bourgeois de Coutainville aperçoivent avec frayeur deux squelettes qui s’agitent le long du rivage où déferlent les vagues ! Ce sont en fait Soulas et Jacquemin qui se sont habillés en noir et ont collé sur leurs vêtements des os en carton blanc !

Après ces quelques jours de farces, dont une corrida sur la plage dans laquelle Soulas et Jacquemin se sont également déguisés en taureau, il est temps de rentrer à Paris. Le matin de son départ, Louis-Joseph vient sous les fenêtres de Marguerite pour lui demander avec beaucoup de sérieux s’ils peuvent se revoir quand elle reviendra à Paris, et il lui donne rendez-vous sur le parvis de Notre Dame… La suite nous ramène en ce 2 mai 1933 au mariage de mes grands-parents !

Et quelques mois plus tard, André Jacquemin épousera Andrée Poncelet la meilleure amie de Marguerite !

Et vous ? Comment vos grands-parents se sont-ils rencontrés ?


Sources :
- Merci Papa !
- Détails racontés par ma grand-mère à Jack CHARGELEGUE, pour ses « Notes pour une biographie »  parues dans « Hommage à L.-J. SOULAS » édité par « Les Amis de SOULAS », Paris 1959

dimanche 3 août 2014

Le dimanche 3 août 2014 par Marine S dans , ,    1 commentaire

C'est toujours un plaisir de redonner un visage à l'un de ses ancêtres ! Grâce à la photo de famille que je vous présente aujourd'hui, nous avons pu donner un visage à Eugénie BADUEL, la mère de Sylvain DOMERGUES et l'épouse de Pierre DOMERGUE

Marie Adèle Eugénie BADUEL est née le 20 mai 1852 à Paris 6ème du mariage de Pierre BADUEL et Marie Elisabeth LEROY. Le 5 mai 1874 elle épouse Pierre DOMERGUE à Paris 5ème. Ils auront cinq enfants : Marc (1875-1889), Marie (1876-1950), Sylvain bien sûr (1878-1972), Jeanne (1881-1972), et Germaine (1889-1972). En vous écrivant cela, je note que Sylvain, Jeanne et Germaine sont tous les trois décédés en 1972 à plus de 80 ans. En regardant de plus près les dates, Germaine est décédée le 20 octobre à Paris 14ème, Sylvain le 4 novembre à Paris 12ème, et Jeanne le 5 novembre à Viry-Chatillon... Triste coïncidence...

Pour en revenir à la photographie, elle présente Eugénie BADUEL, son mari et ses enfants, ainsi que certains de ses petits-enfants, et d'autres personnes, les LUREAU que je n'ai pas encore pu rattacher à la famille. 

La Famille DOMERGUE(S)
Archives familiales

Je sais que la soeur d'Eugénie, Mathilde, s'est mariée avec un Silvain LURAUD, qui pourrait donc être l'homme en haut à droite. Et son fils Léon serait donc le cousin de Jeanne, Marie et Germaine.

Sylvain DOMERGUES, le fils d'Eugénie et mon arrière-grand-père, ne figure malheureusement pas sur la photo. Peut-être est-il derrière l'objectif ?!